L'espoir

Douceur, que le vent t'emporte

Assise à ma fenêtre, je jette un regard à l'extérieur. J'y vois un sapin couvert de neige, cocottes pendantes. J'entends le vent qui siffle. Je sens que l'air est glacial. La douceur du printemps n'est pas à nos portes.

Au loin, le son de la télévision m'interpelle. Ces jours derniers, les nouvelles de pays en guerre se font entendre. Des gens vont en souffrir, en mourir. La vie se heurte à des divergences d'opinions. La douceur ne frappe pas à leurs portes.

Dans ma maison, la chaleur du foyer monte à l'étage. Je me sens en sécurité. Bientôt, il sera l'heure de préparer le repas. Ensuite, j'irai visiter ma mère qui vit dans une résidence pour personnes âgées. Je lui apporterai un peu de ma douceur.

Une pensée me retient de savourer ce moment, car partout dans le monde, il y a des gens qui souffrent. Des personnes malades, sans abris, sans aide, des personnes vivant seules. Douceur où te caches-tu?

Je ne sais pas comment faire. Pourquoi ne pas créer une capsule qui adoucirait le temps? J'aimerais faire en sorte que la douceur soit contagieuse et qu'elle se répande comme une pandémie. Oh! Une idée me surgit. Dans mon jardin, ou le long des chemins, je pourrais peut-être y semer de la douceur.

Douceur, douceur, répands-toi. Adoucis nos vies. Où que tu sois, où que tu ailles, tu seras à ta place. Le monde a besoin de toi. Que le vent t'emporte!

Monique Brouillard - retraitée - autodidacte – Saint-Gérard-Majella - Québec le 26 février 2022

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Les souvenirs

Les souvenirs sont un écrin infini qui ne se referme jamais

C'est tout un firmament de vécu infini, avec peu d'ascensions glorieuses

Mais on garde le meilleur

C'est du soleil dans le cœur !

C'est la raison de vivre !

On forme un souhait, il doit s'accomplir !

Croire en cette chimère est une consolation

Fleur d'espoir dont la grâce tendre est douce à l'âme triste

La vie est si courte, et le rêve si grand

C'est la loi de ce monde et notre destin.


Nicole Hannebique - retraitée - femme au foyer - Achiet le Petit - Pas-de-Calais en région Hauts-de-France - France - le 15 juin 2021

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Rien ne sera plus comme avant


Je chemine et accueille les joies, les peines, les doutes et multiples épreuves. Je garde en moi cette flamme et foi à toute épreuve, comme une ceinture autour des reins. Avec toujours en tête cet évangile de Matthieu, de quoi aurais-je crainte, même les oiseaux ne meurent pas de faim, la nature y pourvoit. D'où certainement ma grande affection pour les êtres ailés et à plumes. : Ne vous inquiétez pas (…) Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ou encore un conseil maintes fois répété dans la Bible : « Soyez sans crainte »… En tous cas, c’est à vérifier.

J'étais revenue depuis quelques années dans le village de mon enfance, avec différents souvenirs qui m'habitaient. Je m'enfermais dans l'ombre du passé laissant quelques rayons de lumière m'atteindre tout en voulant les contrôler. Il m'a fallu apprendre et grandir après le départ dans un autre monde de ma maman.

Je devais ouvrir les yeux et prendre conscience que ce retour aux sources n'était pas si bénéfique pour moi, bien au contraire. J'ai connu la division, l’isolement, le jugement.

Aujourd'hui j'ai accepté, j'ai grandi et je sais que rien ne sera plus comme avant. Je garde les souvenirs de mon enfance et leurs doux parfums, mais je passe de l'ombre du passé à la lumière de l'avenir. J'ai quitté la grisaille pour le soleil et la verdure, laissant ce dernier m'éclairer, me réchauffer. Cette lumière est-elle spirituelle?

Que la lumière soit! Est-ce Dieu qui m'a fait quitter l'ombre qui m'entourait en faisant du forcing? En emménageant dans mon nouveau logement qui n'est autre que l'ancienne école Sainte-Marie, j'ai signé le bail le jour de la Saint-Joseph, bien entourée par la Sainte-Famille qui guide mes pas.

Une nouvelle vie s'annonce. Elle m'a appelé à différencier l'ombre de la lumière, à faire confiance en l'avenir, à le dire, l'écrire, le poétiser. Le fait d'être expulsée, d'être mise dehors que ce soit de la maison (par sa rupture de bail pour la vente) ou du village en ne couvrant plus les manifestations parce que la mise en lumière de certaines vérités n'étaient pas accueillies d'un bon œil. Quitter la noirceur du mensonge pour le blanc immaculé de la vérité.

J'ai été amenée à me projeter de manière forcée. Projeter vient du vieux français signifiant jeter dehors ou à terre. Cette année écoulée fut difficile à proprement parler dans tous les sens du terme, avec la fatigue de se battre en y laissant quelques plumes. Dans cette lutte, j'ai été mise à terre, jusqu'à ce que j'accepte et que je finisse par m'interroger : que dois-je faire?

Être ce que j'ai projeté d'être.

Alors plutôt que de se battre contre les difficultés et la souffrance avec son lot de conséquences, de questions, j'ai décidé de me battre avec elles; et aussi bizarrement que cela puisse paraître, on développe des trésors d’ingéniosité laissant apparaître des réponses d'un coup de baguette magique. La vie évolue toujours, et l'esprit et la volonté en sont les moteurs. Nous sommes nos propres freins. Pourtant notre voie est déjà tracée.

Nous sommes tous invités à être (hêtre), tel l'arbre, à s'enraciner, à être solide, avoir de bonnes racines, grandir, et transmettre notre sève.

Que la lumière soit… pour nous sortir de l'ombre.

© Gaëlle Lavisse - auteure - écrivaine - biographe - poète - ECQUES - Pas-De-Calais - France - le 6 juin 2021

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