L'inusité

Les quêteux, histoires vécues.

Par chez nous, ma mère avait la réputation de toujours accueillir chaleureusement les quêteux. D’année en année, il y en avait un qui ne manquait pas de nous visiter: un bel Acadien au parler savoureux, environ 50 ans. Il arrivait en après-midi vers les 4 heures, fin septembre ou début d’octobre.


Ses vêtements propres et propre de sa personne. Il avait un très gros baluchon. Au fil des ans, il était devenu un habitué et en arrivant il embrassait affectueusement ma mère. Elle l’aimait beaucoup et elle s’en faisait une joie de le recevoir.


Nous aidions à l’installer dans le hangar où il y avait un poêle à bois pour donner de la chaleur. Il y avait tout ce qu’il fallait pour se faire une toilette et nous les enfants avions le plaisir de le regarder de se laver ses beaux grands cheveux, poivre et sel, et sa belle barbe bien taillée.


Il n’était pas long que son arrivée chez-nous était sue par les voisins et plusieurs savaient que durant la soirée notre Acadien raconterait ses histoires toujours très appréciées de tous. Il était un conteur extraordinaire et si intéressant. Donc, le hangar se remplissait le soir venu par des dizaines d’admirateurs. Humoristiquement, il racontait ses aventures telles que ses traversées en Europe: soit en fond de cale, soit comme un matelot qui a réussi à se faire engager comme matelot. Ses vagabondages en Afrique. Il pouvait tout faire pour subvenir à ses besoins et même réussir à mettre un peu de sous de côté. Il pouvait se débrouiller en différentes langues. Il nous épatait et nous faisait rire par des expressions en allemand. Salut l’Acadien!

Le Gaspésien.


Celui-ci nous arrivait aux deux ans environ. Pourquoi? Selon ses dires et récits, c’est qu’il se déplaçait dans toute l’Amérique du Nord. Canada et USA. Il n’était pas d’une apparence bien avenante: grand, squelettique, avec une longue queue de cheval sur le derrière de la tête. Il ne donnait pas l’impression qu’il était propre; pourtant il sentait bon et avait un merveilleux sourire dégageant des dents exceptionnellement blanches. Teint buriné par le soleil, il était tout de même chaleureux et avait une poignée de main sincère.


Travaillant, habile, il avait tout ce qu’il fallait pour aiguiser les outils et couteaux: surtout les scies et tout ce qui coupent. Il était un très bon conteur, drôle, fantaisiste. Tous l’aimaient bien et l’appréciaient surtout lorsqu’il parlait en employant des mots de son patois. Pour nous les enfants, c’était de la grande visite toujours agréable et divertissante.

Gilles Capistran, autodidacte, Longueuil. 28 septembre 2022

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La robe de mariée

C'est l'histoire d'une petite robe de mariée. Mais qu'aurait-elle à raconter ? Depuis tant d'années, elle est emballée soigneusement dans du papier de soie pour la protéger. Elle se repose avec son bouquet, et les perles fleuries pour les cheveux, la jarretière et autres artifices de ce jour lointain, dans un carton au grenier. Elle a ainsi gardé sa blancheur immaculée, et son côté satiné, toute simple mais parfaite pour la jeune fille qui allait la porter.

L'émotion était déjà vive lorsqu'elle m'avait enfilée pour l'essayage. Je me souviens de ce jour ensoleillé de mai, lorsqu'elle a passé le seuil de la porte de la boutique spécialisée où je l'attendais. C'est sur moi qu'elle a posé son regard bleu-gris, elle avait des étincelles et un air malicieux dans les yeux. Je pense qu'on était fait l'une pour l'autre, c'était elle que j'attendais. Cette jeune fille de 18 ans et quelques mois, jeune maman avec un regard profond et plein de questions. C'est alors que je me vis dans ses rêves d'enfant, ses rêves les plus tendres lorsqu'elle rêvait de contes de fées, ou lorsqu'elle jouait à la corde à sauter, ou à la balançoire et que ses jeux tournaient à : à quel âge je me marierais, le prénom du prétendant, le nombre d'enfants, et il s'ensuivait des images et des rêves avec comme finalité : ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. On dit toujours que la robe fait la mariée, une robe pour une vie à venir, il fallait surtout bien la choisir.

J'étais une petite robe bustier en satin blanc avec une jupe ample posée sur un arceau comme une marquise. Sa forme cachait ainsi ses rondeurs de maternité récente. Au fur et à mesure, j'ai senti qu'elle prenait une nouvelle identité, l'identité d'une jeune mariée avec des fleurs dans les cheveux tressés du matin même. Je ressentais une émotion intense, un mélange de joie et de tristesse, elle qui était si radieuse, il me semblait la voir s'éteindre. Mais j'ai compris quelque chose pendant la cérémonie, je me devais d'être à la hauteur de robe de mariée pour elle. Elle n'était pas une mariée comme les autres, ce n'était pas un mariage comme les autres, il prenait une tout autre dimension.

©Gaëlle – Bernadette Lavisse - auteure poète écrivaine - biographe Hauts de France 62 - le 4 septembre 2022

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L’ère du Verseau

Il semblerait que nous serions en train de passer de l’ère des Poissons à l’ère du Verseau. Une ère durerait plus ou moins 2000 ans. À chaque changement d’ère s’installeraient de nouvelles valeurs.

Les deux mille ans passés ont été marqués par les valeurs du signe des Poissons qui symbolisaient l’adhésion à la foi, foi souvent aveugle, car souvent basée sur la crédulité. Cela s’est traduit dans les faits par une forte influence de la religion. La science a été longtemps sous la coupe des religieux, on n’a qu’à penser à Galilée. Le signe des Poissons a produit des philosophes et des religieux exceptionnels, mais aussi des personnes qui cherchent à s’évader du monde matériel à travers les sensations apportées par l’alcool, la drogue ou par l’adhésion d’une secte. La superstition et la foi aveugle supposaient qu’il fallait souffrir pour gagner son ciel. Ces influences étaient, semble-t-il, nécessaires au processus d’évolution. Les personnes d’un certain âge ont connu cette période obscurantiste.

L’ère du Verseau que nous traversons va supposément apporter sur cette terre l’accès au stade supérieur de la personne et serait tournée vers la solidarité, l’écologie et les nouvelles technologies.

Comme le Verseau est un signe d’air, scientifique et intellectuel, il est à prévoir que l’ère du Verseau verra l’alliance de la religion et de la science à un tel point que la science deviendra religieuse et la religion scientifique, chacune respectant et apprenant des découvertes de l’autre.

Vers la fin de l’ère des Poissons, on a pu constater qu’il s’est produit un changement très marqué dans tous les domaines de la pensée. Considérons seulement les inventions du siècle passé jusqu’aux nouveaux mécanismes des plus complexes pour les voyages dans l’espace.

Il est à noter aussi les rapides progrès de tous les mouvements de la pensée en matière religieuse, qui remplace les vieilles croyances. L’ère du Verseau apportera, semble-t-il, une ère de fraternité universelle où nous verrons s’effondrer les barrières raciales.

On est en droit d’en douter quand on pense à l’effondrement des tours du World Trade Center au début du XXIe siècle et qu’on réalise ce qui se passe actuellement entre la Russie et l’Ukraine, entre la Chine et Taïwan, au régime des talibans en Afghanistan.

Nous tentons toutefois d’y arriver avec l’ONU, les Casques bleus qui ne font plus la guerre mais tentent d’établir la paix, l’Union européenne, le tribunal international, les Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, Greenpeace, Amnesty International, etc.

Peut-être que l’humanité a besoin de crises pour changer sa trajectoire et reconnaître ses erreurs et ses incohérences. Si l’ère du Verseau en est une d’harmonie retrouvée, nous en sommes encore loin. Il faut croire que la phase de transition entre deux ères peut être assez longue. Les seules voies possibles vers un avenir meilleur pour l’humanité sont celle de la bonté, de la tolérance et de la générosité. C’est elle seule qui décidera de son sort.

Lorraine Charbonneau - fonctionnaire de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval – envoyé le 24 août 2022

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Changer de tête, quelle drôle d’expression!

Au détour d’une petite conversation, j’ai lancé cette expression « ça fait du bien de changer de tête ». Mais comment cela est-il possible ? changer de tête, tout en la gardant…

Pourtant, avec l’arrivée du soleil, je pense ne pas avoir été la seule à avoir eu cette envie, ce sentiment inexplicable et soudain. Ça nous prend d’un coup comme ça. On se lève le matin et on se dit : non là ça ne va plus, il faut qu’on change de tête. Est-ce parce que la chaleur nous envahit et que l’on a envie de s’ouvrir à un possible bonheur, une rencontre avec soi pour simplement se plaire et se sentir bien.

Est-ce pour s’offrir un nouveau visage comme on ouvre un nouveau livre avec une tout autre histoire ?

Comme si le fait de passer chez le coiffeur chasserait toutes nos périodes moroses et nous apporterait un vent de bonheur; les cheveux, cette extension de soi, de notre âme, de nos pensées. Ces cheveux, antennes qui captent toutes les ondes bonnes et mauvaises. Et si les cheveux, la coupe, ou la couleur, ou la forme qu’on leur donne, étaient une expression, un langage. Lorsqu’on ne se reconnaît plus, que le reflet dans le miroir ne nous parle plus, qui est ce visage ? il m’est à ce point étranger. Alors on appelle le coiffeur, et on espère qu’il se transforme en magicien pour nous chouchouter, l’espace d’un instant. On lui donne alors le pouvoir de nous rendre plus beau ou plus belle. Quelle grande mission, il ne faut pas la rater, sinon bonjour la déception. Une nouvelle coiffure permettra sans doute d’aller de l’avant, d’être plus heureux, du moins en apparence.

©Gaëlle – Bernadette Lavisse - auteure - poète - écrivaine biographe - Hauts-de-France 62 - le 9 juillet 2022

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Mes amis imaginaires

Quand mon fils était petit garçon, il avait plusieurs amis imaginaires de sorte qu’il ne s’ennuyait jamais. Il avait beaucoup d’imagination. Il jouait souvent seul dans sa chambre et je l’entendais parler. Et quand je lui demandais « À qui parles-tu, Sylvain? » Il me répondait « À mon ami » et quand je lui demandais le nom de son ami, il me répondait, soit «Oguin», soit «Magali» ou «Yang » et c’était toujours les mêmes. J’écris les noms comme je les entendais.

J’ai eu trois grandes et véritables amies dans ma vie, des amies de longue date, elles m’ont comblée et ont fait de moi une meilleure personne. Mais elles ne sont plus de ce monde. Je me sens seule, orpheline de mes âmes sœurs tout en étant reconnaissante à la vie de les avoir placées sur ma route.

Depuis le mois de décembre 2020, je me suis inscrite à ce formidable cercle d’écriture. Depuis dix-huit mois, je me suis faite, en quelque sorte, des amis imaginaires. Bien qu’ils occupent un espace physique sur cette terre, qu’ils soient bien vivants, je ne les connais pas, je ne les ai jamais rencontrés, sauf quelques-uns au lancement du livre «C’est à ton tour d’écrire» à Notre-Dame-du-Mont-Carmel au chalet champêtre La Mélézière, le 25 septembre dernier.

Dans mes écrits, je me raconte, me dévoile, me peins. Je fais de l’introspection. Il m’arrive de ne pas utiliser qu’un pinceau mais d’un scalpel quand je creuse plus profondément en moi. Je suis comme un livre ouvert, mes écrits sont des autoportraits. J’en tire beaucoup de satisfaction et de bien-être, grâce au pouvoir thérapeutique de l’écriture.

Et me voilà entourée de dizaines d’amis, non seulement du Québec mais aussi d’Outre-Atlantique. Nous échangeons nos écrits, nous nous confions, nous nous encourageons, nous partageons. Ces échanges avec mes amis imaginaires m’apportent énormément, elles contribuent à enrichir mon cerveau et le rendre continuellement actif. Elles me font du bien et me détendent complètement. Elles me permettent de voyager ou du moins de m’évader du quotidien sans quitter mon foyer.

De concert avec mes amis imaginaires, je continue à faire ce que j’aime le plus, écrire, et surtout à bien employer mon temps. J’ai conscience que chaque instant qui nous est octroyé est du temps béni, alors je glisse joyeusement avec lui.

Il me vient une idée, puisque les pensées sont des messagères puissantes, que diriez-vous, amis imaginaires, de lancer dans l’univers, comme on le ferait d’un ballon à l’hélium, l’idée d’une extension exponentielle de notre cercle d’écriture?

Lorraine Charbonneau - fonctionnaire de la Fonction publique fédérale - Résidente du Marronnier à Laval - le 27 juin 2022

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Abécédaire


Aimer peut rapporter plus, et plus encore

Bien avant 25 ans, en voilà déjà le résultat, je suis enceinte.

Ce fœtus ne semble pas avoir le goût de rester bien au chaud.

Déjà, il veut son autonomie, sa liberté.

Et me voilà donc au repos pour qu’il s’accroche.

Faire des siestes et de la berçante en chantant des berceuses, occupent mes longues journées.

Garder ce petit être bien vivant devient ma priorité.

Honnêtement, ce contretemps dérange mon quotidien.

Il se montre exigeant bien avant le temps.

Je ferai tout pour rendre ce bébé à terme.

Kangourou, je deviens de plus en plus.

Le jour J se présente enfin, avec le rituel du papa nerveux.

Me rendre à l’hôpital dans un rallye automobile, n’était pas prévu.

Ne provoquant que peur, l’unanimité entre nous, n’est pas au rendez-vous.

Obsédée par la vie d’un enfant bien en santé,

Prudemment, je me dirige au poste des infirmières.

Que des cris de douleurs et même des pleurs

Retentissent à mes oreilles et font naître des craintes.

Sourire malgré tout, pour rassurer le papa.

Tendrement, je pose la main sur mon ventre arrondi.

Une grimace vient alors contredire mon assurance.

Vite, on m’allonge, puisque la délivrance approche.

William, c’est le moment d’entrer dans le monde.

Xylophone et tous les cadeaux que tu voudras, je te les achèterai.

Yeux mi-fermés par la douleur, je pousse, pousse et pousse encore.

Zen, je me sens au moment ou l’on me force à respirer un gaz.

Angéline Viens - enseignement - lauréate d'un concours littéraire en 2007- Brossard - 24 décembre 2021

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Mention dans le cadre du projet C'est à ton tour d'écrire s'envole au Théâtre La Doublure de Sorel-Tracy , texte lu par Jessica Charland lors de la représentation du 27 octobre 2022.

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Les pérenniaux

La pérennité est l’état, le caractère de ce qui dure toujours ou très longtemps.

Depuis plusieurs années, on associe une génération à un nom, les boomers, les X, Y, Z, et les milléniaux. Et pourquoi n’y aurait-il pas les «pérenniaux», un groupe qui se fout des années, qui transcende les décennies et qui profite de la vie. C’est une américaine de San Francisco, Gina Pell qui en a eu l’idée, mais elle n’a pas été retenue. Moi, j’y adhère parfaitement.


Ce n’est pas le mot pérenniaux qui m’a interpellée mais l’esprit derrière le concept. Les pérenniaux, pourvu qu’ils soient éveillés, avisés et informés pourraient avoir 10, 50 ou 102 ans. Ils défieraient les stéréotypes et ne se contenteraient pas d’être et de faire ce qu’on attend d’eux ou à des parcours de vie tracés d’avance. Ce serait des personnes qui ne cessent de s’informer et d’apprendre, des gens passionnés et créatifs. La curiosité serait l’essence même des pérenniaux.


Les pérenniaux ne seraient pas des gens qui feraient ou agiraient selon ce qu’on attend socialement des personnes de leur âge mais qui regarderaient vers l’avant et qui sauraient jouir de la vie. J’aimerais bien dire que je ne pense pas à mon âge mais ce serait inexact. Si j’y pense aussi souvent, c’est pour maximiser le temps qu'il me reste, pour ne pas en rater une seule seconde, pour jouir de la vie au maximum et aussi pour savourer la liberté que je me suis donnée.


Au début de ma vie d’adulte, j’ai souvent fait ce que je pensais que la société attendait de moi. Il n’est pas surprenant que souvent je me suis sentie à l’étroit comme dans un carcan. En vieillissant, j’ai acquis, je crois, de la maturité et de la sagesse. La liberté m’est apparue comme un merveilleux cadeau, elle m’a donné de l’oxygène, elle m’a donné des ailes.


Les pérenniaux… bien oui, j’en fais partie! Mon âge ne me définit pas, j’ai plutôt l’impression que je vis les plus belles années de ma vie. J’aime décider de ce que je fais de ma vie, j’aime me renseigner, apprendre, exprimer ce que je pense et ce que je ressens, j’aime gérer mon temps et ne dépendre de personne.

Je suis curiosité. Je suis liberté. Je suis joie. Je suis.

Lorraine Charbonneau - Fonction publique fédérale - Résidente du Marronnier à Laval - le 1er décembre 2021

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Ski de randonnée


Quand je demeurais à Québec, la saison d’hiver venue, j’ai aimé pratiquer ce sport de plein air. Au tout début, mon ami et moi, allions skier sur les Plaines d’Abraham où il y avait des pistes faciles ne demandant pas de gros efforts. C’était pour le plaisir du grand air et ainsi nous mettre en forme. En plus, c’était tout près, donc bien accessible.


Parmi nos lieux de prédilection, il y avait la Station Forestière de Duchesnay sur les bords du Lac St-Joseph où de nombreuses pistes classées de débutants à experts nous invitaient. Nous avons pratiqué surtout dans les pistes intermédiaires. Nous y sommes allés très souvent. Il arrivait que nous y allions en groupe avec des membres de la famille de mon ami. Parfois nous finissions notre escapade en allant glisser sur les fameuses pentes aménagées qui descendaient jusqu’au lac gelé. Plaisirs assurés.


Un autre endroit de prédilection était dans le grand parc de la Jacques-Cartier, Le Camp Mercier, où des dizaines de pistes étaient disponibles pour satisfaire tous les genres de skieurs de toutes catégories. Il y avait plusieurs relais et un immense pavillon d’accueil où se restaurer et relaxer. Pas très loin de la ville, nous nous y rendions en moins d’une heure. Là aussi nous y allions en groupe avec des membres de la famille de son frère qui eux aussi habitaient Québec.


De toures ces sorties de plein air, il y en a une inoubliable. Mon ami, son frère, son épouse et ses deux enfants, sa fille 14 ans et son fils 10 ans, avons décidé d’aller skier dans les grandes plaines du comté de Lotbinière. Le printemps est tout proche, il fait un soleil splendide, et un vent léger souffle. Ayant bien farté nos skis, nous nous élançons dans la grande plaine, tous joyeux, en chantant. Mais nous avions de plus en plus de difficulté à avancer car la neige s’accumulait en épaisseur sous nos skis. On s’arrête, on gratte nos skis, on décide de changer de fartage. Cependant, au bout d’à peine un kilomètre, le même phénomène se répète. Seule l’épouse de son frère n’a pas ce problème, son fartage étant adéquat pour cette sorte de neige. Dépités, nous sommes quittes de rebrousser chemin avec nos skis sur les épaules. Nous avions vraiment l’air intelligent !!!


Puis par la suite, nous avons déménagé à Sorel-Tracy en laissant nos skis aux déménageurs car il y avait peu d’endroits pratiques et possibles pour faire ce genre de ski.


Étant donné que j’ai vieilli, je n’ai plus autant de facilité pour le ski de randonnée. Et finalement comme je n’aime pas sentir le froid sur mes vieux os, je ne l’endure plus. Je ne m’en ennuie pas.


Bon ski ! Bon hiver !

Gilles Capistran - retraité - autodidacte - Longueuil - le 29 novembre 2021

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J’apprécie


J’apprécie

Le moment présent

Chaque instant,

En écoutant de la Bossa Nova ou du Cha Cha Cha.

J’apprécie

Une journée ensoleillée

Pour sortir et marcher,

Au bord de la mer

Prendre le grand air.

J’apprécie

Un bon repas simple et coloré

Que j’aime cuisiner,

Boire un verre d’eau énergisé

Pour rester en bonne santé.

J’apprécie

De discuter avec une amie

D’échanger mes idées sur la vie,

De téléphoner à mes enfants

De se raconter nos derniers évènements.

J’apprécie

De regarder un bon film d’amour

Ou l’on s’aime pour toujours,

D’écouter des émissions

Pour partager ses passions.

J’apprécie

De peindre ou de dessiner

En me laissant aller,

Avec toutes les couleurs

Pour décrire mon bonheur.

J’apprécie

De coudre et de tricoter

Toutes sortes d’activités,

C’est ma façon de créer,

Je ne vois pas le temps passer.


J'apprécie

De me promener dans le jardin

Car cela me fait du bien

Et planter des légumes

En accord avec la lune.


J'apprécie

Mère Nature

À pied ou en vélo, mas pas en voiture

Pour l'écouter et l'observer,

Pour me ressourcer.


J'apprécie la vie. Merci !



Cécile Chancerel - joaillier créateur de bijoux uniques - La Baule - Presqu'île de Guérande - France - le 7 novembre 2021

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La robotique

À l’avenir, nous allons entendre parler davantage de robots. La robotique s’applique déjà dans de nombreux domaines, d’abord dans l’industrie pour des tâches répétitives qui demandent force, rapidité et précision constante.

En médecine, le robot très performant Da Vinci est un avancé majeur dans le domaine. Ses quatre bras robotiques pénètrent dans le corps du patient par petites incisions. Le chirurgien, devant une console équipée d’un écran, manipule les bras du robot avec une précision difficile à atteindre au cours d’une chirurgie traditionnelle.

Elle est utilisée en exploration spatiale. Présentement, le robot Curiosity parcourt Mars pour transmettre des informations grâce à ses nombreux capteurs. Son but est de détecter s’il y a déjà eu de la vie sur cette planète. Son autonomie est grande, il doit être capable de réagir tout seul aux évènements qui peuvent surgir à tout moment.

Le robot militaire est autonome ou contrôlé à distance. Il sert entre autres de démineur. Les drones peuvent prendre des photos de surveillance et même lancer des missiles au sol.

Depuis plusieurs années, nous avons des robots domestiques. Ils sont au service des particuliers : robot aspirateur, robot tondeuse à gazon, robot nettoyeur de piscine, etc. Ils sont les plus vendus au monde.

Le plus surprenant, c’est Pepper! Qui aurait cru qu’on inventerait un robot doué d’empathie? Il est capable d’interagir avec son propriétaire, de répondre à ses questions, de comprendre ses émotions et même générer les siennes. Ce robot inventé en France et mis sur le marché au Japon est le premier robot humanoïde équipé d’un système de reconnaissance faciale, qui peut comprendre des expressions corporelles humaines, comme le sourire, le froncement de sourcil et des émotions comme la surprise, la colère, la tristesse. Il peut analyser l’intonation de la voix de son interlocuteur. De plus, son intelligence artificielle est cognitive, il apprend au fur et à mesure et adapte ses réactions selon le caractère de son propriétaire.

L’imaginaire a une place fondamentale dans la vie des humains, elle est la sœur jumelle de la curiosité. Déjà en 1495, Léonard de Vinci, qui avait un esprit fertile, avait inventé le concept de robot humanoïde qui pouvait bouger. Comme il était trop en avance de son temps, la plupart de ses inventions sont restées en plan. Dans le "Meilleur des Mondes", écrit par Aldous Huxley, (1894 - 1963) et paru en 1932, les êtres humains étaient tous créés en laboratoire, là où on déterminait leur future hiérarchie sociale. Ce n’est qu’en 1950, avec le concept de l’intelligence artificielle introduit par le mathématicien Alan Turing (1912-1954) que la production de robots humanoïdes prend un tournant. Voilà qu’enfin le rêve devient réalité.

L’intelligence artificielle me fascine et me fait peur en même temps parce qu’elle nous met dans l’obligation d’établir des règles éthiques pour l’encadrer. On doit s’assurer que la technologie qui évolue de plus en plus rapidement soit un progrès pour l’humanité et non un danger.

Lorraine Charbonneau - Fonction publique fédérale - Résidente du Marronnier à Laval - le 3 novembre 2021

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Le clown

Sur une place, un clown triste joue de l’accordéon,

Du bout de ses doigts, il fait pleurer son instrument,

Au coin des rues, dans les églises et les maisons;

Ce fardeau de la peine est celui des autres gens.

Des clochards curieux s’approchent et viennent écouter

Cette souffrance qui se brise dans les notes de musique

Et le rire familier du clown s’est arrêté,

Chagrin coule le long des trottoirs mélancoliques.

L’un d’entre eux pose sa main sur l’épaule de l’être triste

En signe de fraternité et de compassion

Pour celui qui ne fait plus partie de la piste

Et qui se blesse dans le silence d’une oraison.

Puis un autre lui sourit et lui tend un mouchoir

Qu’il sort d’une poche bouffante d’un manteau en haillons

Et lui dit simplement que la vie doit être espoir,

Le mal nous apprend les valeurs de nos raisons.

Mais le clown ferme doucement les paupières sans mot dire,

Ses pensées malheureuses heurtent les pensées des saisons,

Un soleil s’éteint, il lance alors un soupir

Et sur la place froide pleure encore l’accordéon.

Michaël Blauwart - écrivain - journaliste - poète - Premier Prix Littéraire pour ses écrits sur la langue de Molière (octobre 2021) et la Médaille d'étain remise par la Société des Arts et Lettres à Paris pour l'ensemble de sa carrière (septembre 2021) - Bazas - petite commune de Gironde - France - le 26 octobre 2021

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Mention dans le cadre du projet C'est à ton tour d'écrire s'envole au Théâtre La Doublure de Sorel-Tracy , texte lu par Kim Barsalo lors de la représentation du 22 septembre 2022.

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Les arts

La vie serait bien fade sans les artistes. Ils célèbrent la vie, et comme ils ne peuvent pas la célébrer seuls, ils ont besoin d’un public pour partager. Ils ont besoin de communiquer, chacun à sa manière, comment ils perçoivent le monde dans lequel ils vivent avec toutes les émotions que cela suscite.

Le peintre s’exprime et partage ses émotions à travers ses peintures, et tout à coup, me vient à l’esprit mon peintre favori qu’on surnomme le «peintre du bonheur», Auguste Renoir (1841-1926), peintre français.

Tout comme le musicien à travers sa musique, et là je me représente le pianiste québécois André Mathieu (1929-1968), devant son piano comme dans le film racontant sa vie. Puis j'enchaìne à travers les mots des chansons, et là j’imagine entendre la voix du célèbre ténor italien Luciano Pavarotti (1935-2007) ou celle du compositeur-interprète franco-arménien Charles Aznavour (1924-2018).

Ensuite me viennent à l’esprit d'abord le sculpteur à travers ses œuvres, et là je vois comme si elle était juste devant moi la sculpture du « Penseur » d’Auguste Rodin, sculpteur français (1840-1917) que j’ai admirée au musée du Louvre, et les danseurs à travers tous les mouvements harmonieux de leur corps, et me voilà alors à Bangkok, charmée par des danseuses thaïlandaises et les gestes gracieux de leurs mains arquées.

Que serviraient les écrits des écrivains américains d'Ernest Hemingway (1899-1961) ou d'Henry Miller (1891-1980), si personne ne les lisait. Que dire de l’architecture qui est «l’art de bâtir» et me voilà à Barcelone en visite à La Sagrada Familia qui est une des œuvres fantastiques du célèbre architecte catalan Gaudi (1852-1926).

L’art théâtral existe depuis l’Antiquité; il ne produit pas de choses, c’est pourquoi on le dit vivant. Au théâtre, on rit, on pleure, on s’étonne, on s’émerveille. Dans l’art culinaire, de grands chefs peuvent créer de formidables chefs-d’œuvre. Chaque artiste a sa façon d’exprimer, de faire goûter et de partager ce qu’il ressent.

L’art se manifeste aussi dans le patin artistique qui rallie les mouvements gracieux, le synchronisme et la force du corps. Puis au cirque, devant un voltigeur évoluant d’un trapèze à l’autre, souvent en duo ou en ski aux jeux olympiques dans les sauts acrobatiques nécessitant force, souplesse et agilité.

Dans l’art, existe un lien fort qui se crée entre l’artiste et son vis-à-vis le spectateur. Les deux font la paire. L’un n’existerait pas sans l’autre, les deux ressentent des émotions intenses de joie, d’étonnement et d’émerveillement. Émotions partagées qui lient les gens pendant quelques minutes ou quelques heures.

L’art nous relie à la beauté du monde, il vient toucher à nos émotions. Il vient chercher ce qu’il y a de meilleur en nous. C’est la beauté exprimée. C’est la célébration de la vie. C’est une nourriture pour l’âme. C’est une vibration collective. C’est une prière. C’est la grande Énergie à l’œuvre. C’est une thérapie du bonheur. C’est une façon de dire Merci à la vie.

Lorraine Charbonneau – Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier - Laval - le 8 octobre 2021

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Mention dans le cadre du projet C'est à ton tour d'écrire s'envole au Théâtre La Doublure de Sorel-Tracy , texte lu par Jessica Charland lors de la représentation du 24 novembre 2022.

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Le bâton du pèlerin

Le bâton du pèlerin

Réveille en moi

Une portée symbolique.

Arrivée à l’âge

Où les réflexes

La démarche

Deviennent chancelants

On se prémunit d’un appui.

Ces compagnons fidèles,

Fièrement affichés

permettent de se déplacer avec sécurité

évitant chutes et désagréments.

Dans un même élan,

Désireux de conserver leur autonomie

Toute une délégation de pèlerins

Ont recours à ce soutien.

En ayant le même but :

Atteindre St-Jacques-de-Compostelle.


Yolande LeBlanc – octogénaire – écrivaine – résidence Le Marronnier - Laval - Québec - le 2 septembre 2021

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Les origines de la révolution industrielle et de l’église

Je me demandais pourquoi la Révolution industrielle a commencé en Angleterre (fin 18e siècle). C’est en partie la faute à Martin Luther, le théologien.

Selon le discours des économistes, elle serait le fait de la rationalisation des procédés de fabrication. Le démographe et historien Emmanuel Todd quant à lui attribue cette révolution à deux éléments : l’alphabétisation et les systèmes familiauxx. J'en ajoute un troisième, soit celui du démantèlement des "enclosures" (terrains communautaires).

En 1517, Luther entre en conflit avec la papauté au sujet des indulgences qu’on pouvait acheter pour se laver de ses péchés. Cette campagne de financement sert à payer la construction de la basilique Saint-Pierre. Scandalisé, il rompt avec l’Église catholique. Il décrète que dorénavant, plus besoin du clergé pour comprendre les messages de la Bible, les personnes pouvant la lire elles-mêmes et parler directement à Dieu. Le protestantisme vient de naître. Quant aux catholiques, ils interdisent à leurs ouailles de lire la bible, énorme régression de l’alphabétisation dans le monde catholique. D’après Todd, lorsqu’une population atteint un niveau d’alphabétisation de 50 % et plus, un essor économique en découle, puisque des personnes lettrées peuvent alors lire des instructions, des contrats, des avis, etc, favorisant l’entreprenariat.

Todd, expert en systèmes familiaux (ou différentes formes de familles et leur influence sur leur société observés autour du 17e siècle), en compte quatre :

1. Famille nucléaire égalitaire : Angleterre : libérale, égalitaire, les enfants partent très tôt de la maison, personnes très mobiles, frères et sœurs sont égaux face à l’héritage;

2. Famille souche : Allemagne, Japon : autoritaire et inégalitaire, traditions importantes, personnes peu mobiles, le fils aîné hérite du père; vivent sous le même toit;

3. Famille communautaire : Europe de l’Est : autoritaire, égalitaire, traditions importantes, plusieurs générations vivent sous le même toit, personnes peu mobiles;

4. Famille absolue : Monde anglo-saxon : libérale, ni égalitaire ni inégalitaire, enfants partent très tôt de la maison, personnes mobiles.

En Angleterre au 18e siècle, il y a la perte définitive de terrains communautaires (enclosures). La population rurale partage des champs pour y cultiver ce dont elle a besoin. Puis les rois saisissent ces terres sur plusieurs siècles pour les donner à leurs alliés. Cette population doit alors se déplacer vers les villes pour assurer sa subsistance. Cela est possible grâce au système familial nucléaire où les personnes sont plus mobiles dans certains autres pays que dans d’autres.

L’alphabétisation de masse conjuguée à la souplesse de la population issue de familles nucléaires amène un décollage industriel dans l’ensemble du monde protestant, surtout en Angleterre. La révolution industrielle est précédée d’une révolution éducative et de la mobilité de sa population, et non d’une amélioration des procédés de fabrication. C’est donc Luther qui a parti le bal avec sa réforme religieuse.

Source : YouTube Conférence Emmanuel Todd : Les rapports entre société et individus - Une réflexion anthropologique 12 novembre 2020.

© Diane Leblanc - autrice et conférencière - dianeleblanc309@gmail.com - Brossard - Québec - le 17 août 2021

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Le cercle

Je suis née sous le signe de la Balance, je vais avoir 88 ans à la fin du mois de septembre. Je précise que mon corps aura cet âge et que moi, je me contente d’être tout simplement.

Pour m’amuser, j’ai cherché la signification du cercle dans Wikipédia. Le chiffre 88 en contient sensiblement quatre. Voici ce que j’ai trouvé : le cercle ou le rond est d’abord un symbole d’unité, d’alliance, le yin et le yang étant de bons exemples. C’est aussi le symbole de l’infini, il n’a ni commencement ni fin, ce qui en fait un symbole d’éternité, de divinité, d’harmonie, du naturel et de perfection. Il symbolise le tout harmonieux.

Cela me rejoint car je cherche constamment à atteindre l’harmonie dans mes pensées, mes paroles et mes actions. Tout en prenant cela avec un grain de sel, je me suis dit en souriant que pour moi, c’était de bon augure pour commencer une nouvelle année.

J’ai continué à m’amuser en cherchant la signification du chiffre 8. Le 8 représenterait la vérité, le réel, l’intégrité, l’indépendance, la sagesse intérieure et le discernement, la justice divine, la transformation du monde et la bonté. Le nombre 88 serait très puissant puisqu’il est le double du chiffre 8; ainsi ses énergies et ses attributs seraient doublés.

Par le billet de ce chiffre, mes anges gardiens me rappelleraient que j’ai de l’ambition et un bon jugement et que j’ai toutes les qualités pour surmonter toutes les difficultés. Je crois que la nouvelle année que j’entamerai bientôt sera encore plus lumineuse et plus facile que les précédentes. Il faut croire que je suis bénie des dieux!


Toujours à propos du 8, j’ai trouvé cette curiosité, et je me permets de vous en faire part. Souvent un rien m’émerveille, m’étonne ou m’amuse.

Et vous ?

Lorraine Charbonneau - Fonction publique fédérale - Résidente du Marronnier - Laval - le 7 août 2021

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J'arrive

J'arrive là

où la conscience

se consume

dans le doute

la parole

dans le silence

J'arrive là

dans la joie

d'être là

où la sagesse

n'est pas.


© Diane Gagnon – retraitée et créatrice du site - lilebleue.wixsite.com/poesie – Montérégie – Québec - le 7 août 2021

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Le plaisir de recevoir

Si jolie, bien habillée dans cette enveloppe

petite jusqu'à temps qu’on me développe.

mon contenu est immense

et peut créer une dépendance

Dans l’effervescence, les petits détails peuvent échapper

mais dans l’intimité, je suis prête à être examinée


Premièrement, de ma parure délivrée

laissant place à mes effluves

cette bonne odeur parfumée

en souvenir de mon ouverture

Deuxièmement, l’image grandiose est apparue

l’oeuvre d’un artiste, bien entendu

confirmation à l’endos

de l’artiste en quelques mots

ensuite, je m’ouvre à toi

Une femme d’exception

a écrit une gamme d'émotions

des mots qui reflètent son auteur

et qui touchent directement le cœur.

Je serai gardée précieusement

tel un bijou dans son écrin

les souvenirs que je détiens

te ramènent à cet instant présent.

le plaisir de recevoir une carte spécialement écrite pour moi

Merci à toi.

Johanne Gilbert - retraitée - Sorel-Tracy - le 4 août 2021

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Liste non exhaustive de mes questionnements

Qui a dit qu’on devait être mince, lisse et jeune?

Qui a décidé des critères de beauté ?

Qui a dit que l’on devait cacher ses cheveux blancs ?

Qui ne tolère aucun « défaut » et nulle « imperfection » ?

Pourquoi faut-il se soumettre aux diktats de la mode ?

Pourquoi finir par toutes se ressembler ?

Pourquoi bannir le temps, la ride, le bourrelet ?

Pourquoi doit-on cacher son embonpoint sous des vêtements amples ne cachant rien ?

Pourquoi tout le monde se déclare magnanime et tolérant sans cesser de se moquer, de critiquer ou d’agresser l’autre différent de lui ?

Pourquoi doit-on tous s’habiller pareil ?

Pourquoi les hommes dégarnis se rasent la tête et se laissent pousser la barbe au point de paraître une armée de clones ?

Pourquoi chacun se revendique original sans jamais vouloir sortir de la norme du conformisme ?

Pourquoi envoie-t-on tous les ados chez l’orthodontiste ?

Pourquoi vouloir gommer des dentitions imparfaites quand esthétiques et fonctionnelles ?

Pourquoi s’impose-t-on ces dépenses faramineuses pour céder à une injonction sociétale rarement justifiée ?

Pourquoi existe-t-il des femmes devenues des bimbos ?

Pourquoi ces affreuses lèvres gonflées, ces nez pincés à l’extrême, ces visages figés, robotisés qui finissent par être tous semblables ?

Pourquoi s’enlaidir en se ruinant ?

Pourquoi transformer ses seins en pastèques et ses fesses en citrouilles ?

Pourquoi les modèles photos de la mode ont toujours quinze ans et demi et s’habillent en taille trente-quatre ?

Pourquoi les magazines féminins proposent toujours des régimes amincissants juste avant l’été pour «rentrer dans son bikini», années après années depuis au moins cinquante ans ?

Pourquoi les infos nous disent comment nous protéger des coups de soleil à chaque année ? Serions-nous si bêtes de n’avoir toujours pas compris ?

Pourquoi la pub nous assène de contresens ?

Pourquoi nous dit-on depuis cinquante ans que « les produits laitiers sont nos amis pour la vie »? Alors qu’une fois sevrés de lait maternel, au bout de quelques mois de vie, comme tous les autres mammifères, nous n’avons absolument aucun besoin de consommer de lait d’aucune sorte, et encore moins celui d’une autre espèce.


Pourquoi, aux infos, sport-foot ? Pourquoi faut-il aimer le foot ? Pourquoi un garçon ou un homme doit-il forcément aimer le foot ?

Pourquoi faut-il offrir un camion à un garçon, et une poupée à une fille, pourquoi pas l’inverse?

Pourquoi accepte-t-on qu’une fille ait envie de faire du rugby alors qu’on voit d’un mauvais œil un garçon voulant faire de la danse ?

Pourquoi nous croyons-nous si évolués alors que nous sommes semblables aux êtres préhistoriques ?


Pourquoi croit-on que nos mentalités changent ?


Nous pensons toujours que la femme doit être belle, douce et fraîche et qu’elle doit gérer le foyer et les mômes. Et nous pensons toujours que l’homme doit être fort, courageux et aventurier pour être le chef de famille et le chef tout court.


Danièle Comparetti - infirmière - blogueuse - hemodyrea.canalblog.com - Tours - France - le 30 juillet 2021

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Voyage à Brazzaville


Yo o keyi wapi

Yaya

Crie des jeunes dans les rues

De Brazzaville

Moi petit mundele chéri

Découvre le pays

Vêtue d'une jupe et libaya

On me crie "eh Yaya"

Je flâne entre les étals du marché

Les femmes comme des princesses

Vendent leurs plus beaux tissus

Je respire les parfums

M'enivre des couleurs

Et caresse les fruits savoureux

Je poursuis mon chemin

Garnie d'une énergie

Un groupe de jeunes assis sur un muret

Se racontent leurs vies

Ils me regardent et me sourient

La musique du pays m'interpelle

L'envie de danser, pieds nus

Sur la terre ocre

Me parcourt le corps

Non loin, j'entends

Et Yaya Yako tobina

Je ne saisis pas tous les mots

Mais les voir danser

M'incite à les accompagner

Effleurement du bout des doigts

Regards qui se croisent

Ce jeune me murmure

Du souffle de ces lèvres

Tout en dansant peau contre peau

Ioposo n'a yo eza sembe sembe

Nakueyi ndeke

Des papillons me parcourent le ventre

La chaleur m'envahit

Est-ce la musique, la danse ou ses mots merveilleux

Mon coeur bat aussi fort que les tam tam

Je ressens une vive sensation de soif

Je m'éloigne pour me rafraîchir et reprendre mes esprits

Ce prince du soleil, le temps d'une danse inconnue à mon histoire

S'approche, sourit et me dit doucement de sa voix suave

Nalingaka enseveli n'a yo

Nalinge yo mingi kolika

Nasepelaka nayo

J'enfouis ces mots au goût de miel

Je les fais miens

Merveilleux souvenirs couleur soleil


© Gaëlle Lavisse - auteure - écrivaine - biographe - poète - ECQUES - Pas-De-Calais - France - le 25 juillet 2021

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Réclamations

Casteljaloux, le 04 août 2020

Jérôme Houard

Écrits vains (publics)

84, Grand-Rue

47700 Casteljaloux

Secrétaire d’État à l’infamie

Ministère de la défiance

Madame, Monsieur,


Par le présent acte, ma cliente Emma souhaite porter réclamation quant à la vie sentimentale en général et au comportement de certains hommes en particulier, qui se sont constitués parties si viles.

À ce titre, elle entend déposer complainte contre :

- Le prince charmant, pour attentat à la candeur

- L’amour éternel, pour imposture et escroquerie aggravée

- Les amants d’un soir, pour usurpation d’intimité

- Les beaux parleurs, pour mots et usage de mots

- Les séducteurs, pour trafic de drague

- Les hommes dédaigneux, pour avoir nié les fées qui leur étaient approchées

- L’adultère, pour association de mâles fêtards et tromperie en glande organisée - Le mensonge, pour intoxication élémentaire

- Les années qui passent, pour excès de vitesse

- Les écrivains, pour conduite en état livresque

- Les poètes maudits, pour vol à Mallarmé et harcèlement textuel

- Les scènes de ménage, pour virulences conjugales

- La routine, pour tentative d’homicide par étouffement

- Le charme, pour vol avec attraction

- La beauté, pour abus de pouvoir sur personne vulnérable et incitation à la débauche

- Et enfin, la foudre, pour coups et brûlures ayant entraîné l’amour

En vertu du respect de l’envie privée et compte tenu du précipice subi par quiconque tombe amoureux, la plaignante exige réparation (en cas de cœur brisé) ainsi que la passion à perpétuité assortie de plusieurs années d’hommages et intérêt.

Jérôme Houard - journaliste indépendant de formation - poète par hasard (Vingt-quatre heurts en plein sommeil, aux éditions Claire Lorrain) et depuis peu écrivain public de l’Est de la France - juin 2021

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Prudence - Histoire vraie (3 mars 1957)


Deux frères en patins, par un bel après-midi ensoleillé, se laissaient glisser par le vent sur la glace, lisse comme un miroir sur le grand lac. Ils avaient pris cette habitude quand le vent était favorable, leur permettant de parcourir des kilomètres sans trop d’efforts.

Ils connaissaient bien ce lac tant de fois parcouru. Ils savaient aussi qu’à certains endroits il leur fallait être très prudents, car une certaine partie de ce lac ne gelait presque jamais complètement, dû à un courant.

Dans leur euphorie d’être dans le vent, libres, sans effort, l’un se rend compte qu’ils sont rendus dans la zone dangereuse. Il crie à son frère de s’arrêter et de revenir, en lui faisant de grands signes pour qu’il réalise où il est rendu.

En disant ça, la glace cède sous les patins de son frère. Aussitôt et instinctivement, lui se jette à plat ventre sur la glace pour répartir son poids, enlève sa ceinture de pantalon, l’attache après son long foulard. Puis sans perdre de temps, il rampe sur la glace tout en criant à son frère de se calmer le plus possible et de trouver un endroit où la glace serait la plus solide.

Il réussit à s’approcher suffisamment près pour lui lancer sa ceinture, attachée à son foulard, mais la longueur n’est pas suffisante. Heureusement, son frère s’étant ressaisi, se défait de sa crémone pour la lancer à son « sauveteur » qui l’attrape aisément, car étant pleine d’eau, elle a une longue portée.

Il l’attacha au foulard et à la ceinture pour en faire une corde plus longue. Puis il la relança à son frère qui s’en empara et, tranquillement, en reculant prudemment, il réussit à le sortir de l’eau.

Même s’il ne fait pas trop froid, le rescapé grelotte et son teint est bleu. Après lui avoir enlevé ses vêtements mouillés, son frère le couvre de sa canadienne et enfin, au bout de plusieurs minutes, ils réussissent tous les deux à rentrer au chaud.

De cette histoire vraie, il ressort une leçon de prudence. En effet, le danger est souvent oublié lorsqu’on a une habitude et une bonne connaissance d’un lieu. Mais on n’est jamais trop prudent et l’euphorie, sans le discernement, n’est pas permise.

Gilles Capistran - autodidacte - écriveur - Longueuil - le 16 juin 2021

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Mon école à ciel ouvert

Je suis un tout petit bout d’homme, haut comme trois pommes. Pour vous regarder, je monte sur cette brique qui me sert de marchepied. Vous êtes tous vêtus pareil, garçons et filles. Vous avez les mêmes visages inexpressifs, sans sentiments, sans émotions. Vous répétez les gestes que l’on vous montre ou que l’on vous dicte, sans réfléchir. Êtes-vous libres ou prisonniers ? Je me questionne. Vous êtes comme des robots. Êtes-vous heureux ?

Moi, je suis encore tout petit, je vais à l’école de la vie. Je vois la vie en couleurs, et c’est ça mon plus grand bonheur. Je m’émerveille de ce qui m’entoure, j’engrange tous les savoirs, je bois les paroles, j’écoute, tous mes sens sont en éveil. J’apprends à l’école du dehors.

Ne me dites pas que je suis trop petit, que je ne sais rien, c’est faux, archi faux, j’en sais peut-être plus que vous tous réunis. J’apprends au contact de la nature, je suis libre et heureux. Je construis, je compte, je lis dans les feuilles des arbres, j’observe, je crée, je joue, je rêve, je manipule, je compare, je me concentre, je respire, je mémorise les bruits, les images.

Il y a tant de choses dans mon école du dehors, vous ne pouvez pas vous imaginer toutes les histoires que je pourrais écrire. Il y a la vie. Je voudrais vous embarquer avec moi. Je vous vois, là, gris et triste dans cette cour de récréation, alignés comme des pions.

Finalement, je ne suis pas pressé de vous y rejoindre. Je voulais comprendre pourquoi ma grande sœur était toujours si triste et sombre le soir en rentrant de l’école. Elle était toujours si fatiguée, ne pouvant pas m’écouter, elle avait toujours tant de travail, elle pleurait aussi sur ses cahiers avec la peur de toujours devoir bien faire, de peur des punitions. Je voulais libérer ma sœur, lui dire viens avec moi, suis-moi. Elle ne s’est même pas retournée, elle a fait comme si je n’existais pas, elle a continué ses gestes.

En rentrant, j’ai dit à maman que je resterais un enfant sauvage, qu’on ne me programmerait pas comme un robot, que je ne serais pas comme ma grande sœur triste et sombre le soir, parce que je voulais continuer d’explorer le monde et être heureux. Et j’ai demandé à maman : maman l’école est un lieu où l’on doit s’épanouir et apprendre n’est-ce pas ? Alors pourquoi ces visages tristes ? Comment retenir ce que l’on apprend si on est triste de devoir y aller, si on a peur des punitions parce que l’on n’arrive pas ? On a le droit de se tromper, c’est le but de se tromper pour apprendre, sinon si on sait tout, à quoi sert d’aller à l’école ?

Moi je veux une école aux couleurs de l’arc-en- ciel. Une école où l’on est heureux d’aller, où l’on joue, où l’on crée.

Ah, petit bout d’homme, bientôt se sera à ton tour de rentrer dans cette grande cour!

© Gaëlle Lavisse - auteure - écrivaine - biographe - poète - ECQUES - Pas-De-Calais - France - le 21 juin 2021

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Mon cerveau et les émotions

Travaillant à rédiger une mini-conférence abordant le thème du fonctionnement du cerveau en lien avec les émotions, je me demande comment expliquer ce qu’est une émotion, son rôle et ce qui se passe dans notre cerveau lorsque nous en éprouvons ?

Soudain, une voix intérieure m’interpelle :


- Bonjour Pierre, je suis ton cerveau. T’observant depuis quelques minutes, je constate ton intérêt pour moi. J’en suis flatté. Si tu veux, je suis disposé à t’aider dans la compréhension de mon fonctionnement lors de l’émission d’une émotion. 

- Est-ce bien toi, mon cerveau ? C’est la première fois que tu t’adresses à moi. En t’entendant, j’ai justement éprouvé de la peur. Malgré mon insécurité, j’accepte ton aide pour bien comprendre ton rôle. Quelle est la différence entre l’émotion et la pensée ? Certains chercheurs avancent que l’émotion prime la pensée la croyant déclenchée par un stimulus (interne ou externe). Puis en second temps, la pensée entre en jeu. Par exemple : la vue d’un animal dangereux déclenche la peur et ensuite la pensée entre en action. D’autres sont convaincus que la pensée prévaut. Ainsi, en quelques millièmes de seconde, la perception de l’animal dangereux déclenche une évaluation (cet animal est dangereux, je dois me protéger). Pour eux, cette pensée crée le processus psychophysiologique associé à la frayeur. Toi, qu’en penses-tu ?

- Ce qui se passe en moi lors d’une pensée ou d’une émotion est extrêmement rapide, soit quelques millièmes de seconde. Mes mécanismes psychophysiologiques comprenant des réactions biochimiques et bioélectriques sont plus rapides que l’éclair. Difficile alors de savoir qui prédomine, l’émotion ou la pensée ?

- Cher cerveau, à mon avis les deux points de vue sont valables, dépendamment des situations.

Par exemple : détendu et vaquant à mes occupations, une pensée me vient. Elle semble arriver de nulle part. Une image l’accompagne. Je suis en semaine de relâche, à Cuba, sentant l’odeur salée de la mer, le soleil, la chaleur. Doucement, un état de bien-être m’envahit, éprouvant un sentiment de paix, de détente. Dans ce cas, la pensée a déclenché l’émotion.

Voici une autre situation : depuis quelques semaines, dans le dos, côté droit, je sens des élancements. La peur me prend, créant un malaise. Je pense à mon frère décédé d’un cancer du poumon. Un des symptômes était une douleur aiguë dans le dos. Ma frayeur augmente. L’émotion a d’abord été déclenchée par un stimulus (la douleur au dos), puis, une pensée catastrophique m’a envahi. Mon hypothèse, tout dépend des situations.

- Je suis d’accord. Mais tout est encore plus complexe que tes deux énoncés. Dans mon cerveau, se trouvent des émotions de base comme la peur, la surprise, la tristesse, etc. dont les réactions sont préprogrammées depuis des millions d’années autant chez l’homme que chez les autres espèces animales.

- Merci pour tes précisions. Puis-je faire de nouveau appel à toi pour connaître ta responsabilité dans le choix des valeurs, dans le développement de la personnalité, dans le processus d’apprentissage?


Pierre Potvin Ph.D. ps.éd. - professeur chercheur titulaire retraité du département de psycho-éducation - UQTR - Chercheur associé au CTREQ - - pierrepotvin.com/wp/livres/mes-livres - Trois-Rivières - Québec - le 14 mai 2021

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