Philosophie

Pourquoi?

J’ai passé ma vie à me poser des questions sans jamais trouver les réponses à celles qui m’importaient le plus.

Depuis le début de l’humanité, les grands penseurs, les philosophes, les théologiens, les scientifiques se sont creusé les méninges pour essayer de comprendre ce qui dépasse notre entendement et chacun, à sa manière, a essayé de nous transmettre ce qu’il ou elle avait compris. On peut tous préjuger, prétendre, interpréter sur des sujets qui sont hors de notre portée, comme la conscience, l’âme, l’esprit, la spiritualité. On peut toujours dire je pense ceci ou cela, mais on ne peut pas dire je sais. Mais où se trouve la vérité?

Pourquoi la vie? Se résume-t-elle en fin de compte à un tiret entre deux dates comme on en voit dans un arbre généalogique ou sur une pierre tombale? On dit que c’est intelligent de se poser des questions, mais c’est décidément frustrant de ne pas avoir de réponses.

Pourquoi suis-je venue au monde à cette époque plutôt qu’à une autre? Pourquoi suis-je née dans ce pays précis plutôt qu’en Afghanistan, au Pérou ou aux Indes? Dans quel but? Quel rôle ai-je à jouer? Qui me dira si j’ai bien accompli la tâche qui m’était assignée?

Et si je n’avais pas existé, est-ce que ça aurait changé quelque chose? Sans doute, la terre aurait continué à tourner et les femmes et les hommes auraient continué à vaquer à leurs occupations, à faire l’amour et à faire la guerre.

Et qui se souviendra de moi après mon passage sur cette terre? Mes enfants et mes petits-enfants sûrement, mais dans une ou deux générations?

À quoi riment tous les efforts que j’ai faits depuis que j’ai conscience d’être et qui s’étendront jusqu’à mon dernier souffle?

Pourquoi mettre des enfants au monde sachant tout ce qui se passe dans le monde où l’on vit? La pandémie qui n’en finit plus, la menace d’une guerre nucléaire qui pend au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès et la situation catastrophique du changement climatique. Est-ce un cadeau qu’on leur fait? Ou est-ce plutôt de l’inconscience?

À l’instar de tous ceux qui ont vécu avant moi et considérant que j’en suis à mon dernier tour de piste, je me demande ce qu’il adviendra de ma conscience, de mon âme, enfin de mon véritable moi quand j’aurai quitté le monde des vivants.

J’espère de tout cœur être alors pleinement consciente et extrêmement attentive si par hasard un quiconque céleste et bien renseigné se présentait pour répondre à mes pourquoi. Je saurais décidément l’accueillir avec bienveillance et reconnaissance.

Lorraine Charbonneau – Ex-fonctionnaire de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier à Laval – envoyé le 23 juin 2022

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Raisonner ou résonner ? Qui a raison ?

Pour résonner, faut-il déraisonner? Pour atteindre une résonance, on doit se permettre de vibrer, notre oreille en est le parfait exemple. Le tympan fait vibrer une minuscule ossature, une mécanique de précision qui nous permet d’entendre. Si vous retirez l’os nommé marteau de votre ouïe, oups, surdité absolue. Tout est vibratoire dans l’univers.

S'il existe un âge de raison, y a t’il aussi un âge de déraison ? Existe-t-il une sénilité, un apogée où le mental perd ses repères? La chauve-souris n’y voit rien, mais elle se repère par un champ de vibrations qu’elle émet et analyse comme un radar. Un aveugle affinera son écoute pour arriver à mieux se retrouver dans ce que nous nommons l’espace. Ce qui me préoccupe en ce moment, n’est pas que des individus deviennent sourds, mais plutôt de ce que l’on pourrait désigner comme une audition sélective qui aurait pour effet d’en amener plusieurs vers une résonance qui semblerait troubler la raison.

Pour faire une analogie, c’est comme si des filtres étaient mis en place chez l’humain pour annihiler son GBS, soit le Gros Bon Sens. Rien à voir avec le QI, le Quotient Intellectuel, ni la race, ni le genre masculin - féminin. C’est particulier et sidérant de juste prendre un peu de recul et de regarder la dé involution de la race humaine depuis deux ans. Par contre la nature elle, elle ne bronche pas, les saisons non plus, ni les comportements : animal, végétal, ou autres. Peut-être que l’homme retourne vers l’âge de pierre ayant perdu ses repères, il se redirige vers sa grotte, son ancien repaire hors des ondes où les antennes ne le repèrent plus.

Marcel Boyer - massothérapeute - emotionreset.com - Montérégie - Québec - le 9 avril 2022

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Mes bénédictions

Dans le courant de ma vie, j’ai bénéficié de multiples bénédictions. C’est graduellement, en réfléchissant, en méditant, que j’en ai pris conscience.

J’ai réalisé qu’aucun humain ayant foulé ou foulera cette terre ne sera identique à moi. Mon unicité est incontestable.

Mes yeux peuvent contempler le soleil qui se lève et qui se couche. Ils peuvent jouir de la magie d’un flocon de neige qui voltige au gré du vent, des couleurs formidables d’un arc-en-ciel, d’un oiseau, d’un enfant, d’un nuage, d’une étoile, d’une rose, d’un regard d’amour.

Ma bouche peut exprimer mon être comme ne peut le faire aucune autre créature animale sur la terre. Mes paroles peuvent apaiser, stimuler, égayer, informer, réchauffer, louer, encourager, enseigner, et dire « je t’aime ».

Je suis fonctionnelle. Un arbre est condamné à un carré de terre pendant toute sa vie. Pas moi, je peux m’étirer, marcher, courir, danser, sauter, travailler ou parcourir la terre, si je le voulais.

J’ai le pouvoir d’aimer. L’amour est un cadeau qui se donne sans demander de retour et qui comporte déjà sa récompense.

Mon cœur bat avec une régularité étonnante. Endormie ou éveillée, mon sang circule dans mes veines sans aucune participation de ma part. Aucun humain n’a jamais été capable de créer une machine semblable et aussi performante.

Ma peau est claire et saine. Elle nécessite seulement que je l’entretienne avec soin. Cette enveloppe se renouvelle continuellement, les nouvelles cellules remplaçant les cellules mortes.

Mes poumons font du bon travail même dans les environnements les plus malsains que j’ai moi-même créés, ayant fumé pendant plusieurs années.

Toutes les cellules nerveuses que renferme mon cerveau m’aident à retenir chaque perception, chaque son, chaque goût, chaque odeur, chaque action que j’ai expérimentés depuis ma naissance. Mon cerveau possède des milliers de détecteurs sensibles à la douleur, au toucher, à la température, tout cela pour me protéger.

Je me considère une femme riche. Je suis un précieux trésor et je le dis sans prétention, car ma valeur est royale, divine. J’ai le pouvoir de penser, d’aimer, de vouloir, d’imaginer, de créer, de planifier, de parler et de celui de choisir. J’ai le contrôle total de ma destinée, celui de déterminer par moi-même ce que je fais de ma vie.

Je rends infiniment grâce pour toutes ces bénédictions que j’ai reçues.

Lorraine Charbonneau – Retraitée de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier - Laval – le 8 septembre 2021

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Le jour où je me suis trouvé


Qui n’a pas eu de crise existentielle : Qui suis-je? Pourquoi suis-je ici? Quel est mon rôle? Tant de questions sans réponses. Tant de démarches pour se rendre compte que toutes ces réponses sont en nous depuis que nous sommes LÀ.

J’ai toujours senti en moi une omniprésente dualité, pourquoi? Qu’est-ce qui m’habite? Tant d’études et de connaissances pour espérer trouver des réponses. Tant de discussions auprès de philosophes et de différentes communautés religieuses (chrétiennes, bouddhistes, musulmanes, juives) et de consultations avec des professionnels me laissant insatisfait. Suis-je malade?


Après avoir parcouru le DSM-V (référence sur la classification des troubles mentaux), je suis toujours sans réponse. Je cherche du concret, non à être psychanalysé, ni qu’on m’expose toutes sortes de théories que je connais pour la plupart. Je me sens comme un joueur de hockey ayant tout le talent nécessaire et la volonté de percer la grande ligue, mais qui est mal «coaché». J’ai besoin de me faire guider vers les réponses. J’ai juste besoin de ce petit coup de pouce qui me permettra d’enfin comprendre. Mais comprendre quoi?


Un jour, sur le web, une coach de vie attira mon attention. Après avoir lu son curriculum, je me suis dit, " Pourquoi pas? " La contacter fut la meilleure décision prise pour enfin bien saisir le mécanisme de la vie. J’ai compris que j’étais mon propre ennemi et que si je ne changeais pas cette malsaine volonté de tout vouloir inconsciemment contrôler, celle-ci me nuirait énormément.


J’ai réalisé que mes connaissances étaient un couteau à double tranchant, car comprendre les mécanismes psychologiques individuels ou sociaux ne me donnaient pas le droit d’anticiper leurs comportements et d’en faire parfois un plaidoyer dans le but de me donner notoriété et de nourrir directement cette insidieuse soif inconsciente de possessivité.


Cette coach de vie m’a permis d’avoir ce coup de pouce tant cherché. La volonté de vouloir comprendre m’a emmené à lire plusieurs œuvres : "Guérir" de Servan-Schreiber, "The mind illuminated" de Culadasa, "Les fondements du christianisme" de Lewis, "Pensouillard le hamster" de Marquis et "Le pouvoir du moment présent" de Tolle.


J’ai compris que je me créais beaucoup trop d’angoisses et d’anxiétés en investissant trop de temps sur mon passé et futur tout en passant à côté de la vie qui est "maintenant" et, "dans le moment présent". J’ai compris que le temps est un poison créé par l’homme. J’ai compris que je nourrissais une entité en moi, appelée ego. Inconsciemment ou consciemment, cet ego agissait pour son propre intérêt et s’appropriait de choses ne lui appartenant pas. Par conséquent, des comportements devenus automatiques, quasi naturels m’ont fait croire à de fausses conceptions.


J’ai compris que Dieu était une conception de l’homme afin de s’en approprier, que Dieu n’existait pas en tant que tel, mais qu’il existait plutôt une intelligence naturelle qu’est la vie. J’ai compris que je savais mal aimer. Bien que mon ego est, et sera toujours là, j’essaie d’être conscient à chaque instant du moment présent et de faire une plus grande place à ce qu’on appelle être en pleine conscience. J’en apprends encore.


Aujourd’hui, je me sens, non libre, mais beaucoup plus léger, car je me suis enfin trouvé.


Valery Pajuelo - professeur - Montréal - Québec - le 16 août 2021

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Qui suis-je?

Selon le « Je pense, donc je suis » de Descartes, je ne peux penser sans Être. Pour savoir qui l’on est demande de l’introspection. Cela permet de faire le point sur qui on est vraiment, de se concentrer sur soi-même, tout en considérant que nous sommes en constante évolution.

J’avais environ trente ans quand pour la première fois je me suis arrêtée à cette question « Qui suis-je ? ». La réponse que je me suis faite m’a stupéfiée « J’étais la fille de, la sœur de, la femme de, la mère de ». J’ai réalisé que c’était inconcevable de se définir par rapport aux autres. C’est alors que j’ai commencé à me poser de sérieuses questions sur qui j’étais vraiment, sur mon rôle ici-bas et au sens que je voulais donner à ma vie.

Ces questions m’ont taraudée et même tourmentée pendant une bonne dizaine d’années. Tout semblait bien aller à l’extérieur de moi, mais à l’intérieur, c’était le désarroi. J’avais absolument besoin de trouver des réponses à mes questionnements. Pendant cette période, j’ai lu des dizaines de bouquins sur les religions, la spiritualité, la philosophie, la psychologie, je me suis inscrite à des cours, j’ai assisté à des conférences. J’étais attentive à tout ce que je lisais et entendais, je prenais des notes, j’étais en recherche.

L’arrivée de la quarantaine a été pour moi comme une délivrance. Elle s’est avérée comme une nouvelle naissance, on aurait dit que des commencements de réponses à mes interrogations sur le sens de la vie me donnaient une nouvelle vision. La transformation qui s’est opérée en moi, de la petite fille en femme ayant plus de maturité, a sans doute dérangé et contribué à des changements majeurs dans ma vie personnelle et pourtant, j’étais devenue une femme plus épanouie et mieux dans sa peau.

Ayant pris plus d’assurance en moi, sachant mieux ce que je voulais, prenant davantage ma place, mon cheminement s’en est trouvé plus éclairé et plus rassurant. L’évolution a continué tout au long des décennies qui ont suivi, et continue toujours, ce qui fait qu’aujourd’hui je suis une femme heureuse et sereine.

Une question dans un texte de Monsieur Jean-Louis Bonin « Philosopher au quotidien » (1) m’a interpellée : En quoi êtes-vous sage? Après mûre réflexion, j’en suis arrivée à cette évidence : si je résume, mon but est d’atteindre l’harmonie dans mes pensées, mes paroles et mes actions.

Lorraine Charbonneau – Retraitée de la Fonction publique fédérale – Résidente du Marronnier - Laval – le 13 août 2021

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(1) - voir texte plus bas de Jean-Louis Bonin

L’effet pandémie

Emmurés

Porte close

Dissociés de nos semblables

De nos familles

Engendrent des états d’âme

Propres à chacun.

Il y a matière à réflexion.

Nous ne sommes pas

Dépourvus d’imagination.

Une panoplie d’activités

Dans le confort de notre gite

Oriente nos pensées

Vers un horizon bénéfique

À notre confinement.

Que de possibilités s’offrent à nous.

Outre les avantages technologiques :

Cellulaire, télévision, tablette, internet


Nos possibilités de création

Inhérents à chacun

Ouvrent une fenêtre d’air pur

De satisfaction

D’estime de soi

De paix

En nos âmes assoiffées.

Écouter de la musique

Danser sur un air de valse

Dessiner un mandala

Cuisiner

Lire

Écrire nos mémoires

Chanter à pleins poumons

Rire à gorge déployée

S’inventer des scénarios

Où nous sommes les héros.

Se permettre une attitude positive

Fera toute la différence.

Dénouera le nœud d’angoisse

Récalcitrant.

L’on se doit comme aînés

Être une modèle de référence.

Nos enfants, petits-enfants,

Arrière-petits-enfants

Nous regardent.


Quel souvenir conserveront-ils

De nous?

Un phare éteint?

Ou diffusant sa lumière

sur les générations à venir.


Un défi sublime à relever.

Yolande LeBlanc - octogénaire - résidence Le Marronnier - Laval - Québec - le 15 juillet

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Philosopher au quotidien

Si on s'en tient au sens littéral du mot, les philosophes seraient des amis de la sagesse. Personnellement j'aime bien les voir comme ceux et celles qui courtisent cette dame dont son prestigieux statut de grandeur date de la très lointaine antiquité. Évidemment certains d’entre eux la flirtant avec assiduité sont devenus notoires et la liste échelonnée sur plusieurs millénaires est longue.


Cette notoriété donne l'impression qu'acquérir de la sagesse ne serait pas le lot de tout le monde et qu'il faut avoir étudié dans les hautes écoles du savoir. Pour moi, c'est une fausse impression, sans vouloir enlever le mérite à aucun d’entre eux. En effet, j’ai vérifié les définitions de la sagesse. Elles sont très nombreuses mais jamais contradictoires. Je dirais qu'elles sont complémentaires selon le domaine où elle est appliquée. Quant à moi, philosopher me paraît à la portée de tout le monde.


Commençons par les enfants, on leur dit souvent : "Les enfants soyez sages". On associe donc ici, la sagesse à un bon comportement de leur part. D’une certaine manière, le tutorat parental est la matrice de leur initiation aux prémices de la philosophie.


Puis, on dira du philosophe du commun des mortels tel que vous et moi, qu’il a le sens de la justesse, cette qualité qui réduit au minimum les erreurs et qui applique le sens des bonnes mesures, un peu à la manière des cuistots qui réussissent à merveille leurs plats.


Tandis que le philosophe au quotidien baigne dans une belle sérénité rappelant la surface des eaux tranquilles, c’est-à-dire qu’il ne fait des vagues que lorsqu' il se sent soulevé par une forme d'indignation émergeant de son sens de la justice ou tout simplement de son gros bon sens.


Et si je vous demandais: "En quoi êtes-vous sage ? " Je serais ravi de vous entendre dire: " Je m’occupe bien de ma santé tant physique, psychologique, morale et spirituelle; je choisis ma nourriture, mes lectures, mes amis en conséquence. Je donne toujours préséance au maintien de mon authenticité tout en étant ouvert à ce qui m’est profitable. J’évite de me perdre dans l’autre. Je ne perds pas mon temps avec ceux qui tentent de me dévaloriser. Je ne m’attarde pas sur les coches mal taillées qui sont de mon ressort. Je regarde en avant pour ne pas perdre de vue mes buts, sachant qu’ils sont de puissants aimants qui m’attirent vers mon total épanouissement ".


Oui, chers philosophes, voilà des attitudes bien marquées du sceau de la sagesse.

Maintenant, allons voir ce qui en est à l’autre bout de la chaîne de la vie, c'est-à-dire chez les « vieux », là où la sagesse exprime sa pleine signification. En effet, ne parle-t-on pas du club des anciens comme étant le club des sages.

En tout cas, moi qui suis en route pour le patriarcat, compte tenu de mon âge avancé, je sors de plus en plus mon petit côté philosophe et mon quotidien ne s’en porte que mieux et super bien.


Jean-Louis Bonin - ex-professeur - ex travailleur social - Sorel-Tracy - Québec - le 13 juillet 2021

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