La langue française

La langue française et la gent féminine


La langue française regorge de clichés sexistes. La langue est un miroir culturel. Elle se fait l’écho de préjugés et de stéréotypes véhiculés dans la société. Le masculin l’emporte toujours sur le féminin.


Un grammairien de l’Académie française, Nicolas Beauzée (1717-1789), enfonce le clou en justifiant cette règle: «Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle».


L’Académie française a accepté une première femme en son sein en 1980 alors qu’elle fut fondée en 1635 : Marguerite Yourcenar (1903-1987) femme de lettres française. Des quarante immortels de l'Académie, on ne compte que six immortelles.


Le mot homme désigne l’individu et l’humanité. Le mot femme a une connotation sexuelle, personne de sexe féminin et la renvoie à son rôle d’épouse et de mère. La femme non mariée est une demoiselle et la femme mariée, une «madame». On précise l’état civil de la femme alors que l’homme «Monsieur» en est exempté.


Un courtisan est un homme que l’on voit auprès d’un roi. Mais une courtisane a un métier bien spécifique. On peut en dire autant d’un entraîneur qui entraîne les sportifs et d’une entraîneuse. Également un homme facile est un homme agréable à vivre tandis qu’une femme facile.... Un péripatéticien est un philosophe, et une péripatéticienne, c'est tout autre chose. Et je pourrais continuer avec un gars et une garce, un gueux qui vit d’aumônes et une gueuse (prostituée), puis le paveur, un homme qui fait des trottoirs par rapport à la femme qui fait le trottoir ou du maître qui est un patron mais la maîtresse ... Comment expliquer que des mots deviennent dégradants lorsqu’ils changent de genre?


La langue française n’est pas tendre envers la gent féminine. Dans l’expression «se faire violer», il y a l’idée de quelque chose de volontaire comme se faire opérer, se faire épiler ou se faire tatouer…. «Tomber enceinte» est un peu péjoratif, c’est comme si l’on ne voulait pas de cet enfant. Tomber, faire une chute, se tromper, ne pas faire attention.


Certains noms de professions se prêtent mal à la forme féminine : médecin, ingénieur, chauffeur, professeur, cultivateur, pêcheur, commandant… Au Québec, on a une longueur d’avance sur la France et les autres pays francophones dans la féminisation de la langue, mais on a encore beaucoup de chemin à parcourir.


Cela dit, la langue française «est une langue belle avec des mots superbes» comme le chante Yves Duteil, chanteur auto-compositeur-français (1949 - ). Elle possède tous les mots nécessaires pour refléter l’égalité des sexes. Ce serait plutôt plus juste de dire que c’est la société qui est sexiste. La langue est le reflet de ce qui est véhiculé dans la société, elle cadre les schémas de pensée des gens.


Il y a presque autant de femmes que d’hommes dans le monde, il serait normal qu'elles soient aussi bien représentées que les hommes dans notre langue.


J’avais besoin de m’exprimer sur le sujet.


Lorraine Charbonneau – Retraitée de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval – envoyé le 27-03-2022

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La main

Parmi les différentes mesures prises pour lutter contre l'épidémie du coronavirus, il est demandé de ne pas se serrer la main.

Par contre, il est possible, et c'est même recommandé, de se serrer les coudes. Il ne faut donc plus tendre la main, ne plus faire des pieds et des mains, seulement des appels du pied afin de garder les mains libres.

Si vous êtes à la tête d'une association et que vous vouliez vous retirer, impossible de passer la main ; certes, il reste la solution de vous faire sortir à coups de pied dans l'arrière-train mais ce n'est pas très élégant et l'on peut très vite en venir aux mains.

Pour les amoureux qui ont le cœur sur la main, il est illusoire de le donner, ni même de le partager : les mariages vont tomber en désuétude car plus personne ne fera une démarche pour demander la main de l'être aimé.

Autre conséquence grave pour la démocratie : désormais la politique de la main tendue est vouée à l'échec, être pris la main dans le sac sera moins grave que de donner un coup de main.

Bien sûr, la main gauche doit ignorer ce que fait la main droite mais si elle a donné de l'argent de la main à la main, il sera nécessaire de lui passer un savon. C'est dans la tribulation qu'il convient d'être fort, l'épidémie génère un sentiment de peur : la solution ?

- S'en laver les mains ou prendre son courage à deux mains, surtout en mains propres.

- Dans le cas d'une main baladeuse, aller à la police et déposer une main courante.

- Se prendre en main ( ça ne risque rien ! ). Au revoir et à 2 mains. (à demain)

Texte publié en juin 2020 dans le journal "Le Petit Journal" Gascogne, Save et Garonne, St-Paul-sur-Save, Haute Garonne et déposé sur ce site le 15 décembre 2021 et proposé par Michaël Blauwart

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Aux origines de l’accent québécois

En arrivant en Nouvelle-France en 1756, le marquis de Montcalm s’exclame : «Les paysans parlent très bien le françois».


En 1973, lors d’un séjour en France, personne ne me comprend. Je dois épeler mon nom, répéter ans arrêt. Pourtant mon nom est tout simple : Diane Leblanc. Que s’est-il passé?

Tout s’est joué dans une période d’environ 40 ans, entre 1790 et 1830, suite à la Révolution française.

À cette époque en France, 20 % de la population parle français. Lorsqu’un homme veut venir en Nouvelle-France, il doit se rendre dans une ville portuaire où le français est la linga franca. Le départ des bateaux étant rare, les futurs colons doivent apprendre le français en attendant de s’embarquer. Cela pouvait durer des mois, voire des années. Ainsi, il devient aussi la linga franca dans la colonie.

En 1756, en Amérique du Nord éclate la guerre de sept ans (1756-1763). Les Anglais rêvent de conquérir la colonie française, y mettent les moyens, et remportent la victoire sur les Plaines d’Abraham. La coutume pour le perdant est de dédommager le gagnant, souvent en s’échangeant des colonies. Les Français doivent choisir entre la Nouvelle-France et les Antilles avec leurs denrées très recherchées : café, cacao, canne à sucre, etc. Ils ont choisi de nous donnent aux Anglais.

Notre petite élite ainsi que marchands, militaires et enseignants quittent la colonie. Il ne reste que le clergé et les paysans. C’est le début d’une longue coupure avec la mère-patrie. Cela entraîne une chute majeure du taux d’alphabétisation transmise surtout par voie orale.

Survient la Révolution française en 1789 et l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle classe sociale : les bourgeois fortunés/éduqués. Leur vocabulaire et prononciation diffèrent de l’élite renversée qui considère moa et toa comme vulgaire, moé et toé étant la norme.

Les révolutionnaires s’engagent à unifier la nouvelle nation avec l’enseignement massif du français pour favoriser l’égalité d’accès à la réussite; bannis sont les patois/dialectes. On affiche les édits en français qui devient en plus la linga franca des soldats de l’armée napoléonienne. La nouvelle élite politique cherche à se distinguer de la noblesse en parlant comme l’écrit, contrairement aux nobles avec un écart entre l’oral et l’écrit. Elle devient un moteur de changement linguistique. La langue connait une évolution spectaculaire en peu de temps, dont nous sommes exclus. Le français parlé par l’élite aristocratique, dit de l’Ancien régime, tombe en disgrâce.

Un Étatsunien vivant au Québec revenant d’un séjour en France vers 1842, s’exclame : « Vous parlez très mal! ». On est sous le choc! « Comment ça, on parle mal, depuis quand? » On découvre qu’en France on parle différemment de nous. À l’époque, le français n’était pas n’importe quelle langue. Il reflète la culture d’une nation parvenue à son apogée qui projette ses lumières dans toutes les nations Europe. Mal la parler est un crime de lèse-majesté.

Les francophones hors Québec parlent comme les révolutionnaires et nous, nous parlons comme Voltaire (1694-1778).

Source Méchante langue : La légitimité linguistique du français parlé au Québec, Chantal Bouchard, 2011


© Diane Leblanc - Autrice et conférencière - dianeleblanc309@gmail.com - Brossard - Québec le 8 juillet 2021

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Les bizarreries de la langue française

Je me suis amusée à chercher sur Internet les bizarreries de notre belle langue. En voici quelques-unes :

Quand un homme se meurt, on dit qu’il s’éteint.

Quand il est mort, on l’appelle feu.

Comment peut-on dormir sur ses deux oreilles?

Comment peut-on couper les cheveux en quatre?

Pourquoi remercier son employé lorsque l’on n’est pas satisfait de ses services?

Pourquoi parle-t-on des quatre coins de la terre alors qu’elle est ronde?

Pourquoi lave-t-on une injure?

Et essuie-t-on un affront?

Il est sourd comme un pot. Un pot a-t-il des oreilles?

Pourquoi avons-nous parfois l’estomac dans les talons?

Et le compas dans l’œil?

Peut-on échapper ses lunettes dans la lunette de la toilette?

Pourquoi appelle-t-on coup de grâce, le coup qui tue?

Pourquoi dit-on d’un pauvre malheureux qu’il est dans de beaux draps?

Quand quelqu’un dit : Je viens de louer un appartement. Qui parle, le

propriétaire ou le locataire? Les deux peuvent le dire.

Pourquoi le bruit transpire-t-il avant d’avoir couru?

Pourquoi quand l’on veut avoir de l’argent devant soi, faut-il en mettre de

côté?

On passe souvent des nuits blanches quand on a des idées noires.


Apprécions la richesse et le pittoresque de notre belle langue française!

Lorraine Charbonneau – Retraitée de la Fonction publique fédérale – Résidence du Marronnier, Laval - Québec – le 12 mai 2021

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