Opinions

L'imparfait plus que parfait

Pourquoi cherche-t-on toujours la perfection puisque le parfait n'existe pas?

Aujourd'hui, j'ai marché en forêt. Cela me fait du bien physiquement et me permet de réfléchir lorsque j'ai des questions qui demeurent sans réponse.

Lors de ma randonnée, je regardais la nature que j'aime tant. Je voyais de grands arbres majestueux. Il y en avait aussi qui portait une chevelure garnie, mais des branches leur manquaient au bas. Certains arbres semblaient complètement morts. D'autres spécimens qui avaient besoin de soin se tenaient quand même debout avec fierté. Par chance, j'en trouvais en pleine santé qui se trouvait au début de leur vie.

Je me suis mise à penser que c'était comme les routes. Il y en a de grandes qui nous permettent de conduire plus rapidement. Toutefois, plusieurs sont abimées ce qui nous fait ralentir. Parfois il est bien de prendre un plus petit chemin lorsque nous voulons prendre le temps d'apprécier le paysage. Que dire d'arpenter un sentier sinueux longeant une rivière lorsque nous voulons relaxer.

Soudainement, la musique vibre dans ma tête. Cela me fait penser qu'il y a des pièces de grand renom interprétées par des artistes de talent. Cependant, il y aura toujours des artistes de toutes sortes dont leurs œuvres ne seront jamais reconnues. Il ne faut surtout pas oublier les artistes qui déambulent les rues de nos grandes villes, les musiciens d'un soir qui agrémentent nos rencontres familiales.

Je pense aussi à l'écriture. Il y a évidemment de grands poètes qui traversent les époques. En essayant de suivre leur trace, il y a des écrivains qui ont l'opportunité de pouvoir publier leurs écrits ce qui leur donne plus de visibilité. Il en restera toujours qui vont écrire des textes qui ne seront jamais partagés, mais qui valent la peine d'être lus.

Par le regard porté sur des arbres, des routes, de la musique et de l'écriture, je réalise que même si ce n'est pas parfait, cela ne veut pas dire que c'est inutile. Chaque chose soi-disant imparfaite a aussi une place bien à elle. Elle embellit nos vies si nous savons les apprécier.

Suite à cette réflexion, je pense que le fait d'accepter les imperfections de la vie nous permet de mieux s'accepter tel que nous sommes. Je remarque que l'imparfait peut parfois être plus que parfait.

Monique Brouillard - retraitée - autodidacte – Saint-Gérard-Majella - Québec - le 28 mars 2022

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Deux mille vingt-deux

Nous en sommes là.

Dans ce siècle qui a débuté il y a 22 ans, nous subissons présentement une pandémie qui affecte tous les peuples de la terre.

"Une pandémie est une épidémie qui se développe sur un vaste territoire, en dépassant les frontières." Voilà la définition qu’en donne l’OMS (Organisation mondiale de la santé), définition ayant varié à plusieurs reprises.

Cette pandémie a pour origine, selon les dernières données, un virus qui proviendrait de la Chine.

Elle s’est propagée, comme nous le savons tous, à la grandeur de la planète. De plus le virus nommé Covid-19, a évolué en se mutant déjà en deux autres, soit le Delta et l’Omicron. Il est à noter qu’il existe plusieurs autres mutants selon les pays.

Je m’attarde aux conséquences que cette pandémie a sur ma propre vie.

Elle a perturbé et même arrêté mes activités au Centre communautaire des aînés et aînées de Longueuil. Surtout le scrabble dont je suis le responsable devant l’administration. Il s'agit d une activité hebdomadaire dans laquelle je suis impliqué depuis de nombreuses années.

Ce virus me prive également de mes sorties pour des spectacles au théâtre de la ville : orchestres symphoniques, spectacles d’humoristes ou autres artistes. Celles-ci me sont fort agréables car j'accompagne généralement une grande amie de 92 ans auprès de qui je fais mon bénévolat en la véhiculant, achetant les billets, etc. Pour elle, ce sont ces seules sorties.

Je déteste le port du cache visage, et je trouve astreignant l’identification par le passeport vaccinal. Cette pandémie me prive également de mes sorties occasionnelles pour festoyer au restaurant lors de fêtes ou d'occasions spéciales.

En plus de tout cela, je suis choqué du fait qu’il y en a qui sont réfractaires à la vaccination ne pensant qu’à eux et non à la collectivité. Ils ne semblent pas réaliser qu’ils provoquent l’encombrement dans les hôpitaux tout en causant du délestage pour des opérations urgentes. Je souhaite qu’ils soient obligés à se faire vacciner et qu’ils soient mis à l’amende et pénalisés. Pour moi, ce sont des criminels car ils peuvent provoquer la mort.

Gilles Capistran - autodidacte - retraité - Longueuil - Québec - 15 janvier 2022

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Révolte

Nous, les habitants de la terre, qu'avons-nous fait ? Notre astre s’ébroue pour se débarrasser de ces parasites qui l’affectent dans le plus profond de sa chair, comme un chien qui a perdu son maître, les volcans s'agitent, l’océan se dilate, le sol s’assèche, se convulse.


Un virus contamine la population mondiale, l'humain est agressé de toutes parts. Et je suis là, contraint de me cacher le visage, de me désinfecter sans cesse, de m’éloigner de mes semblables, de ma famille, de mes amis, de mes voisins dans la crainte qu'ils soient porteurs de ce germe. Le diable est à nos trousses; avec toutes ses félonies, il tue les plus faibles comme un lâche.


J'ai sillonné le monde en voilier, en train, en bus, en avion et me voilà cloué sur un bouchon comme un insecte. Tous, comme moi, sont incarcérés dans leurs maisons, dans leurs logements, avec leurs souvenirs, les images de ce bonheur, de cette liberté qui leur a été retirée.


Comment peut-on imaginer la tristesse infinie d'un animal sauvage en cage, comment peut-on prévoir les conséquences sur l'humain qui vit en société et qui a toujours lutté pour son indépendance?


Je suis affecté d'une immense douleur de ne plus rencontrer mes amis les plus chers, ma famille dans leurs pays «pour cause de voyages non essentiels». Notre joie intime est-elle devenue non essentielle? Qui ose une telle ineptie, un virus, un homme ! Dans ma tête, toutes sortes de scénarios prennent forme pour fuir ce supplice, pour cacher ma brûlure, et pourquoi ne pas en découdre une bonne fois pour toutes avec ce tueur, en finir, le jeter à terre, se battre à mort.


Dominique-François Rochefort - peintre-graveur - Sorel-Tracy - Québec - le 29 décembre 2021

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Il est temps de rallumer les étoiles (1)


Angoissantes sont les heures,

Tic tac tic tac de malheur,

Inquiètes sont nos âmes,

La déprime fait ses "games".


Et le temps qui passe...

Et le cœur qui se lasse...

Face au virus immonde

Notre patience est moribonde.


Nos espérances délabrées

Et nos passions égarées.

Sous les bourrasques statistiques

Et les palabres cabalistiques,


Nous traînons amèrement

Un pénible écoeurement.

En une stase entêtée

Le temps semble arrêté.

Mais garde courage mon ami-e,

Le monde encore est plein de merveilles.

Vois les chevaux qui courent vers le soleil,

Entend les forêts antiques qui murmurent


Regarde le condor qui plane dans l’azur,

Sens sur ta peau, le frisson du vent,

Contemple l’aube glorieuse au Levant,

Regarde le nuage voyageur qui s’étire


Et la nature immuable qui respire,

Lève les yeux vers les milliards d’étoiles

Qui tissent une mystérieuse toile,

Regarde l’écureuil qui folâtre dans la neige


Et, sur le Saint-Laurent, les glaces en cortège.

Écoute bruisser les millions de mots généreux

Que se chuchotent doucement les gens heureux,

Vois les enfants des fêtes, follement radieux

Milliers de pépites dans leurs yeux.

Garde courage mon ami-e,

À l’espérance je te convie.

Oublie les sombres "aujourd’hui".

Regarde ton ami-e dans les yeux,


Prends sa main, dis les mots précieux,

Touche son cœur nu,

Caresse son âme nue.

Et garde confiance mon ami-e.

(1) Ce titre est en référence à la pièce de théâtre Mamelles de Tirésias de Guillaume Apollinaire - 1917


Gérard Olivier - retraité de l’enseignement - Laval - Québec - le 29 décembre 2021

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L’interprétation

Tout n’est-il qu’affaire d’interprétation? L’objectivité est-elle accessible à chacun de nous? Qu’entend-on par vérité ou réalité? Se peut-il qu’elle nous échappe.

Un fait est quelque chose qui arrive en un lieu et en un temps déterminé. Par exemple, la première tour du World Trade Center a été percutée par un Boeing 767 d’American Airlines, le 11 septembre 2001, à 8h48. Ce terrible évènement, dont nous avons commémoré le 20e anniversaire dernièrement, est un fait bien précis que personne ne peut nier.

Par contre, il y a autant d’interprétations différentes qu’il y a de personnes qui l’ont vécu. De même que si dix personnes sont témoins d’un accident, les dix personnes vont avoir des témoignages différents. Chaque personne va l’interpréter à sa façon, selon l’angle qu’elle l’a vu et le degré d’émotivité qu’elle a ressenti au moment de l’évènement.

Quand un évènement, comme celui que j’ai cité ci-haut survient, ça ne peut pas faire autrement que de frapper l’imaginaire et de faire peur. Chacun essaie de l’interpréter, de mettre des mots sur l’innommable, d’expliquer l’inexplicable. Très peu ont la compétence pour le faire, mais tous sont portés à chercher un sens à ce qui n’en a pas, de sorte qu’on se retrouve devant différentes versions de la même réalité. Quand des évènements absurdes arrivent, ils échappent à l’ordre du rationnel. L’irrationnel est obscur, c’est le non-sens. Par contre, c’est la raison qui détermine l’irrationnel.

Ce qui me fait penser à l’Allégorie de la Caverne de Platon. On imagine des hommes vivant dans une caverne, avec une large entrée, ouverte dans toute sa longueur à la lumière. Ces hommes sont enchaînés depuis leur enfance, sont immobiles et ne regardent que ce qui est devant eux, leurs chaînes les empêchant de tourner la tête. La lumière leur parvient d’un feu à l’extérieur qui est reflété sur un mur, ils voient aussi sur ce mur les ombres de ceux qui vivent à l’extérieur et qui portent toutes sortes d’objets qui dépassent le mur. L’Allégorie nous dit que ces prisonniers nous ressemblent : ils ne voient rien d’autre que les ombres projetées par le feu et croient que ce qu’ils voient est la réalité.

Chaque humain a sa propre façon de voir les choses, se pourrait-il qu’il ne voit que l’illusion qu’il se fait des choses?

Lorraine Charbonneau – Retraitée de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval Québec - le 14 septembre 2021

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Les humains progressent-ils?


Au début de l’humanité, les principales préoccupations de l’homme étaient de survivre, trouver sa nourriture, un abri, se couvrir pour pallier les intempéries et se défendre. Le fait d’être préoccupé à trouver les moyens de satisfaire ses besoins primaires lui a permis graduellement de développer son cerveau.

Pour communiquer, l’homme a développé le langage et beaucoup plus tard l’écriture. Par une sélection naturelle, les plus forts et les plus ingénieux réussissaient à passer au travers de la vie.

On en a fait du chemin depuis ce temps-là. L’humain est ainsi fait, quand ses besoins primaires sont comblés, ses pensées se dirigent vers d’autres buts à atteindre. En général, l’humain est curieux, il a besoin d’apprendre, de comprendre, de créer.

L’humain a continué à progresser dans tous les domaines, que ce soit en médecine, en science, en architecture ou en arts. On prétend que le monde va de mieux en mieux. La santé mondiale s’améliore. La pauvreté est en baisse. La violence diminue. On est de plus en plus instruits. Les nouvelles technologies font partie intégrante de nos vies. On a évolué au point que l’intelligence artificielle, qui est à nos portes, bouleversera nos vies de fond en comble.

Considérant les prodigieux progrès de la science, qui nous ont considérablement facilité la vie, je me demande si l’humanité dans son ensemble est meilleure et plus heureuse qu’elle ne l’était dans le passé.

A-t-elle progressé spirituellement? Le progrès matériel, qu’il soit scientifique, technologique ou social, suffit-il à ce que l’humanité atteigne son plein épanouissement?

Je préfère laisser ma question en suspens et en réflexion parce que, ce que j’en pense, n’est ni probant ni réjouissant.

Que penser de cette citation de Malraux « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas! » : Spiritualité, comme quête de sens ou antidote au matérialisme?


Lorraine Charbonneau -– retraitée de la Fonction publique fédérale - résidente du Marronnier - Laval - Québec - le 26 mai 2021

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