Questions du mois

Afin de ne pas allonger indéfiniment le long défilement des onglets déjà existants, sur celui-ci seront déposées les réponses reçues en suivi à la question du mois de la lettre mensuelle.

Question du mois (septembre 2022) proposée par Monique Brouillard

Quel est le sujet de l'actualité qui vous interpelle le plus? Et pourquoi?

Consignes:

1) N'oubliez pas de donner un titre inspirant à votre texte

2) 250 mots maximum écrits avec sincérité

Le cinéma

Nous devons le cinéma aux frères Lumière1. La première représentation publique payante a été donnée à Paris en 1895. Le 7e art venait de naître. J’imagine l’étonnement des gens de cette époque; voir des personnages bougés sur un écran a dû leur paraître incongru, magique et un peu sorcier. Il me semble que le cinéma qui allie caméra et projecteur devait être la suite logique à la caméra qui venait d’être inventée par Thomas Edison2. Depuis son invention, le cinéma est devenu un art populaire et un divertissement pour tous, jeunes et moins jeunes. Il n’a pas cessé d’évoluer.

Quelle que soit la langue, le cinéma muet était compris de tous les humains de la terre, les mimiques des personnages rendaient bien sûr compréhensibles les histoires.

Puis arrive le cinéma parlant vers 1930 qui complique un peu la donne; la voix des comédiens, les sons ambiants intérieurs ou extérieurs, la langue utilisée et les problèmes liés à la traduction.

Quand nous arrive la télévision dans les années 50, le cinéma perd alors un peu de son lustre mais s’est vite rattrapé par la suite. Question d’innover, le cinéma développe «le grand écran», la «polyvision», film projeté sur trois écrans géants comme on en a vu à l’Expo 67, «les films en trois dimensions» et «l’IMAX».

Voilà que nous arrive la couleur. Tout comme pour les films parlants, la couleur n’a pas été bien acceptée au début. On décide alors que les films sérieux, les thrillers intenses et les policiers seraient tournés en noir et blanc. On prétendait alors que ces sujets ne toléraient pas la distraction projetée par la couleur.

À part la lecture et l’écriture, le cinéma est une autre de mes passions. Il a pris une place importante dans ma vie, d’abord parce qu’il me fait vivre une gamme étendue d’émotions, qu’il est agréable, à ma portée et un loisir à peu de frais.

Parmi la quantité de films qui existent, je peux choisir celui qui me rejoint le plus : les films historiques, les comédies, les films d’action, les drames. Certains exacerbent ma sensibilité, il m’arrive d’avoir la larme à l’œil surtout quand il est question d’enfants. À la projection d’un film, mes sens s’émeuvent et tout se colore et s’anime.

Tout comme dans les livres, et peut-être même un peu plus parce qu’il est visuel, le cinéma fait voyager notre imaginaire, il peut nous transporter instantanément d’un pays à un autre, dans une autre époque ou dans une autre dimension, nous faire sauter en parachute ou nous placer au bord d’un précipice. Tous les moyens de transport sont possibles au cinéma, à dos d’éléphant, en montgolfière, en motoneige ou en sous-marin.

Le cinéma nous apporte joie, tranquillité, réconfort et bonheur. Merci aux frères Lumière pour le plaisir et le bien-être qu’ils ont apportés dans le monde des loisirs à toute l’humanité.

1. Auguste Lumière (1862-1954), Louis Lumière (1964-1948)

2.Thomas Edison (1847-1931)

Lorraine Charbonneau – Ex-fonctionnaire de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval – envoyé le 15 septembre 2022

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Culture, voyage ou santé ?

Sont nombreux les sujets de l’actualité : économie, politique, sports, culture, nouvelles en général, élections, olympiques, sports, santé, cuisine, automobiles, voyages, etc. Difficile de n'en choisir qu'un seul, mais en vérité, j'ai un fort penchant sur les voyages.

Pourquoi ? parce que j'aurais aimé mettre le pied sur tous les contintents de la terre, cinquième planète plus grande du système solaire et divisée en six différents continents (dont cinq habités soit l’Afrique, l’Europe, l’Asie, l’Amérique, l’Océanie), le sixième étant l’Antarctique. Présentement, on parle même d'un septième continent. Toutefois, tous ne se sont pas encore mis d'accord sur cette vérité. Histoire à suivre.

Découvrir davantage sur les pays au travers les voyages, ou les écrits, ou les articles, ou les documentaires est ma manière de m'alimenter. Que ce soit en formules conventionnels, ou AIRBNB, ou Échanges de maison, à pied, en avion, train, bateau, pirogue, etc, et dans les contrées les plus éloignées ou non. Apprendre sur leurs us et coutumes, leurs plats, leurs traditions, leurs différences, leurs particularités et leurs histoires est devenue une passion. À cet effet, j'ai eu la chance durant la pandémie de voyager via le site d'un membre de notre cercle d'écriture Normand Verdon https://voyagerenclassesenior.com/contactez-nous

Ce site est fabuleux répondant à toutes mes attentes de par sa qualité et ses précisions. Il est riche de détails historiques souvent peu ou mal connus. Et ses photos nous transportent.

Ces belles escapades virtuelles ont été et sont encore une excellente échappatoire pour oublier un court moment, guerres et virus.

Hélène Turmel - auteure - entrepreneure - Sorel-Tracy - Québec - le 9 septembre 2022

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Question du mois (août 2022) proposée par Hélène Turmel

Pourquoi lire ? Quoi lire ? Quand lire ?

Consignes:

1) N'oubliez pas de donner un titre original à votre texte

2) 250 mots maximum écrits avec HUMOUR

Très peu pour moi

- Très peu pour moi, commissaire, je déteste lire.

Le commissaire Trevargan se fâcha :

- Je ne vous demande pas votre avis Le Creach. Vous y allez fissa. Un point, c’est tout !

L’affaire était simple. Le nouveau manuscrit d’un auteur à succès avait été dérobé, chez lui, la veille, pendant que l’auteur dormait.

Le Creach sonna à la porte de l’écrivain :

- Inspecteur Le Creach, chargé de l’enquête du vol du manuscrit. J’ai quelques questions à vous poser.

- Je vous en prie, entrez, répondit l’auteur.

Un café en main, l’inspecteur se lança :

- Pourquoi voler un manuscrit ? Moi je déteste lire.

Surpris par cette manière d’aborder les choses, l’auteur répondit :

- Pourquoi ? Pour être séduit, découvrir, apprendre, rêver…

- Ah ? répondit l’inspecteur, peu convaincu. Et quoi lire alors ?

- Ce que vous aimez, qui vous fait vibrer, qui vous amuse…

- Et quand alors ?

- Quand vous voulez, chez vous, partout, ailleurs…

L’auteur se leva brusquement. Son chat venait d’entrer dans la pièce, jouant avec une feuille de papier sur laquelle on devinait quelques mots écrits.

- Ce n’est pas toi quand même ! s’exclama l’auteur.

Le chat, la mine contrite, fit mine de s’en aller.

Le Creach se pencha :

- Eh bien, voilà une enquête vite résolue. Je crois qu’on a trouvé le coupable. Au fait, comment s’appelle-t-il ?

- Chapitre, répondit l’auteur. Il adore lire.

- Vous auriez dû l’appeler Chapardeur, gloussa Le Cleach en partant.

Isabelle Giraudot - Enseignement - Plogoff (département du Finistère) - France - le 19 août 2022

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Les mots ravissent mon âme

Pourquoi lire? Je lis d’abord par plaisir, parce que c’est un agréable loisir. Je lis aussi parce que cela répond à un besoin irrésistible. Comme je suis curieuse intellectuellement, j’ai une soif insatiable d’apprendre, de me renseigner, de voir ce qui se passe ailleurs, de me retrouver dans des situations incroyables et même improbables. La lecture fait voyager mon imaginaire. Je lis parce que ça me fait du bien et que c’est un préalable et une complémentarité à l’écriture.


Quoi lire? Je lis sur tout ce qui m’intéresse et Dieu sait l’étendue de mes intérêts. On peut le constater par la diversité de sujets des textes que j’envoie au cercle d’écriture. Je m’intéresse à tout ce qui se passe dans le monde. J’aime lire des biographies, des histoires vécues, des romans des grands écrivains de chez nous et d’ailleurs, cependant j’ai un petit penchant pour la philosophie, la psychologie et la spiritualité. Je lis quelquefois de la poésie mais rarement des fables ou des romans de la science-fiction.

Quand lire? Je lis tout ce qui me passe par la main et à n’importe quel moment de la journée. J’ai une émission à regarder à la télévision ou un rendez-vous à telle heure et que je suis prête à l’avance, je lis. Mais mes heures de lecture préférées sont sans contredit entre vingt-deux heures et minuit. C’est une très bonne habitude ancrée dans ma routine de vie.


«La lecture, une porte ouverte sur le monde enchanté». François Mauriac https://citation-celebre.leparisien.fr › citations › 54830


Lorraine Charbonneau – Ex-fonctionnaire de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval – envoyé le 18 août 2022

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Question du mois (juillet 2022) proposée par Monique Brouillard

À l'ère informatique ou électronique, prenons nous le temps de nous investir dans l'écriture que cela soit en prose ou en poésie ? Ou faisons nous une écriture rapide et jetable?

En effet, nous écrivons beaucoup plus et plus rapidement, mais quelle attention on y met, quelle importance y accordons-nous. Vite écrit et vite jeté...Alors, a-t-on le temps pour la prose ou la poésie ?

Consignes:

1) N'oubliez pas de donner un titre à votre texte

2) 500 mots maximum

Pas le temps !

- PLT ! répond Joëlle à son amoureux virtuel sur un réseau de rencontres internet.

- Pardon ?

- Pas le temps ! Pas le temps ! de t’écrire, de rêver en silence, de penser que tu es peut-être mon âme sœur, de te rencontrer pour te découvrir, de parler avec toi, de te connaitre mieux. Juste le temps de me perdre : présence factice, apparence fictive, amis Facebook et tous ceux qui me suivent sans jamais me connaitre, sur Instagram ou ailleurs.

- Pas vrai, répond-il.

- Si.

- Non.

- Pas le temps ! répète Joëlle pour être certaine qu’il a bien compris.

- Demain

- Comment ça demain ?

Pas de réponse.

Qu’est-ce que ça veut dire ? s’étonne Joëlle. Demain, c’est à peine un mot, un avenir lointain ou la répétition des choses. Demain, ce sont des soirées solitaires qui se ressemblent toutes, une seule assiette posée sur la table, un oreiller unique qui s’ennuie sur mon lit. Demain ressemble à aujourd’hui, rempli de messages qui passent aussi vite que le vent. Demain est comme hier, fait d’une photo de moi, pour montrer que j’existe. Je me demande si finalement je ne m’impose pas ce mode de vie sans trop y croire moi-même et me rassure en me disant que tout le monde fait la même chose.

Demain ?

Joëlle réfléchit.

Peut-être que beaucoup font semblant, par peur d’assumer ce qu’ils sont, pour ne pas se distinguer des autres. Possible. Minuit ! Il est temps d’aller dormir. Vers deux heures du matin, elle n’a toujours pas fermé l’œil, malgré l’oreiller à mémoire de forme, le masque sur les yeux imprégné d’huile de lavande et le CD de relaxation qui constituent son rituel d’endormissement.

Demain ?

Elle a hâte d’y être et que tout soit possible. Promesse ? Déception ? Envie ? Habitude ? Désir ? Joëlle commence à ressentir le plaisir de l’attente. Elle sourit puis s’endort. Bip ! Neuf heures du matin. Joëlle saute sur son téléphone, Fabien vient de répondre

Demain…


Demain je te rencontre et découvre pourquoi

Une femme inconnue vaut bien mieux qu’une image,

Que quelques mots écrits comme un bref griffonnage

Qui disent « pas le temps ! ». Mais il ne tient qu’à toi

Que demain soit pluriel et que demain soit nous

Qu’il sache prendre le temps, face à face, côte à côte

Et que tout doucement, mot après mot, on ôte

Ces habits de façade comme si tout à coup

Demain voulait nous voir unis et amoureux

Devenant un toujours et non un entre-deux.

C’est mignon, pense Joëlle. C’est bête, dirait sa collègue Nicole. Fonce ! lui dit son cœur. Joëlle répond :

- D’accord. Demain ?

- Non. Aujourd’hui, nous sommes déjà demain. Dans une heure, au petit bois de saint Amour.

Joëlle se dirige vers la salle de bain. Quelle robe va-t-elle mettre ? La rose élégante ? La bleue qui lui va si bien ? Ou peut-être celle à fleurs…

Isabelle Giraudot - retraitée de l’enseignement - Plogoff (département du Finistère) - France - le 24 juillet 2022

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Question du mois (juin 2022) proposée par Monique Brouillard

Arrivera-t-il un jour où les guerres ne feront plus partie de notre vie?

Consignes:

1) N'oubliez pas de donner un titre à votre texte

2) 400 mots maximum

Agence de publicité

Sur le tableau, le directeur de l’agence de publicité écrivit : « Supprimer les guerres ? ».

Les employés se regardèrent. Depuis le conflit qui ravageait l’Ukraine, le rêve de paix s’éloignait, mais les concernait peu. Alors pourquoi cette question ?

Nous avons une commande « philosophique » d’un grand groupe industriel en forme de question, expliqua le directeur. J’en suis aussi surpris que vous, mais c’est l’un de nos clients habituels et le budget proposé est conséquent. Par conséquent, sans vouloir faire de vilains jeux de mots, Brainstorming pour tout le monde !

Marcel alla chercher son trésor de guerre, ses souvenirs des cours de littérature au lycée, et proposa « Guerre et Paix » de Tolstoï. Devant le peu d’enthousiasme de ses collègues, il effectua une retraite prudente du terrain de guerre.

Didier, le directeur d’agence nota, sans grande conviction, la proposition.

Sophie choisit, de bonne guerre, d’élargir le sujet et se lança sur la piste des guerres civiles, saintes, de religion, de clans, de chefs, des sexes et de tout ce qui dressait une partie de l’humanité contre l’autre. Partie sur le sentier de la guerre, elle examina l’espace et le temps : guerre de clochers, de tranchées, de positions, guerres puniques, médiques, de sécession, napoléoniennes, d’indépendance, de succession d’Autriche…

Didier suça son stylo puis écrivit les propositions à la suite.

Luc, seigneur de guerre et passionné de mathématiques chercha à résoudre le problème en posant en équation : guerre totale ou partielle, ouverte ou fermée, ce qui ne fit qu’embrouiller davantage les choses. Il s’amusa à calculer la durée prévisible de la prochaine en se basant sur celles de trois, sept, trente ou cent ans; ce qui ne donna aucun résultat tangible à part une guerre d’usure.

Didier, de guerre lasse, fit un petit dessin sur le tableau en attendant mieux.

Brian, foudre de guerre et pressé de retrouver ses potes au bistrot du coin parla de guerre éclair.

Didier n’eut pas le temps d’écrire.

Jules, sur le pied de guerre, dernier arrivé dans l’agence, regardait la pendule, rêvant à une guerre froide, bien froide, tant la température était subitement montée.

- Supprimer l’argent, proposa-t-il. Plus d’argent, plus de guerre. C’est aussi simple que cela.

- Pas bête ! affirma Didier. Après tout l’argent n’est-il pas le nerf de la guerre ?


Isabelle Giraudot - retraitée de l’enseignement - Plogoff (département du Finistère) - France - le 28 juin 2022

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La guerre, une maladie incurable

Depuis le début de l’humanité, dans toutes les sociétés humaines, à toutes les époques, les hommes se sont fait la guerre. Les périodes de guerre et de paix se sont succédé jusqu’à nos jours et continueront inlassablement jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’humains sur la terre. Pour ne parler que du XXe siècle, à part les deux grandes guerres mondiales, il y a eu plusieurs conflits armés régionaux, entre autres en Indochine, en Corée, en Algérie et au Vietnam. Et que dire de la guerre froide qui a duré de la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à la chute du mur de Berlin.

Je crois que la guerre est un phénomène ancré dans la nature humaine. Les hommes aiment la guerre comme les chimpanzés qui combattent en groupe. Mais, l’homme est le seul primate capable d’exterminer ses semblables. Pensons aux milliers d’hommes sur la terre qui en font leur métier en devenant des soldats. On y trouve aussi dans cette catégorie des femmes, mais en nombre plus restreint. Les femmes donnent la vie, elles sont donc moins porter à la ravir à autrui.

Pourquoi fait-on la guerre? On fait la guerre pour affirmer le pouvoir de l’État, pour acquérir des richesses, pour imposer sa façon de penser, de faire les choses ou sa religion. On fait la guerre pour conquérir des territoires comme le fait actuellement la Russie face à l’Ukraine. Certains, par exemple les dictateurs, font la guerre par amour de la destruction et de la haine. On peut faire la guerre pour mille et une raisons mais pratiquement aucune n’est valable à mes yeux.

Heureusement, il y a des humains qui n’aiment pas la guerre. Je dirais même que la majorité préfère vivre en paix. L’un des principaux buts des Nations unies (ONU) fondées en 1945 était et est toujours de « Préserver les générations futures du fléau de la guerre ». Si les humains n’étaient pas si belliqueux, une telle organisation n’aurait pas sa raison d’être.

Et pour répondre à la question du mois de juin : « Arrivera-t-il un jour où les guerres ne feront plus partie de notre vie? » J’aimerais bien répondre dans l’affirmative mais je suis forcée de répondre que je n’y crois pas.

Lorraine Charbonneau – Ex-fonctionnaire de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval – envoyé le 15 juin 2022

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Question du mois (mai 2022) proposée par Hélène Turmel

Nous faudra-t-il plus de temps en vieillissant pour comprendre les jeunes ou si au contraire, saurons-nous mieux les deviner et les saisir ?

Consignes:

1) N'oubliez pas de donner un titre à votre texte

2) 375 mots maximum

En alerte ? Non !

Ouf j'ai eu bien peur qu'en vieillissant, je m'éloigne des jeunes, de leurs exigences, de leurs différences. Déjà un peu plus jeune, il m'est arrivé à quelques reprises de les trouver arrogants, et surtout exigeants. Voilà que plus je vieillis, plus je les aime. Je ne suis plus en alerte devant eux. Ils me fascinent plutôt qu'ils me font peur. Non pas parce qu'ils reflètent la jeunesse tandis que je vieillis. Ni non plus parce que je les envie. Non ! tout simplement parce que je les admire. Ils m'apparaissent se questionner, se positionner. Ils ne sont pas ennuyeux. Ils ont des ressentis à eux, des idées qui leurs sont propres. Avant j'étais en alerte devant ce nouveau monde qui me poussait dans le dos. Plus maintenant.

Bien sûr, je suis un peu perdue devant toutes les technologies qu'ils utilisent et même qu'ils recherchent tel que de robotiser leur frigo, leur chauffage, leurs portes, tout en demandant à madame Alexa (assistant vocal personnel, électronique et intelligent) des solutions à leurs problèmes, laquelle bien gentiment leur sert de guide, tout en leur facilitant la vie.

Il est vrai toutefois que je ne comprends pas toujours leurs expressions, leurs réactions ou même leurs raccourcis. Mais je les devine très gentils et non condescendants avec les personnes des autres générations. Leur respect me fascine.

Me retrouvant souvent avec des jeunes de 30 à 40 ans, (ce qui n'est pas si jeune à bien y penser), je suis toujours surprise de nos échanges. Leur écoute est excellente et attentive.

Toutefois, qu'en serait-il avec des jeunes entre 20 et 30 ans ? Peut-être aurai-je plus de difficulté à les deviner ou à saisir leur personnalité, étant moi-même à plusieurs décennies d'eux. Ou peut-être parce qu'entre 20 ans et 30 ans, ces jeunes sont encore à la recherche de leur identité ou simplement à la recherche de l'impossible.

Bref, j'aime les jeunes et les moins jeunes. Ils m'apportent beaucoup mais surtout il m'apprennent, sans peut-être s'en rendre compte, que la vie passe bien vite; en effet, il n'y a pas si longtemps moi aussi j'avais entre 30 et 40 ans.

Hélène Turmel - auteure - entrepreneure - Sorel-Tracy - Québec - le 15 mai 2022

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Question du mois de mars 2022 proposée par Hélène Turmel

Pour le plaisir de rêver un peu et de sortir du contexte horrible de la guerre en toile de fond, quel serait votre monde idéal ? Laissez-nous rêver au travers votre vision.

Consignes: 1) N'oubliez pas de donner un titre à votre texte

2) 500 mots maximum

Ah! Que j'aimerais

J’AIMERAIS…dans un monde idéal

que dans ma famille il y ait beaucoup de complicité

que les nombreux enfants soient admiratifs les uns des autres

que l’on partage des levers et couchers de soleil ensemble sur la plage

que dans ma ville les rues soient toujours tranquilles

que les maisons soient accueillantes, portes et fenêtres ouvertes

que dans les parcs il y ait beaucoup de musique et de fleurs

que dans mon pays chacun soit l’ami de son voisin

que tous aiment partager leur bonheur

que tous les langages soient ceux du coeur

que sur la terre il n’y ait plus de misère, ni de colère

que nos amitiés nous rassemblent aux frontières

que cet espace soit notre chaleureux repère

que dans l’immensité de l’univers nous soyons fiers

que les galaxies soient nos nouveaux repères

que les étoiles nous guident vers la lumière

J’AIMERAIS …que mon rêve se réalise

que ce projet, ensemble on le mène

que l’on récolte ce que l’on sème

que l’on s’aime

Claude Pelletier - Fadoq - Mtl - Club 50ans Robillard - Alliance Culturelle (Ahuntsic) - Québec - le 15 mai 2022

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Ma propre oasis!

La question du mois de mars m’a interpellée : «Quel serait votre monde idéal?» La première pensée qui m’est venue en tête, c’est l’exhortation faite par Jésus il y a deux mille ans qui est toujours pertinente «Aimez-vous les uns les autres». J’imagine que si les humains avaient été assez intelligents pour suivre ce judicieux conseil, nous vivrions dans un monde merveilleux rempli de bienveillance, de sollicitude et d’entraide.

Je pense aussi à la chanson de Raymond Lévesque (1956) qui dit que quand les hommes vivront d’amour, il n’y aura plus de misère et que commenceront les beaux jours. Elle dit que ce sera la paix sur la terre. C’est un hymne à l’amour magnifique mais utopique qui ne rend pas compte à la réalité.

Il me vient à l’idée aussi la très belle chanson de John Lennon (1971), Imagine. Il aspirait à une fraternité humaine n’ayant aucun besoin d’avidité et de faim et qui partagerait le monde entier. Aussi bien dans la chanson de Lévesque que celle le Lennon, j’y sens de la nostalgie parce que, les hommes étant ce qu’ils sont, on n’y arrivera jamais.

Il y a bien longtemps, Louis Armstrong (1967) faisait l’éloge de la beauté de la nature dans la chanson What a Wonderfull Word. J’aperçois, disait-il, les merveilles autour de moi et je me dis Quel monde merveilleux. Soyons réalistes, demandons-nous ce que les hommes font de ce merveilleux environnement.

Oui bien sûr j’aimerais vivre dans un paradis terrestre où tous s’aimeraient, s’entraideraient mais je suis trop réaliste pour me faire de telles illusions. Je préfère accepter le monde tel qu’il est, m’en accommoder et créer ma propre oasis d’amour et de paix autour de moi. Un petit cocon bien au chaud.

Lorraine Charbonneau – Ex-fonctionnaire de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval, Québec - le 10 avril 2022

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Proposition inattendue

Le président de l’assemblée générale de l’ONU venait de prendre tout le monde de court. Dans la salle, les émissaires des pays concernés se regardaient. Les uns souriaient, heureux de la proposition qui venait d’être faite. D’autres s’interrogeaient, se demandant quel crédit il convenait d’apporter à la déclaration. Les derniers, hostiles, téléphonaient déjà à leur ambassade pour exiger un démenti catégorique.


La proposition était surprenante. Le président venait d’annoncer que le N de l’ONU allait disparaitre. « Plus de N, plus de nations, plus de conflits », avait-il déclaré avec enthousiasme, expliquant que les frontières étaient des lignes de fracture qui séparaient des peuples qui ne demandaient qu’à vivre ensemble. Parfois, elles en rassemblaient d’autres qui passaient leur temps à tenter de se séparer. Un trait sur une carte, autoritaire, engendrait des déplacements de population qui brisaient les familles et préparaient en silence des désirs de revanche. Elles étaient mouvantes, pour la plupart issues de guerres ou d’annexions, de décisions politiques et d’imposition aux personnes d’une nationalité dont elles ne voulaient pas.


Les arguments philosophiques et historiques ne manquaient pas non plus. Séparer les êtres humains en fonction des ethnies, des religions, des langues, d’une histoire commune ou de cultures avait-il encore du sens ? Sans doute que non puisque certains avaient fondé la SDN, (Société des nations, fondée en 1919), l’ONU et tout un tas d’autres « machins », qui tentaient de fédérer les peuples pour éviter qu’ils ne se combattent. Grâce à eux, la suppression des frontières était devenue une réalité presque tangible en Europe. Les cursus Erasmus, (programme d'échanges entre Universités), l’espace Schengen, une monnaie unique et des organisations transfrontalières comme Europol favorisaient les rapprochements.


Vouloir une seule terre et bientôt un seul peuple était un objectif ambitieux et raisonnable. L’entraide allait devenir une habitude et le maître mot de la nouvelle organisation de la Planète. Il fallait désormais penser en matière d’organisation collective, de solutions uniques et semblables pour tous, faire fi des intérêts particuliers et œuvrer pour le bien public.


Parmi les jeunes représentants qui se considéraient plus volontiers comme citoyens du monde, c’était l’euphorie. Le combat pour la préservation des ressources qu’avait initié la jeune Greta Thunberg constituait le départ d’une vision d’un monde pluriel, ouvert et tolérant.


La libre circulation des hommes et des femmes sur la planète deviendrait un droit inviolable. Plus de réfugiés ni de migrants. Chacun pourrait s’installer là où il le désirait. Bientôt, on ne verrait plus sur les chaines de télévision des pays favorisés, des images honteuses de centres de rétention, privant de droits humains des migrants qui ne cherchaient ailleurs qu’une vie meilleure ou digne et la possibilité de recommencer leur vie à l’abri des guerres ou de l’arbitraire.


En attendant que la proposition soit débattue, mise au vote, amendée, votée, acceptée, promulguée et mise en œuvre, les représentants du Bhoutan, le pays du bonheur songeaient qu’eux connaissaient déjà la recette d’un monde idéal. Elle était simple. Il suffisait d’accepter l’autre tel qu’il est et de construire avec lui un dialogue respectueux et honnête.


Isabelle Giraudot - retraitée de l’enseignement - Plogoff (département du Finistère) - France - le 23 mars 2022

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À venir… … avenir

À mon idée, malgré l’allègement graduel des interdictions et des obligations recommandées par le Ministère de la santé et celles du gouvernement durant la présente pandémie de la Covid-19, le temps n’est pas venu de libéraliser les restrictions.

Nous devons être patients si nous ne voulons pas être un nouveau patient hospitalisé.

Il y a deux ans que nous sommes obligés de respecter ces situations, encore quelques mois, et ce sera chose du passé.

L’avenir

Pour l’avenir, nous aurons l’expérience d’une pandémie qui nous aura appris le sérieux d'une telle situation.

Il suffit d’être un citoyen responsable, consciencieux, en respectant et en se conformant aux directives des responsables qui eux sont qualifiés.


Gilles Capistran - autodidacte - retraité - Longueuil - Québec - 11 mars 2022

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Question du mois (décembre 2021) proposée par Hélène Turmel

Comment aimeriez-vous vivre l'année 2022 ?

Consignes:

1) N'oubliez pas de donner un titre à votre texte autre que Année 2022

2) 500 mots maximum

L’année qui se présente

Elle arrive précédée des trompettes des interdictions. Elle souffre de cette réception glacée. Pourtant elle n’est coupable de rien. Elle rêvait d’apporter la joie des rencontres familiales et amicales. Elle espérait la mort de la COVID, fin décembre 2021. Elle aurait mérité une entrée triomphale, un accueil chaleureux. Elle aurait offert à tous une vie nouvelle, une vie idéale puisque la pandémie aurait changé le cœur de l’homme.

Que nous réserve-t-elle? Je l’ai accueillie sans me poser de questions car trop souvent nous n’avons pas les réponses exactes alors, pourquoi se tracasser? Finalement, elle sera ce que nous en ferons !

Avant nous le monde a connu les guerres, les pandémies de peste, les épidémies de fièvre Ébola, la famine et quoi encore?…Tout finit par se régler.

La science n’a certainement pas dit son dernier mot, des chercheurs trouveront ! ESPOIR!

Nos dirigeants continueront de mettre tout en œuvre pour nous offrir les meilleurs moyens possibles pour nous libérer de ce fléau. ESPOIR!

À nous maintenant!

Confiance dans les trouvailles des scientifiques, des chercheurs. Confiance dans les gouvernements que nous avons élus. Accepter les recommandations, les faire nôtres. Recevoir les fameux vaccins qui diminueront le risque d’être malade ou adouciront les effets secondaires. Je suis utopiste, je le sais, mais je désire mettre à la mode ces qualités : Universalité, Solidarité, Empathie, Compréhension, Bienveillance, Pardon. Il est permis de rêver.

Dom (1) Helder Camara (2) me rejoint : « Il ne faut jamais avoir peur de l’utopie. Quand on rêve seul, ce n’est encore qu’un rêve, quand on rêve à plusieurs, c’est déjà la réalité. »

Je fais mienne la devise des mousquetaires : « Un pour tous, tous pour Un. »

1) Forme abrégée du latin Dominus (« maître »), est un titre suivi d'un nom propre ou de l'intitulé d'une fonction : donné à certains religieux,

2) Hélder Pessoa Câmara, (909 à Fortaleza - 1999 ) - évêque catholique brésilien connu pour sa lutte contre la pauvreté dans son diocèse et dans le monde.


Lisette Turmel - maman - grand-maman - retraitée de l’enseignement à la Commission scolaire de la Manicouagan - Victoriaville - Québec - le 13 janvier 2022 *******


Résolution (presque) définitive

- Comment envisages-tu 2022 ? demanda Sophie à sa meilleure amie.

- En pire. Ou en mieux.

- C’est-à-dire que l’année 2022 ne me verra prendre aucune bonne résolution.

- Dommage !

- Ou pas…Fin de la culpabilisation des trois kilos de trop sur les hanches. Arrêt total de l’incitation à une pratique sportive régulière.

Interdiction absolue de fixation d’objectifs impossibles à atteindre.

- Donc cette année, paresse assurée !

- Exactement. Je suis d’un naturel nonchalant. J’aime regarder les gens qui passent, les fleurs des champs, les vagues sur les rochers

ou les mouettes qui s’amusent. Et je l’assume !

- Pas de bonnes résolutions alors ? Définitivement ?

- Juré. D’abord : CA NE SERT A RIEN ! Ensuite : ON NE LES TIENT JAMAIS !

- Parfois, si !

- Pas du tout. Pendant les confinements successifs, je n’ai toujours pas réussi à terminer le cycle des vingt romans « Les Rougon-Macquart »

d’Emile Zola. Pourtant, je désirais sincèrement me cultiver par la lecture de ce monument de la littérature française.

- Question de temps !

- Pas du tout ! Pendant cette période, j’ai avalé avec bonheur trente polars, dix bandes dessinées, apprécié quelques recueils de poésie

et beaucoup lu de textes sur un site internet : « C’est à ton tour d’écrire ».

- Donc en 2022…

- Je ne prévois rien. À part peut-être apprendre le russe, faire un voyage en Italie, me mettre au piano, à la guitare…..


Isabelle Giraudot - retraitée de l’enseignement - Plogoff (département du Finistère) - France - le 27 décembre 2021

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Comment j’aimerais vivre l’année 2022

Avant de m’engager dans un leurre en croyant que l’année 2022 sera plus parfaite que les précédentes, je me dois de vivre dans la réalité.

L’année qui se présente à notre porte apportera son lot de petites joies assurément et de son imparfait puisqu’elle est dans le futur.

J’en prendrai le meilleur de ce qui se présentera à chaque instant de chacune des journées.

Je vais éviter de vivre en espérant ou en ayant peur. On voit souvent l’espoir comme positif et la peur négative, mais l’espoir n’est en fait que la peur déguisée.

Espérer que quelque chose se produise c’est plutôt avoir peur que la négative de ce quelque chose ne se produise pas.

Suis-je capable, en 2022, de vivre sans espoir ni peur? Espérer est la meilleure façon d’être déçue. Il vaut mieux vivre sans attente.

J’ai la chance d’avoir une belle qualité de vie dans la vieillesse amorcée depuis quelques années. J’en suis fière et je ferai en sorte que ça se passe ainsi tout au long de l’année.

La sérénité sera mon souhait, afin que chaque instant du ici, maintenant, soit le présent de l’année 2022.

Angéline Viens – retraitée de l’enseignement – Manoir Bossard – Brossard – Québec – Canada – 24 décembre 2021

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Question du mois (novembre 2021) proposée par Monique Brouillard.

D'où vient l'inspiration, comment la nourrir. Quelle en est l'essence ?

Consignes:

1) N'oubliez pas de donner un titre à votre texte autre que Inspiration

2) 500 mots maximum

Le paradoxe de l’inspiration

L’inspiration est le phénomène le plus fascinant que je n’ai jamais expérimenté. Donc, je ne peux pas en parler de façon rationnelle. Tout ce que je peux faire, c’est de vous décrire comment moi, cette personne qui n’a aucune formation littéraire, qui n’est motivée que par son amour des mots, de la langue française et de son désir de partager ses émotions, procède dans l’écriture d’un texte.

Je n’ai aucune crainte du syndrome de la page blanche. Je prends donc un crayon à la mine et j’écris tout ce qui apparaît autour du thème choisi. Je ne prête aucune attention à l’orthographe et à la syntaxe. Je ne censure rien de ce qui se présente. Dans ces moments, c’est comme si Angéline disparaissait, cette Angéline qui était l’obstacle à l’inspiration. Il s’en suit un flot de mots continu où il n’y a plus de jugement entre ce qui est bon ou moins bon. C’est même un moment où la dualité sujet-objet s’éclipse. Il n’y a plus que l’écriture et aucun écrivain. Ce serait donc dire que dans l’expression " j’écris " le " je " est superflu.

Être inspirée, c’est ne plus exister, c’est arriver à laisser l’émotion pousser le crayon.

Angéline Viens – enseignante à la retraite - résidente Manoir Brossard – Brossard – Québec – Canada - 20 décembre 2021

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D’où vient mon inspiration ?

C’est une question que je me suis déjà demandé ettrès souvent. Je sais que plusieurs écrivains ont leur propre méthode et leurs petits rituels. Beaucoup sont dans leur petit bureau, sirotant un bon expresso, contemplant la nature enneigée à travers la fenêtre. Ils aiguisent leurs sens, nettoient leur plume parce que plusieurs écrivains écrivent leur texte à la plume. Ils s’enivrent de l’odeur de l’encrier. Ils adorent entendre le glissement de la pointe de leur plume glisser sur la feuille vierge.

D’autres n’ont aucune hésitation à se jeter corps et âme dans la rédaction de leur texte à l’ordinateur. Moi, je ne suis pas aussi disciplinée que ça. Moi, mon inspiration me vient souvent dans les petits bistrots où une musique doucereuse joue en sourdine. Je suis assise là à ma table et je me laisse envahir des bruits environnants. Ainsi je choisis mon stylo bleu à pointe fine, je sors mon calepin. Et je commence par un exercice de réchauffement qui est en général mon journal personnel.

Mais ce matin, ce fût très différent. J’étais assise dans mon petit bistrot préféré sirotant mon café, lorsqu’une phrase du célèbre Voltaire m’est venue à l’esprit. Et voici, ce que cela a donné.

Neige

Ah! Comme il a neigé,

Les jardins sont enneigés.

Le froid mordant,

Me rappelle les hivers d’antan.

Ah! Comme il a venté,

Poussière de neige dansant au gré de la fantaisie du vent.

Les capuches de laine perdues sous la pluie drue.

Ah! Comme il a neigé,

Sommets des montagnes ébranlées,

Les arbres tous dénudés,

Morts de froid aux squelettes égarés.

Ah! Comme il a neigé

Les ramures de blés courbés saupoudrées de givre,


Les toitures des chaumières fumantes et dangereuses

Les téméraires aux poils hérissés et aux regards embrumés.

Ah! Comme il a neigé,

Retour des températures imprévisibles,

Fêtes de fin d’année aux sentiers embourbés,

À vos traîneaux, enfants sans soucis aux cris endiablés.

Louise Lépicier - préretraitée - Joliette - Québec - le 1er décembre 2021

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Déclaration

- Et comment l’inspiration vous vient-elle ?

Je fixe la journaliste. Sa question est classique. Je ne dis rien, étonnée qu’on me la pose encore avec autant d’insistance.

Mon dixième roman vient de sortir. Les neufs précédents ont tous eu du succès. Cinq ont été couronnés par des prix littéraires.

Si j’étais aussi vulgaire que Gérard Depardieu, aussi peu respectueuse que Serge Gainsbourg ou à côté de la plaque comme Michel Houellebecq, je répondrais volontiers : Inspiration ? Mes fesses !

Fort heureusement, surtout pour la journaliste, je ne le suis pas. Je ferme les yeux. Inspiration ? Connais pas ! Imagination, transpiration, travail, obstination, passion, création, ça oui, je connais. Mais l’inspiration ! S’il suffisait de s’installer sous un chêne centenaire à attendre qu’une muse passe par là et vous souffle des mots qui vont ravir vos lecteurs, je m’y rendrais bien volontiers. Malheureusement, ce n’est pas si simple.

Concentration et rigueur me sont plus utiles : je me lève à six heures. Après une heure de yoga, je déjeune, puis je m’enferme dans mon bureau de huit heures à midi. L’après-midi, je lis ou j’étudie. Je me documente pour mes romans futurs. Je vais visiter un château, admirer des tableaux dans une exposition, repérer un paysage, discuter avec les gens ou papoter avec les mouettes sur le bord de la plage. Alors, l’inspiration !

J’ouvre les yeux et regarde la journaliste. Elle s’impatiente un peu mais tente de ne pas le montrer. Pourtant certains signes la trahissent : sa lèvre inférieure qui tremble, ses mains qui cherchent leur place sur le bureau, son regard qui hésite entre appui et fuite.

Devant mon manque de réaction, elle me repose la question :

- Oui, et donc, je disais, comment vous vient l’inspiration ?

Cette fois-ci, je lui offre mon plus beau sourire et lui répond joyeusement comme si je venais enfin de comprendre la question ou d’y trouver une réponse :

- C’est le désir qui suscite le plaisir !

- Pardon ?

- Le désir d’écrire, le plaisir d’offrir un texte à ceux qui vous lisent. C’est le plaisir qui transforme la tâche en désir.

- Ah ! dit la journaliste, un tantinet décontenancée.

Elle ajoute rapidement :

- Pouvez-vous détailler un peu pour nos téléspectateurs ?

- Avec plaisir !

« Je ne saurais répondre à votre question

concernant le sujet de mon inspiration.

Sans mentir aux lecteurs et sans compromission.

C’est le travail qui crée toutes mes émotions.

Un stylo à la main, un désir aiguillon

Me pousse à leur offrir toutes mes impressions.

Aimer les autres est beau, partager par passion

Une réponse honnête est ma satisfaction ».

- Waaaaaoooouuuhhh ! s’exclame la journaliste ravie. C’est magnifique. Cette réponse-là, si vous me le permettez, je l’utiliserai.

- Volontiers, à condition de me citer, lui dis-je en souriant

- Promis ! me répond-elle, redevenue très professionnelle, bien qu’un journaliste ne cite pas ses sources, exceptionnellement, je ferai une

exception pour vous.


Isabelle Giraudot - retraitée de l’enseignement - Plogoff (département du Finistère) - France - le 24 novembre 2021

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D’où vient l’inspiration

Selon moi, il est inutile de courir après. Elle est déjà en nous, elle attend. C’est latent. Elle attend l’étincelle qui la ranime. Nos sens en sont la source. L’inspiration se voit, s’entend, se touche, se goûte et se hume. Nous sommes entourés par tout ce qui déclenche cette étincelle. Il suffit d’y prêter attention, d’observer, d’écouter, de sentir, de caresser, de savourer et surtout de capter le ressenti du moment.

C’est unique!

L’inspiration est un sentiment qui provoque le bien-être.

C’est une personne que l’on admire, une image qui nous comble, une odeur qui nous réconforte, une chaleur enveloppante, une musique qui nous émeut, une saveur ineffable.

L’inspiration diffère selon l’intensité de perception de chacun. L’une ne va pas sans l’autre. C’est une sensation qui arrive de l’extérieur et qui s’installe à l’intérieur.

L’essentiel est de l’exprimer peu importe l’art utilisé.

Graver et partager l’inspiration à jamais.


Odette Gilbert - Autodidacte - Artiste - Facebook Gilod - Les Méchins - Québec - le 18 novembre 2020

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Inspiration ou intuition

Venant tout juste de terminer un livre de Guillaume Mousso (1974), écrivain français, la question proposée par Monique, m'interpelle beaucoup car dans son roman "La vie secrète des écrivains", l'auteur essaie d’y répondre : de quoi se nourrit l'inspiration, comment elle peut nous jouer des tours, comment la respecter. Il nous laisse sur notre faim.

Pour ma part, l'inspiration viendrait davantage de l'intuition; et je suggère même qu’elle puisse être une intervention soit de notre cœur, soit de l'extérieur, (genre intervention cosmique), ou soit de vies antérieures, ou etc.

Mais comme je n'ai pas la science infuse ni ne veut essayer de prétendre à quoi que ce soit, je vais vous parler de mon vécu au travers les mots, ou lors d'écrits importants, sérieux, professionnels, familiaux, amicaux, invitations que j’ai pu et j’ai dû écrire tout au long de ma vie.

Il m’est davantage difficile d’écrire à la main, car le mouvement de mes pensées et idées sont d’un rythme définitivement plus rapide que celui de ma main. Pourtant, le processus est malgré tout gagnant.

Méthode : je me mets devant mon clavier, sans penser, ni réfléchir; puis les mots s’écrivent au fur et à mesure. À chaque fois, je reste un peu mal à l’aise devant le résultat ainsi obtenu, même hébétée et surprise, quoique toujours contente. À chaque fois, mes doigts ont trouvé la solution pour passer un message difficile, ou pour une invitation diplomatique, ou pour trouver une solution. etc. Je me trouve chanceuse tout en pensant que plusieurs autres se retrouvant devant leur clavier, ont vécu pareille expérience.

Ni mon expérience, ni mon âge ne m’ont amenée à laisser mes doigts courir sur le clavier sans même y penser. En effet, même plus jeune, en tant que secrétaire, cette stratégie m’était connue et je m’en servais. Il me suffisait de connaître le dossier pour savoir que les bons mots en sortiraient sans penser à l’angle ni aux mots.

Bref, l’inspiration viendrait de notre attitude confiante. Serait-ce un bon truc pour tous ? Oui, sans douter de nous, sans nous poser des questions. Sinon l’inspiration se sent menacée et ne poursuit plus son idée.

Bref, je remercie la vie, pour sa grande aide, et surtout pour tout le temps que j’ai pu épargner ne me retrouvant jamais devant une page blanche.

Voici un exemple : je devais adresser un mot à une amie qui avait jugé ouvertement mon fils de petit prétentieux. Et quelle surprise quand j’ai eu fini d’écrire mon message et que je l’ai lu. J’informais cette amie que j’étais assurée et que j'avais rassuré mon fils que tout indiquait qu’elle n’avait pas pu le juger tel et qu’il y avait certainement erreur, sachant mon amie juste, pleine de discernement, et de bonté. Je terminais mon mot en lui mentionnant que mon fils avait alors décidé d’oublier cet incident sans en faire de cas. Il ne lui en voulait plus.

La fin de cette histoire ? Je n’ai plus jamais eu de nouvelles de cette amie qui avait réellement traité mon fils de petit prétentieux.


Hélène Turmel - entrepreneure - formatrice - Sorel-Tracy - Québec - le 20 octobre 2021

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Question du mois (octobre 2021) proposée en anonymat.

À quoi servent, d'après vous, les ventes de garage ou les vide-greniers (pour les européens) ? Si vous en êtes des adptes, expliquez-en les avantages.

Consignes:

1) N'oubliez pas de donner un titre à votre texte autre que Ventes de garage

2) 500 mots maximum

Succession tardive

Après avoir essuyé ses yeux irrités par la poussière et toussé à en perdre haleine, Laure pu enfin attraper, au milieu d’un tas d’autres, le livre qu’elle avait repéré, dans ce vide-grenier, sur la place du village, qui avait traditionnellement lieu le dernier week-end de septembre.

Elle adorait s’y rendre, fouiller dans des caisses déposées sur le trottoir, dénicher quelque porcelaine, vieilles dentelles, horloge d’autrefois ou livres anciens. Laure aimait les objets du passé et préférait les remettre en état qu’en acheter des neufs. Les prix étaient souvent intéressants et Laure avait souvent fait, à cette occasion, des rencontres étonnantes, discutant avec un amateur d’horlogerie ou un passionné de livres anciens.

Le livre en main, elle observa la tranche. On distinguait quelques initiales, un peu effacées : CATTDE. Intriguée, Laure s’approcha de la lumière du jour et lut : « C’estàtontourd’écrire, écrits de gens ordinaires pendant une période extraordinaire ». Elle commença à feuilleter l’ouvrage, trouva quelques textes intéressants. Le prix de trois euros l’incita à en faire l’acquisition.

Rentrée à la maison, Laure se prépara un thé, s’installa confortablement dans son fauteuil préféré et ouvrit le livre en vérifiant la date d’impression : 2021. C’était pendant la période des confinements successifs qui avaient mis sous cloche une grande partie de l’humanité, bien avant sa naissance. Aujourd’hui, en 2060, plus personne n’y pensait. Laure découvrit que le livre était une traduction papier des textes que de nombreux auteurs avaient envoyés sur un site internet : « C’estatontourdécrire.com ». Le site n’existait certainement plus, mais elle se dit qu’elle irait tout de même vérifier tout à l’heure.

Après avoir lu une cinquantaine de pages, Laure se leva et passa dans son bureau. À sa grande surprise, elle constata que le site « C’estàtontourd’écrire.com » existait toujours. Laure décida d’envoyer un message aux administrateurs du site pour leur indiquer qu’elle avait particulièrement apprécié les textes édités. Elle remerciait également la créatrice du site qui avait permis à tous de découvrir des textes émouvants, attachants, drôles et personnels.

À sa grande surprise, elle reçut une réponse dans les dix minutes. La fondatrice du site, âgée de quatre-vingt-quinze ans, lui indiquait qu’elle répondait toujours avec plaisir aux messages d’amitié bien qu’elle ait cessé de s’occuper de la gestion du site depuis 2022. Elle ajoutait avoir vainement cherché quelqu’un pour la remplacer. Elle expliquait avoir beaucoup donné de temps et d’énergie et s’être interrogée, au bout d’un moment, sur cette aventure collective et personnelle. Elle sentait qu’il était temps de passer le relais. Elle voulait retrouver le plaisir de l’écriture et ne pouvait pas tout faire. Depuis elle avait écrit de nombreux romans, dont certains avaient eu beaucoup de succès. Trois avaient été couronnés par des prix littéraires.

Songeuse, Laure s’attarda derrière son écran d’ordinateur. Dans son époque troublée, elle se demandait comment fédérer les bonnes volontés et être utile aux autres. Elle prépara une réponse afin de se porter volontaire pour la gestion du site et appuya sur la touche « Envoyer - Send ».

Isabelle Giraudot - retraitée de l’enseignement - Plogoff (département du Finistère) - France - le 14 juin 2021

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Foire rurale annuelle

Personnellement, je ne suis pas une adepte de ce genre d’activités qui revient annuellement, à chaque printemps. Et dans certaine région, ça dure tout l’été. Mais comme je suis curieuse de nature, je n’ai pas pu m’empêcher, cette année, d’aller voir de quoi ça a l’air.


De nombreux kiosques jonchent les abords des rues. On y retrouve de tout, des vêtements, des jouets, des outils, des bibelots, de menus électroménagers, des ordinateurs, bref des « serspuàriens » qui encombrent les hauts de garde-robes et les cabanons. Tous ces objets qui ont fait le bonheur de leurs propriétaires, iront désormais faire le bonheur des autres pour très peu. C’est une roue qui tourne. Pour ma part, je me sens un peu mal à l’aise car j’ai l’impression d’entrer dans l’intimité des gens, d’en apprendre un peu plus sur leur consommation, pour finalement en arriver à la conclusion qu’ils ne sont pas différents de moi.


Puis il y a aussi les marchés aux puces extérieurs et intérieurs, ouverts à l’année. Par le passé, j’ai connu une dame, une vrai adepte. Avec sa fille, elles partaient, à chaque fin de semaine, et couraient de régions en régions à l’affût de ces kiosques. Puis elles revenaient, le soir à la maison, la voiture pleine d’objets de toutes sortes.

Et le lundi matin, elle allait faire le tour des comptoirs vestimentaires. Son salon était rempli à pleine capacité. Elle m’offrait comme elle disait si bien « ses fameuses aubaines ». Et je m’empressais de les refuser. Alors elle me communiquait l’adresse exacte de ses kiosques favoris. C’était son passe temps favori.

Moi, ça me laissait complètement indifférente. Je n’y vois qu’un moyen de satisfaire la curiosité des personnes. Rien d’autre.

Vous savez un jour, et je vais conclure là-dessus, il va falloir que nous revoyons notre façon de consommer pour que cela soit plus respectueux et équitable pour l’environnement. Mais vous en conviendrez facilement, que ce n’est que mon opinion.

Louise Lépicier - pré-retraitée - Joliette - Québec - le 13 octobre 2021

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Question du mois ( septembre 2021) proposée par Hélène

Pensez-vous que la beauté est relative ? ou En quoi consiste la beauté ?

Consignes: N'oubliez pas de donner un titre à votre texte autre que la beauté - 500 mots maximum

Beauté et lumière

J'ai beaucoup hésité avant de proposer mon texte au sujet de la question du mois: "Pensez-vous que la beauté est relative? ou En quoi consiste la beauté?"


J'avais toujours en tête une phrase d'un film dont le titre est: Un dimanche à Kigali, réalisé par Robert Favreau, en 2006. Lorsque l'acteur Luc Picard dit: "J'arrive toujours pas à comprendre, tant de beauté. Comment ça fait pour engendrer tant de haine?" Sa partenaire lui répond: "La beauté est dans les yeux de celui qui regarde".


Cette phrase m'est toujours restée en tête. Elle signifie pour moi qu'il n'y a rien de beau, ni de laid. Le regard que je porte sur quelque chose en fait toute la différence. Si je regarde dans la nature un arbre mort, il n'est qu'un arbre mort. Dans le regard de certaines personnes, l'arbre mort sera tantôt insignifiant, inutile, encombrant, mais pour d'autres, magnifique, essentiel et tout à fait à sa place.


De retour du lancement du livre: C'est à ton tour d'écrire, j'ai pris conscience qu'il y avait tout un travail derrière cet événement qui l'a rendu encore plus magnifique à mes yeux. J'ai aussi pris conscience que je trouvais de la beauté autant dans une image, un texte et une chanson, un événement que dans un paysage.


Le regard que nous posons sur l'image, l'application que nous mettons dans l'organisation d'un événement, l'intérêt que nous portons à la lecture ou à l'écriture d'un texte, l'écoute que nous faisons d'une chanson, l'amour que nous avons de la nature apporteront une dimension nouvelle qui fera en sorte que nous y verrons de la beauté ou non. Deux personnes qui écoutent la même chanson; l'une l'adorera et l'autre la détestera. Pourtant c'est la même chanson.


La beauté est dans les yeux de celui qui regarde. Je crois que nous sommes des Êtres de lumière, remplis de beauté. Cela devrait se transmettre dans notre regard, nos actions, nos écrits, notre musique et notre environnement.


Je peux comprendre que nous ayons aussi des zones d'ombre. Cela peut nous assombrir et nuancer notre perception qui est relative. Mais, n'oublions jamais que nous sommes des Êtres de lumière. Transmettons-la. Faisons la jaillir de par tous les pores de notre corps.


Le monde n'en sera que plus beau. Et il y aura encore pour longtemps d'autres lancements de livre comme celui-ci.

Monique Brouillard - retraitée - autodidacte – Saint-Gérard-Majella - Québec - le 26 septembre 2021

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Relative beauté

La beauté est indubitablement un concept relatif. Ce qu’on trouve beau à un certain moment ou dans un contexte ne l’est pas de façon permanente.

Il suffit de regarder d’anciennes photos pour comprendre que les vêtements, les coiffures ou la décoration qu’on qualifiait de beaux nous font rire quelques années plus tard.

À vingt ans, notre regard est fréquemment attiré par la beauté de personnes de notre âge ou un peu plus en avance sur nous. Puis, à 70 ans, la beauté se reconnait ailleurs, souvent chez des personnes un peu plus jeunes que nous ou dans un regard pétillant qui fait oublier les rides.

Dans les arts, on ne compte plus les controverses. Alors que des critiques ou experts trouvent belles certaines œuvres, d’autres aussi experts les rejettent. Combien de peintres impressionnistes sont morts avant de jouir de la reconnaissance des collectionneurs? Alors que leurs toiles s’échangeaient contre un repas, elles se vendent quelques décennies plus tard pour des millions. La tour Eiffel avait choqué et a risqué la démolition. Depuis un bon moment, elle est devenue un des attraits touristiques, créés par l’homme, le plus photographié sur terre.

Ainsi, la beauté ne fait pas consensus et elle change de cible selon l’époque ou le regard.


Ne dit-on pas que l’enfant le plus laid est le plus beau aux yeux de sa mère?

Charlotte Boulanger - retraité - Montréal - Québec - le 21 septembre 2021

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Lumière

J’adore ce mot du dictionnaire! Et la dualité qui l’accompagne…


Si la lumière est dérangeante, nous la soumettons à notre tiédeur, à nos douceurs. La couvrons sous des abat-jours, des chapeaux, des nuages! Si l’on nous en prive, nous nous laissons rattraper par elle, chaud petit animal s’ébrouant sous nos paupières fermées lorsque trop vive.


Pourtant elle nous aime, choyant les plantes soumises à sa langue dorée, coquine, scintillante, enveloppant nos solitudes. Son jeu est continu avec les mouches d’or, dans la poussière du temps qui dort et parfois se drape de nos ennuis.


Lumière des pays d’ailleurs, persistante et dévoreuse, ou bien la nôtre bleue de froid, effrangée sur le fleuve, fabuleusement changeante au printemps, étonnant arc-en-ciel des automnes. Et, surprise, noyant même la brume, au bout de notre chemin…


Rangée de perles ou soleil cru sur le gravier, entrant à l’intérieur de soi comme s’en revêtant, voyageuse qui dans les prunelles remplace les larmes, écharpe consolante réchauffant les noirceurs. Habillant parfois un jardin qui n’en peut plus d’ombre.


Elle, notre amie, la lumière.

Ghislaine Lavoie - réviseure et parfois poète - Québec - Québec - le 15 septembre 2021

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La beauté est près de nous

Nous retrouvons dans le dictionnaire Larousse, les expressions suivantes concernant la beauté. On dit : La beauté d’un paysage; La beauté de Venise; De toute beauté; Un homme d’une grande beauté; Être en beauté; Se faire une beauté ou se refaire une beauté; Soins de beauté; Une beauté ; En beauté; Terminer en beauté.


La beauté est donc le caractère de ce qui est beau conformément à un idéal esthétique. C’est aussi la manière de souligner un homme ou une femme d’une très grande beauté, remarquable. Quand on dit "terminer en beauté", c’est donc dire terminer d’une manière brillante.


Il y a également ce qui est digne de mention, c'est-à-dire la beauté d’un geste désintéressé ou d’un geste d’éclat. En relisant tout cela, je dirais que la beauté est relative. Elle dépend toujours de l’évaluation que l’on en fait par rapport à nous. Ce qui est beau pour moi, ne l’est pas nécessairement pour mon voisin. Chacun a ses propres critères de beauté et c’est tout à fait correct.


Pour moi la beauté, c’est….

· Le sourire d’une personne,

· La couleur des feuilles en automne,

· Le soleil qui brille,

· La tempête de neige et ses charmes,

· Un décor qui attire l’œil,

· Etc...


La beauté se retrouve donc dans toutes les choses de la vie. La beauté, c’est aussi le regard que l’on pose sur notre entourage et sur le monde. Inutile de s’éblouir devant la beauté d’un être humain car tout dépend de nos yeux et de nos goûts.

Je termine donc cet écrit en beauté …

Madeleine Faucher - retraitée de la psychologie - Plessisville - Centre du Québec - le 14 septembre 2021

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La beauté

La beauté est dans l’œil de celui ou celle qui regarde. Mais en tant qu’idéal esthétique, elle est éphémère. Il faut être réaliste, avec le temps tout vient à s’user, faner, vieillir et mourir. C’est dans l’ordre des choses.

La beauté est certainement relative. Elle n’est pas perçue de la même façon pour tous. La beauté fait plaisir, elle satisfait, elle est splendeur, grâce et harmonie.

Quand je trouve que la vie est belle, c’est que la vie m’apporte du bonheur, de la paix, elle me comble.

Quand je dis qu’une personne a une belle âme, je pense à sa bonté et son authenticité.

Quand au réveil, je pense que j’ai fait un beau rêve, c’est qu’il m’a transportée, réjouie, apaisée.

Quand je dis à mes amis que j’ai fait un beau voyage, c’est que le pays que j’ai visité a satisfait mes besoins de curiosité, d’apprendre, de rencontrer d’autres cultures et d’apprécier de nouveaux mets.

Si au restaurant, je considère qu’on m’a servi une belle assiette c’est qu’elle était appétissante, que la disposition des mets et les couleurs m’étaient agréables.

Oui, la beauté est relative, ce qui est beau pour moi ne l’est pas nécessairement pour les autres.


Je suis persuadée que plus on est positive et heureuse, plus on trouve de la beauté dans les moindres petites choses.

Lorraine Charbonneau – Retraitée de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval - Québec – le 14 septembre 2021

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Théorie de la relativité

Le professeur d’arts plastiques accrocha au tableau une reproduction d’une célèbre toile moderne : Traits bleus et points jaunes.

Dans la classe, certains ricanèrent pendant que d’autres s’extasiaient. Rapidement, le chahut monta entre ceux qui adoraient

criant au génie et ceux qui pensaient qu’un enfant de quatre ans aurait facilement pu faire au moins la même chose et certainement mieux.

Le professeur demanda le silence et interrogea Dylan, cancre notoire qui ne manifestait aucun intérêt pour l’institution scolaire, sauf pendant les cours de sport ou d’éducation sexuelle.

- Qu’en penses-tu ?

- C’est moche, conclut celui-ci après mûre réflexion.

- Et toi, Delphine, qu’en penses-tu ? interrogea le maitre.

Delphine, première de la classe de mères en filles depuis six générations au moins ouvrit la bouche, formulant un propos réfléchi et nuancé :

- C’est beau, mais la beauté est une question relative.

- C’est-à-dire ? Peux-tu préciser ?

- Si l’on prend comme postulat de départ que la beauté est une recherche d’absolu, ici, on peut penser que l’artiste s’en approche par la simplicité des formes.

- Et si non ?

- On peut apprécier l’œuvre en fonction des circonstances, la placer à côté d’autres de même facture ou totalement différentes, ou la considérer pour elle-même.

- Bien, mais encore, pourquoi est-ce beau ?

- Parce que le beau est ce qui se rapporte à ce que nous connaissons, qui se rattache à nos valeurs, parce que c’est un rapport nécessaire au monde, et que dans ce tableau, je retrouve les points de Pollock (1) et les lignes de Mondrian (2).

- Des copains à toi ? interrogea Dylan qui écoutait sans trop comprendre, lorgnant sur le décolleté, par ailleurs très sage, de Delphine.

- Des peintres très célèbres, répondit Delphine, en haussant les épaules.

- Revenons à nos pinceaux, reprit le professeur, donc toute beauté est relative ?

- Je le pense. Entre le beau et le laid, il y a de nombreuses nuances. Le beau est relatif par rapport aux personnes. Il appartient au monde sensible, possède cette petite étincelle qui donne envie de contempler, de se réjouir. Il nous fait vibrer, chacun à notre manière.

- Comme moi je vibre pour une fille, chuchota Dylan.

- Ah ! très bien Delphine dit le professeur, je crois que tu as réussi à faire comprendre la théorie de la relativité à notre jeune ami.

Delphine se tourna vers Dylan, puis vers Jessica sa copine, peu avantagée par la nature, et sourit.

- Tout est relatif. La perfection n’est pas de ce monde, la beauté se regarde souvent avec les yeux du cœur. Lorsque Dylan regarde Jessica, il la voit comme il veut la voir, à travers ses sentiments et non pas comme un idéal de perfection ou un canon de magazine.

- C’est pour ça que je la trouve belle alors, s’extasia Dylan, même si les autres la trouvent moche, c’est à cause de la relativité ?

- C’est ça, soupira le professeur. C’est bientôt l’heure, vous pouvez ranger vos affaires.

(1) peintre américain de l'expressionnisme abstrait - (1912 - 1956)

(2) un peintre néerlandais reconnu comme l'un des pionniers de l’abstraction - (1872 - 1944)


Isabelle Giraudot - retraitée de l’enseignement - Plogoff (département du Finistère) - France - le 14 septembre 2021

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La beauté, pour moi c'est...

Je crois qu’il y a de la beauté dans tout, même dans le noir!

Que ce soit avec nos yeux, nos oreilles, notre nez, notre bouche ou nos doigts... la beauté se sent !

Les yeux nous offrent les beautés naturelles (tel que paysages, couleurs) et les sourires des gens que l’on aime.

Dans le noir pour ceux qui n’ont jamais vue la lumière du soleil, la beauté est ressentie par tous leurs sens ultra développés.

Les oreilles nous offrent des sons merveilleux (éclats de rire d’un jeune enfant, musique, chant) tels que des beaux mots d’amour.

Le nez lui nous réveille avec des senteurs de café, plats qui mijotent, parfums et l’air pur.

Les papilles dégustatives sont là pour nous nourrir, nous donner la soif des saveurs du monde.

Les doigts nous permettent de nous vêtir de vêtements doux, chaleureux, réconfortant.

De sentir la peau soyeuse d’un bébé, l’écorce d’un arbre, la douceur du poil de notre animal de compagnie.

Il y a même le 6e sens qui nous fait sentir des papillons au ventre quand on est en amour.

Tous ces sentiments sont beaux et nécessaires pour une personne, pour vivre, pour aimer.

Marie-Josée Coulombe, retraitée (gestion administrative) - Varennes - Québec - le 9 septembre 2021

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Question du mois ( août 2021) proposée par Hélène

Consigne : N'oubliez pas de donner un titre à votre texte

D'une façon amusante, et même sous forme de fable si vous préférez, écrivez-nous comment notre livre, C'est à ton tour d'écrire - Écrits des gens ordinaires en période extraordinaire (Covid-19) se débrouillera pour être lu par tous et aucunement boudé par le public.

Notre livre C'est à ton tour d'écrire, écrits des gens ordinaires en période extraordinaire


Ce manuscrit est devenu mon livre de chevet et je lis au hasard un ou plusieurs textes à tous les soirs avant d’éteindre la lumière.

Plus je lis, plus je trouve des perles d’écriture.

Plus je lis, plus je trouve des textes instructifs.

Plus je lis, plus je réalise les qualités exceptionnelles des auteurs et autrices.

Certains textes me sont des sources de sujets sur lesquels je peux écrire.

Sur les huit (8) exemplaires que j’ai offerts à des amis, j’ai reçu plusieurs commentaires positifs et certains mentionnent qu’ils sont intéressés à éventuellement écrire.

D’autres disent qu’ils ont apprécié la qualité des textes; et plusieurs ont fait des découvertes par certains sujets.

Tout ça nous incite à continuer d’écrire et à produire un manuscrit annuellement.

Bravos à toutes les autrices et à tous les auteurs.

Nous continuons.

Gilles Capistran - retraité - autodidacte - Longueuil - le 9 novembre 2021

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Petit mensonge pour grande réussite

Au début du mois d’août, la créatrice d’un site internet spécialisé en littérature, s’inquiéta de savoir comment elle allait pouvoir vendre le plus grand nombre possible du recueil collectif de textes, écrits pendant le confinement, textes collationnés sur son site.

De nombreux auteurs inconnus, certains très bons, avaient participé à l’aventure et elle pensait qu’il serait dommage de ne pas en faire profiter des lecteurs potentiels. Elle s’était démenée pour trouver un éditeur qui accepte de publier l’ouvrage, organiser en grande pompe le lancement du livre, demander à tous les auteurs d’être présents. Malgré tout cela, une sourde angoisse l’étreignait.

Elle connaissait bien le milieu du livre car l’une de ses amies, pourtant fort talentueuse, peinait à faire publier son excellent roman, pour l’instant refusé par une cinquantaine d’éditeurs.

Elle hésita, puis imagina un scénario qui, s’il fonctionnait, lui permettrait de connaitre le succès espéré.

Elle appela une amie journaliste en lui expliquant que le recueil était génial, mais que, malheureusement, il ne serait pas disponible en nombre suffisant lors de sa sortie. En revanche, si elle lui faisait de la publicité, elle pourrait lui en envoyer gratuitement quelques exemplaires.

Heureuse d’être mise dans le secret des dieux, la journaliste fit tout pour faire connaitre le livre qu’elle n’avait pas encore lu. Elle le présenta à une de ses relations, critique littéraire à la télévision, contre la promesse de lui en réserver un exemplaire dédicacé par tous les auteurs. Lors de son émission hebdomadaire « Tout le monde se l’arrache », le critique fit du livre, un éloge dithyrambique.

Dans les librairies, les précommandes affluèrent. Les libraires commencèrent à se dire qu’il n’y en aurait pas suffisamment et pressèrent l’éditeur et l’imprimeur afin que davantage d’exemplaires sortent des presses.

À la sortie du livre, fin septembre, ce fut presque l’émeute devant les librairies. Ceux qui avaient réussi à en obtenir un sortaient des boutiques, tenant le livre à bout de bras, comme un trophée.

La recette du succès était simple. Pour donner envie, il faut susciter le désir, et surtout celui d’une chose que l’on est peu nombreux à pouvoir obtenir.

Sous les presses des imprimeurs, une deuxième, une troisième, puis une quatrième édition de l’ouvrage défilèrent. Ils se vendirent comme des petits pains. L’éditeur, étonné d’un tel succès, proposa de renouveler l’expérience pour l’année suivante.

La créatrice du site refusa tout net. Il ne comprit pas pourquoi. Elle lui en donna la raison. Ce livre avait été écrit par des gens ordinaires, ce qu’ils ne seraient plus s’ils devenaient auteurs. Ils se prendraient au sérieux, écriraient pour vendre et non plus pour partager. L’esprit du site en serait modifié. Ensuite, à moins qu’un autre confinement ne vienne bouleverser la planète, elle préférait désormais se consacrer à la lecture des textes des membres. Cependant, elle connaissait une amie qui cherchait à faire publier son premier roman. Convaincu, l’éditeur raccrocha en lui demandant de bien vouloir lui faire parvenir le manuscrit de son amie.

Isabelle Giraudot - retraitée de l’enseignement - Plogoff (département du Finistère) - France - le 7 août 2021

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L’envol

Marchant sur le sable, longeant la première vague, elle aperçut une lueur, une étincelle, une petite bouteille. Elle se pencha, la ramassa et avec délicatesse la déboucha. À l’intérieur, un parchemin, une page blanche sur laquelle seul quatre lettres se devinaient : « C-A-T-D-E ». L’envol allait pouvoir commencer, CATDE était né…

Un premier appel fut lancé et quelques auteurs se sont manifestés. Premiers écrits, premiers récits telle une porte de sortie au milieu de la pandémie. Petit à petit, d’autres membres se sont rajoutés partageant le même désir de voler, de s’évader, d’oser rêver, offrant au site de plus en plus de diversités.

L’envol semblait se confirmer, CATDE continua de se développer…La liste des onglets n’en finissant plus de grandir, une force incroyable s’en est vue jaillir : un plaisir d’écrire, de lire, une fureur de VIVRE !

Les plumes des auteurs de multiples horizons partageant tour à tour leurs émotions, leurs rires, leurs découvertes et leurs passions, et heureux de s’unir dans un même désir, se rejoignaient pour un même projet, soit celui d’un manuscrit volant au-dessus des vagues de la pandémie.

Il n’en fallut pas plus pour permettre à CATDE de décoller…Les plumes de ses membres reliées s’envolèrent telle une colombe remplie d’espoir et de lumière, apportant du plaisir au monde entier à travers un nouveau livre : Écrits des gens ordinaires en période extraordinaire.


Les premiers lecteurs l’ont feuilleté, d’autres bien plus nombreux encore n’ont pu résister à l’acheter. Comme la colombe, les ventes se sont envolées. Le succès extraordinaire de CATDE était lancé ! Marchant sur le sable, elle tenait dans ses mains une étincelle, une merveille : son manuscrit. À l’intérieur, des écrits, des pépites permettant de s’évader, de rêver, d’avancer.

Ravie, elle leva les yeux au ciel et vit la colombe déjà prête pour un second voyage : les plumes de CATDE regroupées volant déjà vers leur prochaine traversée.

Longue vie à CATDE ! (C’est à ton tour d’écrire)


Note de l'auteur : J'ai essayé d'imaginer les plumes de chacun des membres de CATDE reliées entre elles à travers leurs écrits partagés, les plumes formant les ailes de la colombe (située sur la couverture) et permettant au manuscrit de s'envoler vers son succès. L'histoire se passe près des vagues permettant de symboliser la pandémie durant laquelle est né CATDE, mais aussi d'y lier les passions de la mer et de l'écrit de l'instigatrice. Ce petit texte est un hommage à ma façon pour son travail et le plaisir que ce site offre à chacun des membres et cela depuis des mois.


Joëlle Laloy - travaillant dans le secteur de la santé - maman - Bruxelles - Belgique le 2 août 2021

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Question du mois ( juillet 2021)

Consigne : N'oubliez pas de donner un titre à votre texte

L’été est-il une période de farniente pour vous ? Suggestion de Hélène

Un été de tout repos


Bien sûr tout le monde pense que l’été est une période de vacances. C’est vrai. Pour les autres.


Dès les premiers beaux jours, d’anciens voisins vous téléphonent, se souvenant que vous habitez au bord de la mer. Puis, ils débarquent sans crier gare. Vous vous n‘allez pas les mettre dehors. Pas la peine de diner, ni de coucher ailleurs. Vous vous précipitez aux fourneaux. Ils repartent le surlendemain, très satisfaits, vous promettant de revenir l’année prochaine.


En juin, quelques connaissances oubliées reviennent, comme les mouettes derrière le bateau qui rentre au port. Ils ne pensaient pas spécialement à vous, mais passaient par là. À cette saison, ils vous demandent où trouver une chambre d’hôtel. Le cœur généreux, vous vous offusquez. La maison est grande et accueillante. Ils restent deux ou quatre jours.


En juillet, les écoles ferment, ce sont les petits-enfants qui arrivent dont il faut s’occuper. Ils sont si heureux de retrouver papy et mamie.


En août, les parents les rejoignent. Votre maison devient une colonie de vacances où chacun fait ce qu’il veut. Dans les escaliers, le soir, les liens se tissent, les conversations durent. Vers vingt-deux heures, vous vous enfermez dans la cuisine pour préparer les repas du lendemain. Levée dès six heures, vous réveillez la buanderie pour vous occuper du linge sale. À la fin du mois, tous repartent, repus et détendus.


En septembre, vos amis, retraités, se dépêchent de venir avant la saison des tempêtes. On est si bien chez vous. Vous pensez naïvement que vous auriez besoin d’un peu de repos. Vous venez de subir une douzième intervention de la hanche, vous n’êtes plus toute jeune. Parfois vous ronchonnez, mais au fond de vous-même, vous êtes ravie de prendre soin des autres, de cuisiner, dorloter, câliner, faire découvrir votre région qui est la plus belle du monde et si heureuse qu’on vous fasse des compliments sur votre cuisine. Farniente, ne rien faire, ça ne doit pas être votre vraie nature.

L’automne arrive avec le calme, mais curieusement votre plat préféré, partagé à douze ou quinze cet été, n’a plus la même saveur. Le bruit de vos pas résonne dans l’escalier, la maison s’ennuie, elle est un peu vide. Les rires des enfants vous manquent, les conversations des amis aussi, un petit verre en main, auprès de la cheminée.


Noël arrive. Vous marmonnez un peu, pensant à tout le travail qui vous attend : des chambres à préparer, des petits cadeaux à offrir, des menus à prévoir, des courses à faire… mais au fond de vous-même vous vous réjouissez de toute cette effervescence.


Cuisiner pour toute une tribu, faire des câlins dans les coins, échanger quelques mots à l’improviste avec les uns et les autres, s’occuper de tous et de tout le monde à la fois, apaiser les conflits, s’inquiéter du bonheur de chacun, c’est ce qui vous fait vivre et vibrer à la fois.


Finalement l’été tout le monde se repose…. sur vous. Mais vous adorez ça !


Isabelle Giraudot - retraitée de l’enseignement - Plogoff (département du Finistère) - France - le 18 juillet 2021

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Question du mois ( juin 2021)

Consigne : N'oubliez pas de donner un titre à votre texte

Que mangez-vous le matin et aimez-vous ce moment de la journée ? Suggestion de Yendse.

Moi aussi j’y ai droit !

Le matin, je commence par manger un rayon de soleil qui vient tout doucement me caresser le bout du museau. Puis c’est une brise légère qui s’approche, me chatouillant la truffe, apportant tous les bruits de la journée qui commence. Quelle bonne odeur ! Le petit déjeuner est en préparation. Je l’imagine déjà, seule dans sa cuisine. Les pancakes dorent dans la poêle, les crumpets gonflent doucement en attendant que toute la famille se rassemble. Le café fume, le beurre commence à ramollir. Le petit « pop » du pot de confiture me réveille tout à fait. Mon estomac gargouille. Je me dirige vers la cuisine.

Je m’arrête un instant sur le seuil, frétillant de la queue. Je fais le tour de la table, implorant chacun d’un regard larmoyant, remuant la queue, donnant la patte. Puisqu’ils sont venus me chercher au refuge, ils vont bien me donner un petit, tout petit bout de pancake ou de crumpet. Pas pour l’instant. Ils m’ignorent mais ils font toujours ça au début. Je les connais bien. Il ne faut pas céder trop vite. Le désir est plus grand et j’attends sagement… impatiemment.

Tom, le petit dernier me sourit. A trois ans, il est encore un peu maladroit. Stratégiquement, je m’assois sur mon arrière-train, à côté de lui. Avec un peu de chance, il va laisser tomber quelque chose. Il se penche pour me caresser.

« Non ! », dit maman. Tom recule, désolé, me fait un clin d’œil et laisse tomber le reste de pancake dont il était en train de se régaler, comme un défi à l’autorité. « Couché, pas toucher », dit maman. J’obéis. Tom récupère son bien. Maman m’octroie une caresse en m’affirmant que je suis un bon chien.

Il reste deux cuillères de pâte dans le saladier. J’observe maman. Elle sourit, me regarde. Je la connais bien. Il reste toujours deux cuillères de pâte dans le saladier, pour moi. Pour un petit pancake, à ma taille, bien chaud, posé dans ma gamelle avec un peu de sucre roux et ce bonheur de partager, saupoudrés dessus.

J’attends. La crêpe glisse dans ma gamelle. De mes babines coule une impatience sans nom. « Assis ! », dit maman. J’obtempère. Elle pose ma gamelle par terre. Je déguste posément ce petit bout de rien si important pour moi. Pour la remercier, je viens lui lécher la main. « Bon chien ! », dit maman.

La famille reflue vers le travail et les obligations. Je reste seul dans la cuisine. Un rayon de soleil s’attarde dans mon estomac. Il me tient chaud. Jusqu’à ce soir, jusqu’à ce qu’ils reviennent. Le panier m’attend. Je m’y couche. Je ferme les yeux. Vivement demain matin !


Isabelle Giraudot - retraitée de l’enseignement - Plogoff (département du Finistère) - France - le 14 juin 2021

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Levée de bonheur !

Comme chaque matin, me voilà réveillée, levée, prête surtout à savourer ce moment unique et privilégié de ma journée : celui du petit-déjeuner.

« Pause-café », voici comment je décrirais cet instant magique, point de départ indispensable et indétrônable de mes journées.

La maison encore endormie, mes quatre enfants toujours au lit, ce moment est le mien, il m’appartient. Je le savoure, m’y retrouve, me connecte à moi-même, me prépare à m’envoler vers la nouvelle journée qui m’accueille.

Attablée face aux doux rayons du soleil, j’observe le ciel, lui envoie mon premier sourire comme un clin d’œil lui assurant ma bonne humeur, déjà bien en place et prête à se déployer. Tasse de café posée, petits pains chauds et fruits pressés ; ce moment de calme aux petites heures est unique et magique. Je m’y autorise à m’échapper dans mes pensées, à m’imaginer les belles choses qui vont m’arriver, jusqu’à réussir à titiller ma curiosité : « quelles sont donc les nouvelles surprises qui m’attendent dans cette journée ? Hâte d’y plonger ! »

Chaque jour qui se lève est une nouvelle aventure à vivre, de nouvelles personnes à découvrir, des instants magiques à s’offrir.

En douceur, voguant dans mes pensées me guidant vers cette nouvelle journée, je me lève chaque matin aux petites heures, et disons-le :

de bonheur !

©Joëlle Laloy - travaillant dans le secteur de la santé – maman solo – Bruxellles – Belgique - le 5 juin 20201
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Terreau d’enfance

Le matin, le petit-déjeuner est sacré dans tous les sens du terme, et remonte à mon enfance. Je n’ai pas besoin de fermer les yeux pour voir défiler les images. Enfant, j’avais pour rituel de déjeuner avec ma grand-mère les mercredis, samedis et dimanches. J’avais hâte que ces jours arrivent, lorsqu’à peine levée, je franchissais la porte de sa cuisine encore en pyjama et j’entendais le moulin à café qui broyait les grains. Quel doux parfum embaumait toute la pièce! L’eau frémissante dans la bouilloire, versée doucement, laissait apparaître une mousse onctueuse dans le filtre. L’odeur de noisette de la chicorée. Les tartines recouvertes de beurre salé qui doraient sur la cuisinière, donnaient un parfum de caramel salé, j’en ai encore l’eau à la bouche rien que d’y penser. Quel bonheur ! Le goût aigrelet de l’écume de confiture de groseille réalisée la veille, les fraises fraîchement cueillies en été. Chaque saison avait son rituel, les crêpes et les oranges l’automne ; l’hiver la compote de pomme fumante sur la table. Je prenais un bol sur lequel étaient peintes des gouttes de café au lait, je le vois encore, il était un peu ébréché sur le dessus. Ma grand-mère me servait le café, avec un nuage de lait, puis elle se servait, et nous déjeunions face à face. Temps intime de discussions, de regards échangés, de sourires. La radio était allumée sur la station de « Fréquence Nord », un mélange d’informations, de conseils pratiques et de musique. Lorsque nous avions terminé, je vois encore les gestes de ma grand-mère : elle rassemble les miettes de pain ou de baguette dans le creux de sa main et m’invite à faire de même en me disant : « Nourrir les oiseaux, c’est prier deux fois ». Nous disposions nos miettes de beurre et de confiture sur le châssis de la fenêtre et nous admirions ces petits, ravis de leur festin de roi. Ils connaissaient l’heure du rendez-vous et attendaient patiemment en nous informant de leur présence par leur chant mélodieux. Il était souvent très tôt, le soleil était à peine levé, la fenêtre déjà ouverte pour laisser entrer la fraîcheur du matin, accompagnée des parfums de rosée sur les fleurs de géraniums. En vous racontant ceci, je me revois avec ma grand-mère. Je vois son sourire et tout ce qu’elle m’a transmis. L’amour du petit-déjeuner et de tout ce qui l’accompagne. Terreau d’enfance, je vous souhaite des matins, des petits-déjeuners parfumés.

© Gaëlle Lavisse - auteure - écrivaine - biographe - poète - ECQUES - Pas-De-Calais - France - le 5 juin 2021

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Question du mois (2 mai 2021)

Consigne : N'oubliez pas de donner un titre à votre texte

Qu'avez-vous oublié au cours de votre vie en comparaison à ce que vous n'oublierez jamais ? 500 mots maximum

Suggestion de Hélène

Paroles de maman

Je suis maman de cinq enfants, j'ai eu mon premier à 18 ans. Il y a des choses que l'on oublie et d'autres que l'on n’oubliera jamais, et la liste va être longue. Il suffira d'une photo, d'un parfum, d'une musique, d'une vidéo pour que renaissent les souvenirs de chaque instant et que chantent à la mémoire chaque note.

Jamais on n’oublie la naissance de ses enfants, leur doux parfum, le premier câlin, leurs premiers mots, leurs premiers pas.

On oublie les douleurs de l'enfantement une fois l'enfant posé sur son sein, les nuits entrecoupées ou sans sommeil, les pleurs, les crachouillis, les mimiques aux premières cuillères.

On n'oublie pas l'amour infini de ses enfants, les câlins, les dessins, les "je t'aime Maman", les mots rigolos inventés, les histoires du soir, les découvertes et les yeux émerveillés. Ces années d'émerveillement passent à vitesse grand V. On aimerait parfois ralentir le temps, en savourer chaque seconde.

On oublie la fatigue, les nuits sans dormir, les heures d'inquiétude, nos larmes et nos souffrances. On oublie les colères, les peurs. On oublie bien souvent que l'on dépasse nos limites sans s'en rendre compte. Que seul l'amour inconditionnel de notre tout petit nous guide et nous porte, nous permettant ainsi de décupler nos forces.

On n'oubliera jamais les sourires, les yeux pleins d'étoiles à la réception d'un cadeau ou lors de l'organisation d'une fête.

On n'oubliera jamais tous ces instants magiques. Ils resteront pour toujours gravés dans notre mémoire. Et lorsqu'ils seront grands, mariés, parents à leur tour, on retrouvera dans nos petits-enfants ces petites particules de nos enfants qui ont passé au travers des gênes. On retrouvera le même regard, le même sourire, les ressemblances et nos souvenirs se réveilleront. Alors on dira, tu ressembles à ton papa, il faisait ça, et disait ça, on racontera l'histoire de la vie, les instants merveilleux qui nous ont portés jusqu'alors et qui font les hommes qu'ils sont devenus.

© Gaëlle Lavisse - auteure - écrivaine - biographe - poète - ECQUES - Pas-De-Calais - France - le 5 juin 2021

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Leïla

J’ai tout oublié : les cris des élèves dans la cour de récréation, les collègues grincheux ou syndicalistes acharnés, le tableau noir et la poussière de craie, les parents triomphants ou désespérés devant le carnet de notes de leur enfant.

J’ai tout oublié : les soirées passées à préparer la classe, à corriger les cahiers, le temps passé à encourager les élèves timides, ceux qui doutaient d’eux-mêmes, les moments donnés pour réconforter ceux qui tombaient les genoux écorchés ou l’âme meurtrie.

J’ai tout oublié : les journées de vacarme, les moments de tension, les « je vais changer de métier, ce n’est plus possible ! », « ils ne comprennent jamais rien ! », les affrontements parfois et la violence qui l’accompagnait.

J‘ai tout oublié, depuis que je suis en retraite.

J’ai tout oublié, mais pas cette maman.

- Vous déjeunez chez vous, Isabelle, le midi ?

- Oui, je préfère rentrer, cela me permet de décompresser un peu.

- Il est vrai que votre métier est difficile. Vous avez des enfants à la maison ?

- Oui.

- Combien, si je ne suis pas indiscrète ?

- Vous ne l’êtes pas. Quatre : deux garçons, deux filles.

- Comme chez nous alors. Vous devez être bien occupée entre le travail, vos enfants et tout le reste.

- C’est vrai.

- Demain, ne préparez rien pour le déjeuner et venez à l’école en voiture.

- Pardon ?

- Faites-moi confiance, c’est une surprise.

Le lendemain, Leïla est la dernière à rester en classe. Ce n’est pas habituel. Tous les autres enfants sont déjà partis.

- Vite Leïla, va chercher ton manteau, voilà maman.

Pour une surprise, c’en est une, et de taille ! J’en ai les larmes aux yeux. La maman de Leïla a les bras croisés autour d’un couscoussier, rempli à ras bord d’une recette de chez elle, du nord du Maroc. Elle soulève le couvercle. Des odeurs de cumin, de coriandre et de je ne sais quoi s’envolent dans une vapeur parfumée.

- Rentrez vite, avec les enfants. C’est tout chaud.

- Mais…

- Ne dites rien et mettez-vous à table !

Comment aurais-je pu l’oublier, la maman de Leïla ? Cette femme généreuse qui sait combien le temps est précieux devant le nombre de tâches qui déroulent la journée et qui vous offre ce moment où vous ne faites rien. Ce cadeau magnifique d’une maman à une autre, il me tient chaud, caché dans un coin de mon cœur : prendre le temps, autour de la table, avec ceux qu’on aime, sans avoir rien préparé et déguster ce plat, offert, tout simplement.

Le soir, il en reste encore, le lendemain nous finissons. Le surlendemain, je lui rapporter le plat avec un petit bouquet de fleurs du jardin.

- Comment pourrais-je jamais vous remercier ?

- Cela m’a fait plaisir. Toute la journée, vous vous occupez des enfants des autres. Il était bien temps que quelqu’un pense un peu à vous !

Isabelle Giraudot - retraitée de l’enseignement - Plogoff (département du Finistère) - France - le 3 mai 2021

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