Le don

Au nom de leurs pleurs

Leurs cœurs en charpie, leurs âmes meurtries

Ils pleurent leurs manques affectifs encore aujourd’hui

Cette pénible enfance qui les perturbe depuis si longtemps

Les empêchant encore de vivre leur vie sereinement

N’ayant eu la maman qu’ils désiraient, qu’ils méritaient

Car leur génitrice est une femme pingre, paresseuse, despotique

Voulant tout dominer et être le centre d’attraction perpétuellement

Étant toujours prête à toutes les horreurs pour le rester

N’ayant que ses intérêts financiers et d’égo comme motivation

En ayant pour excuse une naissance indésirée

Comme malheureusement tellement d’autres aussi

Tout ce mal pervers ancré dans le cœur de ses enfants

Les habite et les obsède encore à un âge avancé

Et leur père vieillissant, aimant et si dévoué

Qui les a voulus et tant aimés et a tout fait pour les aider

Ayant tenu vaillamment les deux rôles, depuis leur naissance, sans juger

Se voit aujourd’hui critiqué, tassé par certaines, ignoré, comme oublié

Car cette femme si opportuniste et toujours inoccupée

Ayant encore tout son temps comme avant

Puisqu’elle a décidé de vivre seule et très enrichie

Laissant son conjoint meurtri, accablé, désargenté et très endetté

S’occupe sournoisement à le critiquer, à le discréditer

En visitant maintenant régulièrement ses enfants

Qui ont essayé en vain toute leur vie durant

De sentir de sa part un peu d’attention, d’affection

Voulant hypocritement s’informer de leur vie

Pour pouvoir trafiquer leur histoire familiale à son profit

Jalouse de leur amour filial envers leur père aimant

Voulant nourrir cette rage folle qu’elle porte et materne journellement

Mais le temps ironiquement joue pour elle maintenant

Car son départ si bien organisé, depuis tant d’années

Est venu embuer bien des souvenirs, des blessures, des cassures

Qu’elle leur avait sauvagement infligés jour après jour

Enfant, les négligeant ou les terrorisant selon ses humeurs du moment

Par égoïsme, frustration, cruauté et despotisme

Leur père ayant cru pouvoir pallier et combler leurs manques

Attend patiemment que ses enfants se consolent et guérissent

Ne pouvant qu’être disponible avec amour, délicatesse et respect

Quand arrêtera cette douloureuse quête de l’amour maternel avorté et tant magnifié ?

texte écrit en 2004


Marie-Claire Warnant-Fassbender - retraitée (adjointe administrative) - Magog - Québec - texte écrit le 9 septembre 1999 reçu le 5 juillet 2021

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