Dossier humanitaire

Plus facile d’être un homme

Il y a quelque temps, j’ai lu un article qui m’a beaucoup impressionné. C’est l’histoire de Mathias, un transgenre de 42 ans qui a vécu 39 ans en femme et 3 ans en homme. Qui de mieux placé pour témoigner après avoir vécu la vie de femme d’abord et d’homme par la suite.

C’est grâce à la vague de dénonciations que Mathias s’est décidé à parler. Il commence par nous dire qu’il a exactement la même personnalité et les mêmes valeurs qu’avant mais précisant avoir réalisé que c’est plus facile d’être un homme.

Il raconte les sarcasmes qu’il a subis en tant que femme à l’adolescence à propos de la naissance de ses seins. Puis qu’il n’était pas pris au sérieux par les techniciens de son dans sa carrière de musicienne, qu’il a vécu la peur de marcher seule dans la rue le soir ou d’être mal à l’aise de se retrouver toute seule de fille avec une gang de gars éméchés quand il chantait dans les bars. Il a dû endurer les commentaires machos parce que « c’était juste des farces et que si tu ne ris pas tu n’as pas le sens de l’humour ». Il a connu la peur et la méfiance. « Partout, tout le temps, même si je n’y pensais pas, j’étais toujours sur mes gardes », écrivait-il.

Il relate qu’il a été témoin de tellement d’injustices, mais subtiles, et insidieuses.

Aujourd’hui, il est le même musicien mais tout d’un coup, on l’écoute plus, on tient pour acquis qu’il connait son métier. Il réalise aussi que dans les commerces, garage ou quincaillerie, on ne l’infantilise plus. Et quand il est avec une amie, les vendeurs le regardent, lui, pour expliquer les choses.

Maintenant qu’il est un homme, il n’a plus peur de marcher dans les rues. Il lui arrive même de changer de trottoir quand il voit une femme seule, le soir, parce qu’il sait ce qu’elle peut ressentir, il l’a vécu mille fois dans sa tête.

Sa vie s’est transformée. Il réalise qu’inconsciemment, les hommes sont plus enclins à écouter leur semblables parce qu’ils les mettent sur le même pied d’égalité.

Mathias exhorte les hommes à prendre la parole, à défendre les femmes. Il les encourage à prendre leur courage à deux mains. à s’interposer quand leurs amis ont des gestes déplacés envers les femmes.

Ceci rejoint un livre que j’ai lu sur le Chevalier d'Éon de Beaumont, (1) homme politique et espion qui a vécu au XVIIIe siècle sous le règne de Louis XV. Il a vécu en homme pendant 49 ans et en femme pendant 32 ans. En comparant sa vie d’homme et de femme, le Chevalier Éon faisait sensiblement la même analyse. La chirurgie transgenre n’existait pas à l’époque, ce n’est qu’en effectuant sa toilette mortuaire qu’on découvre avec stupéfaction que cette supposée vieille femme était en fait un homme.

(1) Charles d'Éon de Beaumont, (1728-1810), dit le Chevalier d'Éon, diplomate, espion, officier, homme de lettres français, célèbre pour son goût prononcé pour le travestissement.


Lorraine Charbonneau – Retraitée de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval – 15 décembre 2021

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Les animaux

Il y a un attachement certain qui s’établit entre une personne et son animal de compagnie que ce soit un chat, un chien ou un canari en cage. L’affection qu’on peut avoir pour ces petites bêtes est indéniable. L’animal de compagnie devient un ami, on en prend soin, on le nourrit adéquatement, on le caresse et on le soigne au besoin. Certaines personnes l’autorisent même à coucher dans leur lit. On le traite comme un membre de la famille et quelques fois, il devient un substitut à un enfant.

On ne traite pas tous les animaux de la même façon. Certains sont exploités pendant toute leur existence au profit des humains. On tond la laine des moutons, on utilise la soie des vers, on mange les œufs des poules, on extrait le lait des vaches pour le boire et pour fabriquer yogourts et d’autres mets. On fait des expériences sur des animaux dans les laboratoires. On les exploite dans l’industrie de la fourrure, on les élève dans des fermes et à leur maturité, on les tue afin de fabriquer de magnifiques manteaux. Les visons vivent dans de minuscules cages grillagées toute leur vie. Les rhinocéros sont en danger d’extinction du fait de la chasse pour leurs cornes. Certains croient que réduites en poudre, elles pourraient être aphrodisiaques. Le commerce illégal de l’ivoire provenant des défenses d’éléphants est commercialisé depuis des siècles par les humains. On utilise aussi leur peau pour faire des ceintures, des souliers, des manteaux, des chapeaux, des bottes, dans la fabrication de meubles, dans la reliure, la sculpture et j’en passe.

Nous nous servons aussi des animaux pour nos divertissements. Des centaines d’entre eux sont massacrés chaque année dans des arènes. On en exhibe dans des zoos ou dans des aquariums. Dans certains pays, des coqs domestiques préparés aux combats s’affrontent dans un gallodrome. La pèche et la chasse sont aussi des loisirs cruels et sanglants, les animaux ressentent de la douleur tout comme nous. Les dauphins et les orques en captivité ont, parait-il, une durée de vie très faible dans les marinelands.

D’autres animaux d’élevage vivent à l’extérieur mais finissent ainsi que leur progéniture dans les abattoirs. Les poules, les porcs, les bovins, les moutons et les chèvres sont devenus nos esclaves dociles. On prend graduellement conscience de cet asservissement qui est de moins en moins toléré.

Nous savons que la viande de boucherie comporte plus d’inconvénients que d’avantages pour la santé. Lorsque consommée régulièrement, elle augmente les risques de maladies cardiovasculaires et de diabète.

Nous partageons la terre avec les animaux. Sachons les apprécier et les respecter en les considérant comme des êtres vivants qui ont des besoins et des droits. Un bon moyen pour y arriver serait peut-être d’arrêter d’en consommer ou du moins en en réduisant notre consommation.

À l’exemple de la philosophie bouddhiste, nous devrions tous être respectueux envers toute vie, quelle qu’elle soit.

Lorraine Charbonneau – Retraitée de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval – le 10 novembre 2021

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Solidarité

À toi qui t’acharnes à te plaindre

À toi qui t’abreuves de mensonges

À toi qui t’obstines à tout craindre

À toi qui t’enfermes dans un songe

À toi qui alimentes la fureur

À toi qui te trompes de combat

À toi qui gaspilles ton ardeur

À toi qui t’aveugles d’effroi

À toi qui t’entêtes à ne rien céder

À toi qui cries pour ne pas écouter

À toi qui t’estimes sérieusement opprimé

À toi qui t’interdis de t’adapter

Je désire te délivrer un message d’espoir

Et t’expliquer la teneur de notre tâche quotidienne

Pour que tu entendes qu’il n’est pas dérisoire

D’exiger de toi quelques règles citoyennes

Je soigne tes enfants, ton mari et ta mère,

Ainsi que tes frères, ton amie et ta voisine

Et tous ceux qui ont besoin de nos savoir-faire

Et rien de ce que nous côtoyons n’est comme tu te l’imagines

Je ferai de mon mieux pour préserver la vie

Y compris la tienne si tel est ton destin

Même si tu te voiles la face et que tu le nies

Je panserai tes plaies et te tendrai la main.

Danièle Comparetti - infirmière - blogueuse - hemodyrea.canalblog.com - Tours - France - le 22 août 2021

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Le jour du dépassement

Le jour du dépassement est le jour où l’humanité a consommé l’ensemble des ressources planétaires dans une année. Le jour du dépassement pour l’année 2021 a été fixée le 29 juillet. Cette date est calculée par l’ONG Global Footprint Network, un institut de recherche californien. Pour ses calculs, il prend notamment en compte l’empreinte carbone, les ressources consommées pour la pêche, l’élevage, les cultures, la construction et l’utilisation d’eau. Il y a eu un léger recul en 2020 du fait de la pandémie Covid-19 mais l’année 2021 a malheureusement rattrapé ce recul.

C’est inimaginable de penser que du 1er janvier au 29 juillet 2021, l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la planète pouvait produire cette année. Ce qui veut dire que l’humanité vivra donc à crédit jusqu’au 31 décembre 2021. Les ressources planétaires s’épuisent de plus en plus rapidement, faisant que le jour du dépassement survient de plus en plus tôt à chaque année.

Les dommages dues à cette surconsommation est déjà visible : pénuries d’eau, désertification, érosion des sols, chute de la productivité agricole et des stocks de poissons, déforestation, disparition des espèces.

Mais que pouvons-nous faire pour contrer la situation catastrophique qui nous attend dans le futur? On dit qu’il faudrait limiter l’expansion démographique de la planète. Les humains étant ce qu’ils sont, je ne vois pas comment cela pourrait se faire. La terre héberge actuellement 7,8 milliards d’habitants, le seuil de 8 milliards sera franchi en 2023. On pourrait arrêter de tuer des animaux pour se nourrir ou plus facilement en réduire la consommation. Reforester la planète serait l’une des solutions des plus efficaces pour atténuer le phénomène du réchauffement climatique, diminuer considérablement le gaspillage alimentaire et notre empreinte carbone.

L’Histoire du passé nous rapporte toutes sortes de catastrophes naturelles ou causées par les humains, Cependant, jamais nous n’avons autant été confrontés aux conséquences de nos comportements bien réels et inconscients qui pourraient amener à l’extinction de l’humanité.

La nature n’est pas un gisement dans lequel nous pouvons puiser indéfiniment. La nature nous envoie des signaux évidents qu’on ne peut pas ignorer.

Lorraine Charbonneau – Retraitée de la fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval – envoyé le 11 août 2021

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Petit poisson

Petit poisson deviendras-tu grand

petit poisson dans ton univers océan

où les hommes géants, envahissants

t’empoisonnent de polluants

Ils te capturent dans des filets

ils grattent les fonds par exprès

et ainsi plus rien ne survivait

et plein d’argent ils empochaient

Cargos et pétroliers naufragés

et noires devinrent les marées

t’es devenu englué, prisonnier

sur la plage, t’es rejeté

Petit poisson devenu grand

toutes nos embûches surmontant

de nos actions, tu dépends

pour l’avenir de nos enfants

Johanne Gilbert - retraitée - Sorel-tracy – le 4 août 2021

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Tu trouveras la paix dans ton coeur et pas ailleurs


« Tu trouveras la paix dans ton cœur

Et pas ailleurs, et pas ailleurs

La seule vraie tranquillité

Le grand repos, l’immobilité…»

Quelle belle chanson de Stéphane Venne, interprétée dernièrement par plusieurs chanteuses québécoises[1] pour rendre hommage à Renée Claude, chanteuse et actrice, atteinte de la maladie d’Alzheimer et décédée en mai 2020.


« Tu trouveras la paix dans ton cœur, et pas ailleurs », c’est le défi de toute une vie. Un défi très difficile à relever, car dans notre monde d’aujourd’hui tout nous convie à chercher ailleurs la paix, la tranquillité, la sérénité. Notre environnement nous pousse à sortir de nous-mêmes pour tenter de trouver ailleurs la satisfaction et la joie de vivre.

Non seulement sommes-nous poussés à chercher à l’extérieur de soi, à avoir comme norme évaluative le regard des autres, mais en plus, nous sommes constamment invités à la comparaison avec autrui. Et comble de malheur, nous alimentons le système en diffusant nous-mêmes, sur les réseaux sociaux, des parties embellies de nos vies.

Ainsi, est étalée sur Facebook la réussite de nos voyages : Cuba, Grèce, Vietnam. On y voit aussi le paquebot de 12 étages de notre dernière croisière et les repas somptueux avec photos à l’appui ; le charme de nos amitiés entre filles ou entre gars au sourire éclatant de bonheur ; l’étalement de la joie de vivre de nos enfants, de notre fils qui vient de gagner le championnat au soccer, de notre fille virtuose en violon qui se voit attribuer le prix du Gouverneur général et, n’oublions pas les petits-enfants. Ha ! ces petits chéris qui nous aiment tant, nous les mamies et les papis. Une chance que nous sommes là pour leur transmettre les « vraies » valeurs et les secrets cachés du bonheur.

Ces étalages irréalistes envoient de faux messages stimulant la comparaison dévalorisante. Ces environnements artificiels particulièrement sur les médias sociaux sont délétères non seulement sur nous, adultes, mais ils semblent de plus en plus atteindre les jeunes générations accros aux écrans. Les effets sont désastreux sur leur vécu, au point de mettre en danger une bonne partie d’enfants et d’adolescents québécois développant de l’anxiété et se retrouvant aussi en détresse psychologique. Même l’Association des psychiatres du Québec sonne l’alarme.

« Tu trouveras la paix dans ton cœur, et pas ailleurs » n’est vraiment pas au goût du jour et est loin d’être une pratique adoptée. Malgré tout, il est important de s’y accrocher et de combattre les conditionnements orchestrés par les vampires à la solde d’un capitalisme sauvage. Ces GAFA, [2] qui utilisent les plus récentes découvertes en neurosciences pour accrocher aux écrans les internautes et les fidéliser. Il reste un espoir pour contrer ces nouvelles habitudes de vie efficacement conditionnées par nos environnements technologiques, soit l’éducation aux saines habitudes de vie auprès des jeunes générations.

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[1] Diane Dufresne, Ginette Reno, Louise Forestier, Isabelle Boulay, Luce Dufault, Laurence Jalbert, Ariane Moffatt, Marie-Denise Pelletier, Catherine Major, Marie-Élaine Thibert et bien entendu, Céline Dion

[2] L'acronyme GAFA désigne quatre des entreprises les plus puissantes du monde de l'internet (et du monde tout court !) à savoir : Google, Apple, Facebook et Amazon.


Pierre Potvin Ph.D. ps.éd. - professeur chercheur titulaire retraité du département de psycho-éducation - UQTR - Chercheur associé au CTREQ - - pierrepotvin.com/wp/livres/mes-livres - Trois-Rivières - Québec - le 21 juillet 2021

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Dans quel état ... ?

En effet, dans quel état vais-je laisser la planète à mes enfants?

Je ne suis pas inquiète pour moi car le bout de ma route est déjà tracé, cependant, je le suis pour mes enfants et mes petits-enfants. J’ai vécu presque toute ma vie sans me rendre compte que notre mode de vie détériorait notre belle planète. J’ai profité de tout ce que la science m’a apporté pour me faciliter la vie, couches jetables, kleenex, plastique en abondance, voyages en avion, croisières, etc. Il est trop tard pour les regrets; de toute façon, ils ne servent jamais à rien.

Nous sommes en 2021, combien de temps nous reste-t-il avant le point de non-retour? Si de véritables politiques visant les émissions de CO2 ne sont pas prises immédiatement, on nous prédit des conséquences dramatiques. Par exemples une montée des océans qui entraînerait la disparition d'îles et de pays engloutis, des ouragans et des cyclones d’une grande intensité, des records de température et des périodes caniculaires plus fréquentes et plus longues, des feux de forêts de plus en plus fréquents, sécheresses, typhons et inondations.

Les impacts du réchauffement climatiques sont déjà manifestes et vont se poursuivre, notamment parce que les émissions de gaz à effet de serre continuent de s’accumuler dans l’atmosphère.

Les gens du sud de la planète seront les plus touchés. Que feront-ils? Ils chercheront à migrer vers le nord. Serons-nous en mesure de les accueillir comme des frères, les loger, les nourrir, les soigner? J’aime mieux ne pas penser à ce qui pourrait arriver. Il ne faut pas avoir peur des mots, ces catastrophes s'étalent déjà sous nos yeux comme on les avait prédites. Il vaut mieux regarder la réalité en face.

Il y a des personnes sensibilisées au phénomène du réchauffement climatique qui agissent, recyclent, compostent, font des jardins communautaires et marchent pour faire bouger les gouvernements. Je les admire parce qu’ils ne font pas juste parler mais agissent. Cependant, ce n’est pas suffisant. Il faut davantage qu'un petit groupe pour changer les choses. De véritables démarches collectives à grande échelle devront être entreprises.

Pour cela, il nous faudra forcément des gouvernements nous imposant des décisions politiques contraignantes, autrement les gens continueront à se vautrer dans leur confort et à polluer. La terre saurait tourner sans nous et s’en porterait beaucoup mieux, mais nous, les humains, sommes encore là et nous avons le pouvoir de changer les choses. Nous ne pourrons plus y vivre sans réparer les dégâts que nous avons nous-mêmes causés. C’est une question de survie.


Lorraine Charbonneau – retraitée de la Fonction publique fédérale – résidente du Marronnier à Laval – Québec - envoyé le 7 juillet 2021

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