La nourriture

Le chocolat

Je dois avouer que le chocolat me rend sensuelle, il me fait fermer les yeux de satisfaction et me fait murmurer des «mmm» de plaisir. Quand j’en prends un morceau, il me donne l’envie irrésistible d’en prendre un deuxième. Je laisse ce délice royal fondre lentement sur ma langue, j’étire le plaisir pour en apprécier plus longtemps la saveur. Le plaisir que j’en ressens en le savourant renvoie à mon cerveau un message de satisfaction et de récompense.

Puisqu’il me fait autant de bien, j’ai pensé que ce serait bien que je m’arrête à penser d’où il vient, qui le cultive et qui le transforme. J’ai appris que le cacaoyer est un arbre originaire du Mexique qui produit des fèves comestibles aux saveurs différentes suivant les variétés de cacaoyer, à partir desquelles est fabriqué le cacao, le produit de base du chocolat.

Le cacaoyer est un petit arbre de dix à quinze mètres de haut. Il fleurit à partir de l'âge de trois ans et donne fleurs, fruits et feuilles toute l’année. Il obtient son plein rendement six à sept ans après sa plantation et vit jusqu’à quarante ans.

Les cabosses, ses fruits, sont de grosses baies allongées ressemblant à de petits ballons de football. Elles contiennent de nombreuses graines regroupées en épis et appelées fèves de cacao. En moyenne un arbre donne environ cent cinquante cabosses par an, environ de six kilos de cacao. Le cacaoyer a été domestiqué il y a environ 3 000 ans.

Avant d’être découvert en 1519 par Cortes, le cacao était traditionnellement utilisé par les Aztèques et les Mayas au Mexique et en Amérique centrale. Il était consommé comme boisson, diluée dans l’eau, parfumée de vanille, à laquelle on ajoutait du piment accompagné d’autres épices, sucré au miel et battu énergiquement pour former une mousse épaisse.

Si son adoption connut un immense succès, c’est grâce aux moines espagnols qui eurent l’idée de substituer le miel par le sucre de canne, le piment par la cannelle, et qui se mirent à la boire chaude.

Exporté vers l’Europe, son succès sera éclatant, mais ce n’est qu’au début du XVIIe siècle que le chocolat s’établit dans les mœurs espagnoles. Populaire en Espagne, le cacao demeura très longtemps en France à l’usage exclusif de la Cour et de l’aristocratie.

C’est avec l’activité industrielle naissante du début du XIXe siècle que l’industrie chocolatière voit le jour. Aujourd’hui, le cacao est utilisé sous de multiples formes : en boisson, en tablette, en confiseries, en barre, en poudre, en pâtes à tartiner. Il a sa place dans de très nombreuses occasions : Pâques, Noël, Saint-Valentin.

Aujourd’hui, le chocolat est une matière première qui se négocie en Bourse. C’est aussi une industrie multinationale milliardaire dominée par des géants comme Mars, Nestlé, Ferrero et Hershey.

Je suis convaincue que le fait de manger du chocolat déclenche instantanément dans notre système, de la sérotonine, l’hormone du bonheur.

Lorraine Charbonneau – Ex-fonctionnaire de la Fonction publique fédérale - Résidente du Marronnier - Laval – Québec - le 10 août 2022

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Le jardin

J'adore jardiner. Lorsque je pense jardin, je pense à ma grand-mère paternelle. Je revois dans ma tête son jardin. Qu'il me semblait grand avec ses allées et toutes ses sections. À l'entrée, il y avait une section fleurs. Ensuite, nous y apercevions les différents légumes. Il y avait au fond le maïs. Finalement, au bout du jardin, c'étaient les pommiers. Que de travail! Mais, que de beauté!

Depuis quelques années, j'ai le mien. Je n'arrive pas à reproduire le jardin de ma grand-mère. L'espace, le temps, l'énergie, tout doit être fait rapidement. Toutefois, le souvenir du jardin de ma grand-mère demeure toujours gravé en ma mémoire.

Cette année, j'ai décidé de voir cela autrement. J'ai changé mon jardin d'endroit et il y a une allée au centre. Il y a aussi sept sections. Cela me permet d'avoir une bonne variété de légumes. Les légumes communs comme les pommes de terre, oignons et carottes côtoient les légumes plus actuels tels que les épinards, courges spaghettis, panais. J'ai aussi une section fines herbes dont je suis très fière. L'estragon, la mélisse, le persil, le fenouil et plusieurs autres font mon délice et agrémentent mon repas. Un peu plus loin du jardin, j'ai des pommiers, framboisiers, kiwis. J'ai aussi une petite serre dans laquelle se trouvent les tomates, certains poivrons et le gingembre.

Mon jardin est différent de celui de ma grand-mère. J'ai toutefois gardé l'essence de son jardin. J'aime avoir une bonne variété de produits pour pouvoir nourrir ma famille tout en respectant la nature.

Aujourd'hui, je me dis que c'est bien que nos jardins soient différents. Pas que mon jardin soit mieux ou pire, mais parce que nous sommes des personnes différentes, à une époque différente. Quand je vais dans mon jardin pour y récolter des légumes, j'ai toujours une pensée pour ma grand-mère. C'est ce qui doit être conservé au-delà de tout. Le jardin nourrit mon corps et ma grand-mère nourrit mon cœur.

Monique Brouillard - retraitée - autodidacte – Saint-Gérard-Majella - Québec - le 30 juin 2021

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