Confidences

Histoire vécue d'enfant

Je vis sur une petite ferme. En face de la maison, de l’autre côté de la route et de la petite décharge, il y a une grande étendue de terre en friche où poussent des broussailles et de jeunes arbres.

En certains endroits, il y a ce que l’on appelle une coulée où parfois s’accumule une bonne quantité d’eau. Dans ces coulées fourmillent des têtards et des grenouilles que j’aime taquiner.

Plus loin, il y a une étroite rivière, peu profonde, mais à certains endroits, il se forme des bassins qui me permettent de me baigner tout nu. Cependant il arrive qu’il y ait des sangsues et c’est très désagréable.

Sur la côte de cette rivière, souvent, ce que l’on nomme au Québec, des siffleux, ce sont des marmottes qui creusent plein de tunnels. Je les croyais dangereuses au début, mais j’ai appris qu’elles ne sont pas belliqueuses et donc non dangereuses.

J’ai appris d’un cousin plus âgé de fabriquer facilement des sifflets avec un bout de branche de saule.

Un peu plus loin il y a un arbuste, cenellier, dont le fruit est nommé : cenelle et a aussi pour noms locaux : poires d’oiseaux, car leurs graines sont dispersées naturellement par les oiseaux (merles et grives), assez friands de la chair farineuse des fruits. Il ne faut pas trop en manger car on devient la bouche pâteuse. C’est tout de même bon.

Ma mère ne s’inquiète pas de moi, car elle sait que je ne fais pas d’imprudence et que je suis bien habitué à ces escapades.

Je ne suis de toute façon pas absent très longtemps et en revenant je la trouve souvent dans son grand jardin où elle travaille à sarcler et soigner ses plantations. On y trouve de tout : patates, haricots jaunes, betteraves, blé d’Inde, tomates, salade, céleri, ses fameuses cerises de terre auxquelles il ne faut absolument pas toucher. C’est succulent et si sucré. Elle les garde surtout pour la fabrication de sa gelée bien spéciale.

Les cerises de terre, dont le nom scientifique est « physalis », sont parfois appelées groseille du cap, ou cerise d'hiver, ou encore lanterne chinoise. Ce sont de petits fruits d'un jaune éclatant et en effet ressemblent à des lanternes chinoises.


Voilà donc des souvenirs de ma jeune enfance.

Gilles Capistran - autodidacte - Longueuil - 15 mai 2022

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Un départ

Un départ commence toujours par un premier pas pour aller ailleurs. À un moment donné de ma vie, j’ai changé le cours de mon existence, en faisant le choix de partir. C’était un projet mûrement réfléchi qui allait aboutir à un changement radical dans ma vie. Jusqu’à ce moment-là, je croyais que ma vie était toute tracée d’avance, je me trompais.

Un départ est une porte qu’on a choisi d’ouvrir, un pas que l’on a franchi pour traverser de l’autre côté. Tout changement comporte des risques et est souvent un choix douloureux à prendre. Quand j’ai cru le temps venu, j’ai pris mon courage à deux mains et suis partie étant convaincue que remettre à plus tard était inutile.

J’avais à lâcher prise sur mon passé et me construire un nouveau modèle. Ce nouveau départ m’a réellement effrayée; c’était comme faire un saut dans le vide. À la simple idée de partir, sans savoir ce que la vie me réservait, a généré en moi beaucoup de stress et d’inquiétude. Personne ne m’a pris par la main pour me donner la marche à suivre. Je me rappelle avoir pleuré quelquefois et de m’être demandé: qu’est-ce que je fais dans cette galère? Mais je ne me suis jamais découragée, je n’ai jamais baissé les bras. J’avais pris une décision déchirante, il fallait que je l’assume. J’ai ouvert une porte, ai emprunté des passages pas toujours ensoleillés et parfois des routes sinueuses. Je me suis frayée un chemin, souvent sans trop regarder en arrière, en espérant ne pas me tromper, ne pas me perdre.

Il m’a fallu beaucoup de courage pour affronter ce qui m’attendait mais je savais qu’au fond de moi j’avais toutes les ressources nécessaires pour passer au travers de toutes les difficultés rencontrées en chemin.

Je ne savais pas ce qui m’attendait mais j’avais le sentiment profond que la vie me réservait encore de bons moments. Quand je regarde en arrière, je me dis que mon départ est arrivé au bon moment, que j’ai fait le bon choix et que j’ai bien cheminé. Il m’a permis de me retrouver, de découvrir en moi des qualités que je n’avais pas soupçonnées, entre autres la volonté, la détermination, la ténacité, le courage et le sens des affaires. Il m’a permis aussi d’organiser ma vie comme je l’entendais et de devenir une personne plus réfléchie et plus responsable. Je réalise que c’est le chemin que je devais emprunter pour devenir la femme que je suis aujourd’hui. Je suis sincèrement fière de ce que j’ai accompli.

D’une décennie à l’autre, j’ai poursuivi mon petit bonhomme de chemin de sorte que j’en suis rendue maintenant à préparer mon ultime départ, celui dont on ne revient pas. Quand je franchirai le fil d’arrivée de la vie, je tirerai ma révérence dignement. Je partirai en disant merci à la vie, merci pour toutes ses bontés à mon égard.

Lorraine Charbonneau - Ex-fonctionnaire de la Fonction publique fédérale - Résidente du Marronnier - Laval - le 29 avril 2022

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Petites réflexions pour un temps incertain

Ce matin, le sommeil me fuit. Alors, je me suis mise à mon ordinateur et voici mon tout nouveau texte. Depuis deux ans, nous sommes en pandémie. Au tout début, bien malin celui qui aurait pu en prédire la durée. Tout le monde s’attendait à ce que cela dure quelques semaines. Mais la pandémie dure toujours. Le système n’était pas prêt à affronter une telle affluence de personnes malades.

Présentement, l’Ukraine vit des moments très difficiles. Le monde entier commence à ce rendre compte que cette guerre pourrait dégénérer en conflit nucléaire mondial. Qu’on se le dise, ce ne sera pas une guerre comme les deux guerres mondiales passées, car presque tous les pays ont l’arme nucléaire.

Pensez-vous que nous sommes prêts à affronter un tel désastre? Et bien la réponse est non. Imaginez au Canada, il n’y a même pas d’abris nucléaire pour abriter la population. Pensez-vous que notre système de santé tel qu’il est présentement, peut accueillir un très grand nombre de blessés? En ce qui a trait aux morts, leur sort sera déjà réglé. Et bien, je vous répondrai que non, même si les autorités civiles prétendent qu’ils ont un plan. C’est sans compter que les retombées radioactives continueront à endommager la planète et à faire de nombreuses victimes.

Après un tel désastre, le monde sera à reconstruire. Nous devrons cultiver nos fruits et nos légumes. Nous devrons apprendre à soigner nos blessures par nous-mêmes. Nous devrons trouver un moyen de communiquer entre nous. Nous devrons apprendre à manier les armes pour nous nourrir, pour nous défendre. Comment ferons-nous pour entretenir nos structures (routes et ponts). La nature redeviendra à l’état sauvage.

Vous et moi, présentement, nous nous sentons bien impuissants. Alors pourquoi ne pas prendre un tout petit moment pour prouver notre amour à nos amis et à nos proches. Cela ne sert simplement à rien d’attendre le moment propice pour le faire, car ce moment-là ne se réalisera peut-être pas. Faisons spontanément sans arrière-pensées, sans cérémonie.

C’est peut-être utopique de penser cela, mais je crois que ce n’est pas les nombreuses sanctions envers Vladimir Poutine qui va arrêter la guerre. Je crois plutôt, qu'en mon for intérieur, c'est l'Amour qui réussira. Remarquez que je l’ai écrit avec un grand « A ». Alors mes amis, je vous laisse là-dessus.

Louise Lépicier - préretraitée - Joliette - Québec - le 3 mars 2022

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Le chant d’une petite plume d’oie

Non, mais quelle mouche l’a piqué ? s’interroge Plume d’oie posée avec colère sur le bord du secrétaire.

Il aurait pu me poser délicatement dans l’encrier plutôt que me jeter ainsi. Surprise d’un tel comportement à son égard, Plume est triste. La feuille blanche se trémoussa et dit : mais regarde cette vilaine tache que tu as faite. Même notre ami buvard n’a pas réussi à l’éponger.

Oh mais, je n’y suis pour rien répondit Plume. Il était d’une telle rage, il n’a même pas pris le temps d’enlever le surplus d’encre, et il a même failli renverser l’escritoire placé près de mes sœurs les plumes métalliques.

Ce pauvre Rufus toujours près du bureau, l’aurait bien lui aussi reçu sur la truffe. La feuille reprend : Sieur sait bien que c’est grâce à toi qu’il est devenu un écrivain, il va se raviser, retrouver ses esprits après avoir bu un bon café. Il a une telle pression en ce moment.

Le penses-tu ? dit Plume, tu sais dans le doute, il vaut mieux s’abstenir. Oui ne t’en fais pas. Tu es un être exceptionnel.

Regarde combien de fois, il a jeté mes sœurs, non satisfait de son travail et toi tu es toujours là. Regarde aussi dans la poubelle combien de fines plumes métalliques rouillées ou abîmées s’y trouvent. Il te préfère aux métalliques. Il te bichonne, t’essuie avec le plus beau des chiffons.

En plus, tu as un support d’une élégance.

Regarde sous l’escalier, derrière toi, tourne la tête, tu as vu tous les manuscrits, les livres écrits.

Oh tu as raison belle amie. Maintenant, je me souviens l’avoir entendu me chuchoter que de tous ses objets de fantaisie, j’étais celle de sa mémoire et de son honneur, et qu’à l’image des plus grands comme Flaubert, Hugo, Sand et Dumas, je suis la plus précieuse qui lui insuffle les mots.


Plume se redresse; chante dans le vent qui se glisse entre les rideaux, un rayon de soleil lui donne de l’éclat. Interpellé par ce chant mystérieux, Sieur l’auteur, de sa main droite saisit délicatement Plume, la trempe dans l’encre violette et se met à écrire « le chant d’une petite plume d’oie »


©Gaëlle Bernadette Lavisse écrivaine biographe, auteure, poète, autodidacte - Thérouanne - France - le 19 janvier 2022

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L’étonnement

Savoir s’étonner, c’est le propre de l’homme et pourtant combien d’adultes sont remplis de préjugés et pataugent toute leur vie dans la banalité de leur existence. Blasés, ils ne s’étonnent plus de rien.

Comment ne pas s’étonner, tout est étrange pourtant. Ne serait-ce que le fait d’exister. Et quoi de plus étrange que l’autre? Il est mon semblable, mais combien différent. Jean-Paul Sartre disait que l’autre est un « autre moi » en ce sens que tout comme moi, il est un sujet indéfinissable, une autre conscience, une autre énigme. Tout comme moi, il cherche à se définir, à savoir qui il est. C’est pourquoi il est impératif d’être à l’écoute de l’autre. Deux personnes qui s’écoutent avec respect sont deux personnes qui s’étonnent d’être.

S’étonner, c’est réaliser, prendre conscience, s’émerveiller, s’émouvoir, être interpelé par tout le merveilleux et le mystérieux de ce qui nous entoure.

Dans l’étonnement, il y a une notion de questionnement, une prise de conscience d’une nouvelle vision des choses qui apparaît ou qui doit être reconsidérée et où les prérequis sont considérés comme douteux et donc questionnables. Il ouvre des portes sur l’inattendu et sur l’extraordinaire. Il aide à parfaire ou approfondir, apporte merveille et satisfaction.

Le mot étonnement possède la même racine latine que «tonnerre». Ce n’est qu’à partir du XVIIe siècle que la notion négative perd peu à peu de cette dimension de vertige pour prendre la signification moderne qu’on lui connait aujourd’hui. Dans la notion d’étonnement, il y a l’idée d’un choc qui dérange étrangement mais agréablement et qui nous oblige à réagir. Pour être étonnés, il ne faut pas seulement être surpris mais aussi dérangés dans nos certitudes. Il y a aussi l’idée d’émerveillement devant quelque chose qui nous fascine.

Qu’est-ce qui m’étonne le plus? D’abord, la vie. Je la trouve extraordinairement belle, mystérieuse à souhait et pleine de rebondissements. Je suis impressionnée d’avoir eu comme mère, une femme merveilleuse qui a pavé ma voie, m’a ouvert des portes et m’a appris énormément. Je me réjouis d’avoir eu trois grandes amies, des anges qui ont embelli ma vie. Je suis épatée du parcours qui m’a amenée à ce que je suis aujourd’hui. Je suis émue rien qu’à y penser d’avoir porté la vie de trois enfants qui me font honneur. Je suis abasourdie de tout ce que la vie m’a apporté, des formidables voyages que j’ai faits, des centaines de livres qui ont comblé mes heures de loisir. Je suis ébahie de la nature et de toute la beauté que je perçois autour de moi, des multitudes de couleurs, de textures et de formes qui m’apportent de la beauté et du bien-être.

S’étonner, c’est avoir le cœur pur, c’est faire confiance, c’est s’enthousiasmer devant les beautés de la vie, c’est être reconnaissant, c’est goûter et ouvrir grand les bras au moindre petit bonheur qui nous arrive, c’est de devenir comme un petit enfant.

Lorraine Charbonneau – Retraitée de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier - Laval – le 17 novembre 2021

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L’enfant d’autrefois

Je me rappelle d’un petit garçon solitaire,

Il y a déjà plusieurs années, seul, différent

De ceux qu’il avait rencontrés, de ces enfants

Qui ne purent jamais être ses camarades, ses frères.

Je me souviens de lui comme si c’était hier,

Il n’y a pas si longtemps pourtant qu’il était là

Le petit garçon d’autrefois qui a suivi les pas

De ces hommes retombés trop tôt à la poussière.

Il n’avait désiré que le bonheur des siens

Pour cet amour condamné à l’illusion,

Il ne récolta que l’insolence des moissons

Avant de comprendre qu’il ne lui restait plus rien.

Il a tellement pleuré le petit garçon d’autrefois

Pour avoir été blessé dans une lueur impure

Entre la peine et le silence étrange d’un murmure,

Les mains jointes vers Dieu, le cœur tourné vers sa foi.

Je me souviens qu’il a voulu s’éteindre parfois

Tellement qu’il souffrait de vivre dans cette maison meurtrie

Par le faix des discordes et des calomnies

Qui se renouvelaient chaque jour sans jamais une joie.

Je me souviens de lui comme si c’était hier,

Il n’y a pas si longtemps pourtant qu’il était là,

Le petit garçon d’autrefois qui a suivi les pas

De ces hommes retombés trop tôt à la poussière.

Si aujourd’hui, je revois toutes ces images d’autrefois

C’est parce que ce petit garçon solitaire, c’était moi.


Michaël Blauwart - écrivain - journaliste - poète - prix littéraire du Sud-Ouest de la France et médaille d'étain à la Société des Arts et Lettres à Paris - région bordelaise - France - le 19 septembre 2021

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Le doute

Quand je regarde en arrière, il m’arrive quelquefois de me poser des questions. Je me demande si j’ai développé et bien utilisé le potentiel que la nature m’a attribué.

Ai-je été une mère inspirante comme je l’aurais voulu ? Ai-je été une bonne personne, une femme sympathisante, apaisante et éclairante pour mon entourage ? Ai-je réussi à inspirer ma joie de vivre ? Est-ce que les choix que j’ai faits étaient toujours judicieux ?

Est-ce que j’ai profité abondamment de chaque moment qui passe et qui est si fugace ? Est-ce que les peines que j’ai eues, les larmes que j’ai versées et les efforts que j’ai faits, ont servi à quelque chose ?

Est-ce que mon attention était toujours dirigée sur ce qui était vraiment important ? Ai-je aimé assez ? Ai-je voulu cacher aux autres ma vulnérabilité et ma fragilité pour me montrer plus forte que je ne l’étais en réalité.

La foi a donné un sens à ma vie, mais il arrive quelquefois qu’elle vacille pour me demander si tout n’est qu’illusion.

Étant fragile et faillible comme tous les humains, je me dis qu’à certains moments, j’aurais pu faire mieux. Bien que je sache pertinemment qu’on ne peut pas revenir en arrière, j’espère de tout cœur que mon passage ici-bas aura contribué un tant soit peu à rendre le monde meilleur.


Lorraine Charbonneau – Retraitée de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval – envoyé le 25 août 2021

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Grain de neige

Je suis un grain de neige,

Un cristal parfait,

Une broderie divine,

un joyau céleste.


Je suis un parmi des milliers.

Je fais partie d’une grande famille

Mais je suis unique et merveilleux.

Je descends vers la terre.

Le vent me pousse,

Je tourbillonne, je danse dans l’air.

C’est féérique!

Combien de temps suis-je suspendu ainsi,

Balloté entre ciel et terre?

Qu’importe les minutes ou les heures,

je suis heureux!

Pendant ma descente, j’admire le paysage.

Il y a des arbres, des maisons,

Des champs et des buissons.

Ils m’appellent, ils me souhaitent la bienvenue.

Enfin je me pose quelque part.

Lentement, au hasard.

D’autres cristaux me suivent.

Tous ensemble, on s’entasse, on s’amoncelle.

Jour après jour, couche après couche.

Je ne suis plus seul, nous sommes des millions.

Tous assemblés, presque cimentés.

Nous formons une masse solide.

Nous sommes forts et puissants.

Je suis l’infime élément

De cette immense structure,

De cette vaste couverture.

J’ai pour mission de protéger le sol,

De le garder au chaud.

Tout l’hiver je resterai ainsi,

Prisonnier dans cet infini,

Puis au printemps, mon œuvre accomplie,

Je m’évaderai, je serai libéré.

Et vers le ciel je retournerai.

Francine Grimard - auteure - illustratrice - Sorel-Tracy - Québec - le 18 août 2021

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Est-ce que je te l'avais dit ?

Est-ce que je te l'avais dit

Que j'aimais le blanc

Celui de l'ours polaire

Des fleurs sauvages

De la neige

Le blanc qui se marie bien avec les couleurs de Dame Nature

Est-ce que je te l'avais dit

Lorsque tu es né, je t'aimais déjà

Dès le premier regard, tu faisais mon bonheur

Sentir ton souffle, ton cœur qui bat

Pouvoir te prendre dans mes bras, quelle joie !

Est-ce que je te l'avais dit

Que j'aimais partager avec toi, mon frère

Que je me sentais en sécurité lorsque tu me protégeais

Tu es un modèle pour moi

Un frère c'est pour la vie

Est-ce que je te l'avais dit

Que sans toi, je ne serais pas là

Tu m'as fait grandir comme seule une mère sait le faire

Je n'ai pas toujours compris

Je n'ai pas toujours été l'enfant modèle

Mais tu as toujours été là

Est-ce que je te l'avais dit

Combien tu comptais à mes yeux

Combien d'histoires tu m'as racontées

Que tu m'as fait rêver

Grand-mère, je ne pourrai jamais t'oublier

Est-ce que je te l'avais dit

Qu'une amie, c'est l'entraide

Un appel, un souper, une aventure à partager

Que nos routes se croisent ou se décroisent

Qu'importe !

Est-ce que je te l'avais dit

Mon Amour que je t'aimais

Je t'aime à tout jamais

Alors si je ne l'ai pas dit

Eh bien, je l'écris.

Monique Brouillard - retraitée - autodidacte – Saint-Gérard-Majella - Québec - le 6 août 2021

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Ma maman

Vous parlez d'elle juste un petit peu.

Elle est toujours dans mes pensées. M'en souvenir me la ramène un peu.

J'aimerais vous parler de cette petite bonne femme qui avait toujours le sourire même dans les moments difficiles. Dans sa fragilité et sa faiblesse, elle était pleine de courage. Elle avait un si joli sourire avec sa fossette au creux de la joue et ses yeux étincelants ! J'aimerais pouvoir feuilleter de nouveau les vieux albums photos et qu'elle me raconte chacune des histoires.

Qu'elle me dicte les anecdotes, les forces à savoir. J'aimerais lui dire : maman, j'ai retrouvé des photos de pépé soldat. Regarde il est là. C'est lui. J'aimerais partager avec toi toutes les avancées et recherches qui te tenaient à cœur.

J'aimerais vous dire combien elle était belle, douce, aimante et qu'elle me manque toujours. Elle me voulait heureuse, épanouie, aimée. Elle voulait que j'écrive des récits de vie, la sienne aussi. Transmettre aux générations futures tout ce qu'elle m'a appris. Vous parlez d'elle pour que vous puissiez la connaître. Elle était créative et confectionnait nos vêtements, des petites robes à fronces. La reine des confitures. Elle vous aimerait c'est certain, son cœur de maman était grand.

En parlant d'elle, son visage m'apparaît, elle sourit.

Maman je suis fière de la femme que je suis devenue, et d'aimer comme toi de manière inconditionnelle.

Je suis fière d'être ta fille.

© Gaëlle Lavisse - auteure - écrivaine - biographe - poète - ECQUES - Pas-De-Calais - France - le 25 juillet 2021

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Cadeaux à mes amies!

À toi, artiste, photographe, musicienne, peintre, poète, enseignante et écrivaine.

J’aimerais offrir la clarté lumineuse des matins de bord de mer quand les oiseaux piaillent devant leur petit-déjeuner. Tes photos déploieraient l’horizon à perte de vue!

J’aimerais te faire don de notes soufflées par le vent du large qui accorde ses violons afin de concevoir des symphonies de rimes à l’infini.

J’aimerais te faire cadeau de l’audace de l’univers pour les rouges carmin, les orangés et les bleus de Prusse de tes aquarelles, aquarelles qui poseraient fièrement pour la galerie.

J’aimerais te transmettre l’inspiration pour mettre au point le dictionnaire de mots, de mots d’amour poignants comme des coups de foudre. N’es-tu pas la plume qui berce les âmes esseulées?

J’aimerais te glisser à l’oreille les compliments à adresser aux Neil Armstrong de demain qui travaillent d’arrache-pied à découvrir les planètes dans ta classe.

Pour toi, la romancière qui doute, j’aimerais inventer un coffret magique où l’avalanche de situations insolites déboulerait sur le papier et raconterait une histoire abracadabrante. J’aimerais t’insuffler le courage de secouer les exigences, de brasser les consignes et de braver la gêne paralysante afin de libérer ton génie astucieux. Tu as plus d’un tour dans ton sac!

À vous, toutes mes amies artistes, je souhaite des heures fécondes, afin que votre talent naturel prenne conscience de sa richesse.

Osez! Voilà un court mot de quatre lettres qui contient son lot de surprises!

Savourez le moment, l’unique moment présent à chaque instant! le 27 novembre 2016

Louise Gagné - retraitée - Boisbriand - Québec - le 15 juillet 2021

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L’enfant du milieu


Ceci fait référence à une phrase d’un excellent texte de monsieur Raymond Lafrance dans l’onglet Le choix qui parle d’une dame qui était malheureuse parce qu’elle était l’enfant du milieu. Je donne ici ma propre version d’une enfant du milieu.


Depuis toujours, les chercheurs tentent de comprendre pourquoi des enfants, pourtant élevés par les mêmes parents, avec les mêmes valeurs, grandissent si différents. Le psychanalyste autrichien Alfred Adler à qui l’on doit les toutes premières théories sur le sujet au début du XXe siècle avance que ces enfants un peu négligés, ni admirés comme le sont les aînés, mais jamais chouchoutés comme les derniers, tendent à être plus agréables justement parce qu’ils ont moins de pouvoir.

Dans ma fratrie, nous étions sept enfants, j’étais exactement l’enfant du milieu, trois plus vieux, trois plus jeunes. Mon père qui était représentant dans les produits pharmaceutiques a beaucoup investi dans l’éducation de mon frère aîné. Il en a fait un pharmacien parce qu’il aurait voulu l’être. Ma mère était en admiration devant sa fille ainée qui faisait son cours classique. Elle me la citait souvent en exemple. Quant aux deux dernières, elles faisaient l’admiration de tous, elles étaient tellement mignonnes.

En ce qui mon concerne, je n’ai jamais souffert d’être une enfant du milieu. Je n’ai jamais manqué de rien et je n’ai jamais ressenti d’injustice à mon égard. Je n’ai tout simplement pas été surprotégée. Voici comment j’étais et ce que j’éprouvais à l’époque : je ne faisais pas de bruit, je n’attirais pas l’attention, je faisais ma petite affaire, je me sentais un peu transparente, je me voyais comme un témoin, une observatrice de ce qui se passait autour de moi, c’était comme si j’analysais, mais et j’insiste, sans jamais ressentir aucune animosité.

Je crois sincèrement que le fait d’avoir été une enfant du milieu m’a agréablement avantagée. Comme les yeux n’étaient pas sur moi, on n’attendait peu de moi, j’avais donc moins de responsabilités. Je me sentais alors plus libre et plus indépendante. J’ai continué avec bonheur à être ainsi tout au long de ma vie.

Lorraine Charbonneau - Retraitée de la Fonction publique fédérale - Résidente du Marronnier à Laval - envoyé le 9 juillet 2021

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Je suis comblée

Quand j’ai appris qu’un de mes textes avait été choisi pour faire partie du livre C’est à ton tour d’écrire, je n’arrivais pas à y croire. J’ai lu et relu plusieurs fois le courriel qui me l’annonçait pensant que j’avais mal lu ou qu’il y avait eu une erreur.

Soudain, un éventail d’émotions contradictoires m’a envahie, j’étais heureuse mais aussi perplexe et déconcertée. Dans ma tête, j’entendais un bruit confus, des dizaines de petites voix me parlaient toutes en même temps. Après quelques minutes, j’ai réussi à les calmer et à les exhorter à s’exprimer chacune à tour de rôle.

L’une me disait : «Tu dois être fière de toi» → «Oui, bien sûr, je suis fière de moi, mais je suis davantage surprise. Je n’ai écrit que pour moi seule toute ma vie et voilà qu’on va me lire! Il y a de quoi être fière et surprise»

Plus d’une voix se réjouissaient avec moi et m’encourageaient «Tu es meilleure que tu pensais»; «Tu as gagné tes galons»;

«Tu dois te faire confiance» → «N’en rajoutez plus, j’ai lu tellement de beaux textes dans ce cercle d’écriture qui m’ont charmée et émue. Ils valaient amplement les miens».

Il y en même une qui a osé me dire «On n’a pas besoin de te rencontrer pour te connaître, tu es un livre ouvert.» → «À bien y penser, je crois que tu as raison.


Je n’ai jamais pensé que mes écrits seraient lus un jour mais ils expriment bien qui je suis. Je me confie dans mes écrits.

Tout cela pour vous dire que le cercle d’écriture m’a apporté beaucoup. Il m’a donné confiance en moi, il m’a permis d’oser, il m’a permis de me dépasser. Il m’a donné du temps de qualité et beaucoup de joie.

Lorraine Charbonneau – Retraitée de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier, Laval, Québec – Le 1 juillet 2021

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Confidence sans décence

Je n'arrive plus à écrire

La panne sèche, c'est du délire !

Et je m'en fiche, c'est encore pire !

Y'a rien à faire, y'a rien à dire.

C'est comme une source qui s'est tarie

Comme un oiseau tombé du nid

Une partie d'âme qui a pourri

Un bout de cerveau qui est parti.

Et ça fait peur quand on y pense

De constater une telle absence

Un vide profond, une béance

De tous mes mots, un grand silence.

Et puis alors, est-ce important ?

L'écriture, ce n'est que du vent

Une eau qui coule en ondulant

Pour disparaître au fil du temps.

Je vous confie mon abandon

Ma négligente interruption

Ma fainéantise, ma dérision

Tout ce que je déteste au fond.

Pour retrouver ce souffle puissant

Qui vient du fond de mon océan

Et qui jaillit joyeux et scintillant

Pour embellir ma vie, la nourrissant.


Danièle Comparetti - infirmière – Tours – France - ancien blog : hemodyrea.canalblog.com - le 3 juillet 2021

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Confidence et confiance

Confidence et confiance sont synonymes, et l’un ne va pas sans l’autre. Une confidence exige une confiance extrême en la personne à qui elle s’adresse, c’est un secret qu’on partage. Recevoir une confidence est un cadeau précieux offert avec confiance. Tout ne tient qu’à un fil.

Un tel aveu peut prendre l’allure d’un compliment. J’en ai reçu un beau de la part de ma meilleure amie. Ce fut une grande joie, pour moi. Ces paroles sont venues renforcer ma confiance. Je n’ai jamais révélé tous ces bons mots… j’ai trop peur qu’ils ne perdent leur éclat, qu’ils s’épuisent et ne s’évaporent. J’ai donné suite à cette déclaration : « Confidence faite en toute amitié, en toute simplicité. Je l’ai attrapée, pliée, dans mon cœur… serrée, Jamais ne la dévoilerai, de peur qu’elle ne s’évente ». J’y repense souvent. Mon amie est décédée peu de temps après. On en reparlera quand on se reverra. On aura plein de confidences à se faire.

Un jour j’ai révélé un secret à une personne en qui j’avais confiance et qui n’a pas respecté le secret de la confidence. C’est un venin qui m’a été injecté. La confiance est tellement difficile à rebâtir. Ce fut une leçon que je n’oublierai jamais. Il faut mesurer l’impact des révélations qu’on dévoile et y réfléchir à deux fois avant de divulguer des informations. Depuis je suis fermée comme une huître.

La confidence peut s’avérer constructive et peut aussi être destructrice. Car le jugement ne se tient jamais loin derrière. Le jugement est insidieux. Il se forge souvent à partir d’une rumeur fondée ou non, suite à un renseignement qui peut s’avérer aussi faux que vrai. Il est impératif que la confession que l’on transmet soit véridique hors de tout doute avant de la propager. Sinon la confiance sera altérée à jamais.

La confidence peut aussi se révéler sous la forme d’une promesse. Une promesse est un engagement solennel qui se marie à la confiance. La prudence s’impose quand on fait une promesse… parfois des impondérables hors de notre contrôle nous empêchent de tenir parole. Maintenant je ne promets plus. Je fais tout en mon pouvoir sans promettre.

Mine de rien certains peuvent parler à tort et à travers et tenter de nous tirer les vers du nez pour nous amener à la confidence afin de soutirer des informations qui peuvent servir leur besoin de potinage. Soyez sur vos gardes quand quelqu’un vous dit : « Je vais te faire une confidence, mais il ne faut pas la répéter ». Déjà le secret absolu est terni. Il s’est échappé du bout des lèvres et n’est déjà plus secret. Il arrive que confidence rime avec médisance.

En amitié, la confidence peut venir alléger un cœur lourd. En amour, elle se murmure à l’oreille tel un secret.

Entre vous et moi, en toute confidence je soupçonne qu’être dans la confidence est un privilège et préserve la confiance.

C’est un présent à conserver précieusement.

Odette Gilbert-Soucy - Autodidacte - Artiste - Facebook Gilod - Les Méchins - Québec - le 1er juillet 2021

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