La terre

Lettre d'une mère indignée

Mes chers enfants,


J'ai bien peur de perdre la boule

devant tous les bouleversements que vous m'infligez.

Depuis des milliers de lunes, vous me reconnaissiez

renversante de beauté

avec ma chevelure de forêt fluviale,

mes allures d'Amazone magnifique,

mon teint de corail sans récif,

ma taille des Tropiques,

mes bras de mer forts d'embrasser l'océan,

les pieds et la tête tous deux dans la glace

pour garder les idées bien en place

entre les deux pôles

et ne pas perdre le Nord

déjà à la dérive.

Sang bleu des natures nobles dans mes veines,

eaux vives pures à la chute des reins

jusqu'aux richesses souterraines,

pierres précieuses minéraux or bleu or noir.

Du fond des mers, au bout de la terre

vous me fracturez, m'exploitez, vous m'épuisez

Les plus avides d'entre vous me minent impunément.

Les puissants se croient propriétaires

du patrimoine planétaire,

s'approprient arrogants tous les biens,

dilapident même ceux de leurs frères qui en ont le plus besoin.

Vous m'exaspérez

vous les grands qu'on nomme présidents

vous perdez la raison d'état

d'un peuple à nourrir à éduquer, à soigner

Je suis exacerbée, assommée par toutes vos cupidités.

L'atmosphère sur mes deux hémisphères

J'en suis malade.

L'avez-vous remarqué, je crache le sang

du feu des volcans je me lave

Déchaînée, je m'emporte en ouragan,

je déferle en tsunami, j'inonde et noie

Foudroyée, j'embrase mes forêts cathédrales

de cendres en cimetières du vivant,

je défaille, provoque des tremblements,

le frottement des plaques tectoniques m'a désaxée

Je me soucie de la santé du globe face à ce profond désordre.

Pourtant, j'en ai connu et vécu bien d'autres

avant votre troisième millénaire.

Dans quel espace vais-je me retrouver moi votre vieille mère

Que croyez-vous ?

Allez-vous me retraiter avec attention ?

ou me confiner seule comme pour la pandémie

En vérité dans ce vaste univers

je m'inquiète surtout pour mes petits-derniers.

De quoi seront-ils les héritiers dans quel avenir

La jeunesse, la beauté, les succès éphémères

L'esprit brillant dérape, s'éteint aussi.

Le bonheur des milliardaires en touristes interplanétaires

pollueurs d'autres planètes

Que vaut ce bonheur à celui d'aimer,

de créer beauté et bonté au jardin de chacune de nos vies.

Malgré mon ère glaciaire,

mes réchauffements climatiques

je vous ai portés, supportés

Derrière mes rides de sécheresse

je vous ai nourris, abrités

Les enfants vont se réveiller

Il n'y a plus de temps à perdre

Leur futur est menacé, le présent est menacé

Désolée si je vous emmerde

Par-delà vos écrans numériques

vos promesses mensongères

vos réseaux en perte de liens authentiques

Dame Nature, ma sœur fidèle complice

me rappelle à la sagesse des anciens des peuples-racines

à leur écoute attentive de l'eau, du feu, du vent de tous les êtres vivants

Patiente, je donne la main à l'espoir des petits

j'ose la bienveillance, j'enveloppe la grande famille tout entière

J'espère, persiste et à l'eau de source je signe


Gaïa, votre mère indignée

Lise Marchand - retraitée - @LiseMarchand - Joliette - Québec - le 13 août 2021

********

La planète bleue - Notre terre


La terre

Notre mère nourricière

Nous porte en son sein

Depuis la nuit des temps.

Un laboratoire complexe

Où les éléments diversifiés

Propre à notre survie

Abondent en munificence.

Océans, mers, rivières, cours d’eau

Eaux poissonneuses

Chaîne de montagnes

D’une hauteur vertigineuse

Floraison luxuriante

Faune de nos forêts

Faune et flore marines

Saisons spécifiques

À nos pays sur le globe.

Pluies bienfaisantes

Soleil réconfortants

Ciel densément peuplé

Myriade d’oiseaux

Étoiles, aurores boréales.

Ses largesses

Indénombrables.

Une générosité

Une opulence

Incommensurable.

Notre position privilégiée

D’enfants chéris de la terre

Oblige.

L’avons-nous honorée

À sa juste valeur?

Dénombrer

Les abus destructifs

Qui déferlent sur notre planète

Depuis plusieurs décennies

Le détournement des rivières

Les huiles toxiques déversées

Le non-respect de la flore

Et de la faune

La violence sous toutes ses formes

Les guerres de religion

Et autres gestes odieux

Sont terrifiants

L’orgueil de l’homme

Son despotisme

Son appât démesuré du gain

Son instinct dominateur

Son irrésistible ambition

De disposer à sa guise

Des incommensurables ressources

De la terre

Ne sauraient rétablir

À priori

La nature initiale

De notre belle planète.

Notre réveil printanier 2020

Au mouvement rassembleur

De partage

De solidarité

Suffira-t-il à promouvoir

Non seulement la disparition

De l’effet pandémie

Mais à temporiser

La portée

De nos gestes dévastateurs

Sur notre si belle planète?


Yolande LeBlanc – retraitée – écrivaine – Les Marroniers - Laval – Québec – le 4 juillet 2021

********