Le deuil

Il est parti


Un jour du mois d’août

Il nous a quittés pour toujours.

Notre cœur s’est rempli de chagrin

On croit que c’est la fin.

Mais c’est seulement un départ

Un voyage à part.

C’est prendre un autre chemin

Un terrain inconnu, c’est certain.

C’est l’entrée dans un nouveau monde

Là où l’on reçoit des bonnes ondes.

C’est un endroit calme et serein

Que l’on souhaite paisible dès le matin.

C’est obligé de se détacher

De sa présence depuis toutes ces années.

Chacun laisse des traces de son passage,

Quel que soit son âge.

C’est un moment si difficile

Pour les proches et la famille.

Laisser partir un être bien aimé

Prend du temps pour le réaliser.

Ne plus l’avoir à ses côtés

Cela paraît impossible à accepter.

La douleur

N’a pas de couleur.

Ce départ fait de la peine

À travers toutes les veines

Les mots nous manquent

Mais les pensées dansent.

Les mots de soutien

Nous font du bien.

Son âme s’envole

Comme un oiseau s’envole.


Comme un baume cicatrisant

Un poème peut être réconfortant.

Que cette période éprouvante

Conduise vers l’apaisement.

La lumière d’une bougie

Éclaire le paradis.

Quand elle s’enfuit

Elle ne fait pas de bruit.

Mais on peut la rallumer

Avec les souvenirs de moments partagés.

Après, une étoile s’allume

Dans le ciel sans brume.

Elle brille tout là-haut

Pour nous tenir chaud.

Il est parti

C’est le début d’une autre vie.

Cécile Chancerel - joaillier créateur de bijoux uniques - La Baule - Presqu'île de Guérande - France - le 29 août 2022

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Oraison à mon père, décédé le 2 novembre 2020

« Non je ne suis pas triste de ta disparition ! Car, en mourant à 94 ans, tu me donnes l’espoir de profiter encore de la vie pendant vingt-deux ans, mon héritage. Je suis fâché seulement de ne pas avoir su te questionner davantage sur ta vie, tes aventures, tes amours.


Je suis fier que pour payer tes études tu n’aies pas hésité, en 1945, à t’engager dans l’armée. Mais tu n’as jamais compris pourquoi tu as été enrôlé dans cette guerre en Indochine (1).


Quelques années plus tard, je vivais les plus belles années de mon enfance en Afrique. Tu m'as laissé découvrir la liberté, l’école buissonnière dans la brousse, puis un protecteur, Jean, à qui tu as donné la mission de m'aider dans mes explorations . Je suis parti avec toi sur les pistes à travers le Mayombé (2), au Congo Brazzaville (3), et bien d'autres escapades.


À notre retour en France, après 10 années de vie sauvage, j’ai partagé chacune de tes passions le jardinage, le verger, la cueillette de champignons, qui nous a menés dans les bons coins remplir nos paniers de girolles, de cèpes et autres rosés des prés dans les émanations de la forêt humide et de ses nouveaux chants d’oiseaux.


Tu es toujours à mes côtés quand je suis au potager chez nous, ou bien dans le boisé. Je concocte tes liqueurs de fruits rouges, des conserves de légumes, la culture de tes fleurs préférées.


Tu n’as jamais remis en question mes circumnavigations, mes amours, ma passion des arts, le choix de vivre dans un autre pays, car tu me disais « qui prend femme prend pays ».


Tu as été à mes côtés avec des paroles de bienveillance pendant mon lymphome et à chaque instant de ma vie, tu l’es encore à ce jour pour toujours. Ton cancer n'a pas eu raison de toi, pas une lamentation, aucun regret, tu es mon papa, mon parangon (4) où sont gravés « des mots simples, une vie simple» ta devise.

1) Indochine : ancienne colonie Française devenu le Vietnam

2) Mayombé : https://en.wikipedia.org/wiki/Mayombe

3) Congo Brazzaville : ex colonie française AEF (Afrique équatoriale française)

4) Parangon : personne admirable. C'est aussi une pierre; le marbre de parangon Égypte et Grèce


Dominique-François Rochefort - peintre-graveur - Sorel-Tracy - Québec - le 21 décembre 2021

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Les deuils de la vie….

Il y a plusieurs sens au mot deuil. En lien avec le dictionnaire Larousse, je m’intéresse au sens de l’expression suivante pour cet écrit. On entend souvent les mots suivants : « Faire son deuil de quelqu’un, de quelque chose ». En effet, cette expression prend force à l’âge d’or où on fait un deuil quasi à chaque jour.

Loin de moi l’idée que les jeunes n’aient pas aussi des deuils à faire…deuil d’un ami, d’une peine d’amour, d’un échec, etc…L’âge adulte comporte des deuils qui blessent profondément.

Faire son deuil, c’est renoncer, se résigner à être privé de…. « Il a fait son deuil d’un voyage de rêve », « Je fais le deuil de ma santé », «Il faut cesser un sport quelconque en raison de sa santé », «Faire le deuil de sorties avec les amies », etc.

L’accès dans ce que j’appelle le couloir des deuils se fait quand on avance en âge, et une fois dedans, il m’apparaît difficile de reculer. Tous ces deuils qui se présentent à nous se font tout bonnement chez les aînés retraités et mettent non pas du piquant mais de le tristesse de ce que l’on n’a plus. Je sais, il ne sert à rien de s’apitoyer sur son sort. Il faut constamment travailler sur «bien apprécier ce que l’on a», au lieu de se centrer sur ce que l’on a plus.

Travailler sur ce que j’aie, implique une façon, que j’ose dire, plus positive de vivre un deuil. Par exemple : je ne peux plus voyager au soleil alors je reste dans ma province. Il faut remplacer ce que l’on a plus par ce que l’on a, et à retirer du plaisir par une nouvelle activité. Cela implique un travail énorme à pratiquer tous les jours.


Gardons le sourire et ajoutons des fleurs dans le couloir des deuils…..

Madeleine Faucher - retraitée en psychologie – Plessisville - Centre du Québec - le 16 septembre 2021

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J’ai mal partout….


À chaque matin, je me réveille avec de la douleur partout. Je me pose souvent les mêmes questions : Est-ce que je vais marcher ce matin ? et surtout comment mon corps va-t-il réagir ? La seule réponse que j’ai : Lève-toi et tu verras ?

Pour vous situer, j’ai la maladie de Parkinson depuis environ 10 ans. Je vis avec elle et elle occupe 100% de mon temps. Je suis sa prisonnière. Elle me contrôle.

Bien sûr, j’ai maintenant passé l’étape du choc et du trauma, à l’annonce de cette maladie. J’ai également, je pense, dépassé l’étape du déni même si cela m’arrive encore et l’étape de l’expression de toute la gamme des émotions reliées à cette maladie, soit la colère, l’impuissance, la tristesse, etc. Résignée…je vis depuis la présence de cette maladie, de ses effets et ses limitations dans ma vie.

Deux autres étapes, soit l’acceptation et la reconstruction de soi-même, suivent. Je pense qu’elles sont des points de repères non linéaires et ni absolues pour tous.

En fait, ces étapes sont les mêmes que celles d’un deuil d’un être cher. Que l’on pense deuil causé par la perte d’un proche, suite à un accident ou à une maladie… un deuil demeure un deuil !

En ce qui me concerne, il s’agit du deuil de ma santé et de ses effets dans ma vie de tous les jours : retraite, diminution de mon autonomie, lieu de vie, etc…

Ma démarche personnelle consiste en :

1) accepter la maladie (en paroles et en actions);

2) me résigner, m’abandonner, j’ose dire et écrire, lâcher prise, c’est-à-dire m’intéresser à autre chose qu'à la maladie et ses effets, éviter de placer toute mon attention sur elle;

3) acceptation spirituelle : c’est-à-dire accepter la volonté de Dieu, me rappeler que je suis un enfant de Dieu, et prier, etc…;

4) regarder le beau, le bon, la nature et ses beautés c’est-à-dire reconnaître ce que j’ai, et non ce que je n’ai pas, diminuer la colère et l’inacceptation de la maladie, etc…;

5) retrouver une certaine paix, sérénité c’est-à-dire me reconstruire une vie, non pas aveuglément mais comme une personne reconstruisant son identité en tenant compte des limites de cette maladie.

J’en suis là, je pense. Ne croyez pas que les étapes décrites dans ma démarche personnelle sont les mêmes pour tous. De plus, elles ne se déroulent pas de façon linéaire et absolue. Je fais souvent un pas en avant, et ensuite deux en arrière. C’est un éternel recommencement. De plus, il est important d’avoir le soutien et l’appui de personnes significatives autour de nous. Je termine par quelques citations, à mon humble avis, aidantes :


Parfois se faire plaisir, s’offrir un petit caprice, surtout s’il n’est pas très raisonnable, c’est bien agréable. Catherine Rambert.

Parce que parler de ses peines, c’est déjà les consoler. Albert Camus.

La vie n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie. Sénèque.

Madeleine Faucher - retraitée de la psychologie - Plessisville - Centre du Québec – le 2 juillet 2021

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